Fabriqué au Canada

Dans le ciel, cette semaine…

  • Jupiter se lève vers 17 h.
  • Mars apparaît vers 1 h.
  • La Lune sera pleine le 11 octobre.

Ken Tapping, le 5 octobre 2011

Les phénomènes météorologiques spatiaux, le changement climatique et la perturbation de nos technologies figurent parmi les grandes préoccupations de l’heure. Sachant que le Soleil se trouve aux commandes, il nous reste à comprendre comment. Un pays ne peut s’attaquer seul à des problèmes d’une telle envergure; en effet, leur étude exige des observations de maintes sortes, certaines réalisées dans l’espace, d’autres sur le sol de la planète. De plus, leur résolution exigera que chacun y contribue. Voilà pourquoi la collaboration internationale est nécessaire, au même titre que le partage des idées et de l’information. Chacun enrichit la base de données collective et y puise ce dont il a besoin en retour.

Même à une ère marquée par la facilité des communications et la vidéoconférence, les rencontres en chair et en os sous forme de colloques et d’ateliers gardent une importance capitale. En outre, rien ne remplacera les discussions à bâtons rompus, ou celles moins sérieuses qui se déroulent hors des salles de réunion ou au coin d’une table. En effet, c’est là que germent les idées les plus géniales, les initiatives les plus audacieuses.

La jeune étoile LL Ori émet un vent solaire, sous forme de jet de particules chargées qui s’éloignent rapidement de l’étoile. Le matériau contenu dans le vent se heurte au gaz qui s’évapore du centre de la nébuleuse Orion, formant ainsi un croissant dans l’aire de collision. Photo : NASA et The Hubble Heritage

La jeune étoile LL Ori émet un vent solaire, sous forme de jet de particules chargées qui s’éloignent rapidement de l’étoile. Le matériau contenu dans le vent se heurte au gaz qui s’évapore du centre de la nébuleuse Orion, formant ainsi un croissant dans l’aire de collision. Photo : NASA et The Hubble Heritage

Je reviens tout juste de deux ateliers aussi passionnants qu’intellectuellement stimulants. Parmi les sujets abordés au premier se trouvaient le rôle du Soleil dans le changement climatique et les phénomènes météorologiques inhabituels, notamment leur rôle possible dans le déclenchement des épisodes El Niño et El Niña, qui engendrent des changements dramatiques et à l’occasion catastrophiques au niveau des systèmes météorologiques. Viennent ensuite les modifications induites par le Soleil dans l’ionosphère et la haute atmosphère, qui perturbent les communications et menacent les missions spatiales. Enfin, bons derniers, mais non les moindres, il y a les orages magnétiques déclenchés par le Soleil, à l’origine de pannes de courant, d’autres difficultés au niveau des communications et de la corrosion plus rapide des pipelines.

Pour relier les évènements solaires à leurs éventuelles répercussions sur la Terre, il faut d’abord décrire le comportement de l’astre du jour d’une manière simple, de préférence au moyen d’un « indice d’activité » dont pourront se servir les chercheurs, les industries et les agences gouvernementales. La chose n’est pas aisée, car le Soleil est tout, sauf simple. Tel était le thème du deuxième atelier.

Deux radiotélescopes spécialisés dans la surveillance de l’activité du Soleil fournissent des données connues sous le nom de F10,7, à partir de l’Observatoire fédéral de radioastrophysique, à Penticton, en Colombie-Britannique

Deux radiotélescopes spécialisés dans la surveillance de l’activité du Soleil fournissent des données connues sous le nom de F10,7, à partir de l’Observatoire fédéral de radioastrophysique, à Penticton, en Colombie-Britannique.

Ce qu’on pourrait soutenir être la meilleure et la plus simple mesure de l’activité solaire est à dire vrai une réalisation canadienne. Depuis 1947, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) utilise deux radiotélescopes spéciaux pour surveiller l’activité du Soleil. Ces instruments diffusent à la collectivité mondiale une quantité appelée « flux solaire à 10,7 cm », en abrégé F10,7. Depuis quelques années, ce programme s’est avéré d’une pertinence grandissante pour les intérêts canadiens en géophysique, en recherche spatiale et dans l’exploration de l’espace, ce qui a débouché sur un projet coopératif réunissant le CNRC, Ressources naturelles Canada et l’Agence spatiale canadienne. Le F10,7 est quantifié ici même, à l’Observatoire fédéral de radioastrophysique, au sud de Penticton, en Colombie-Britannique.

L’importance du F10,7 était plus que manifeste aux deux ateliers. Dans le premier, 70 % des présentations effectuées par des scientifiques du monde entier reposaient sur ces données. Pour couronner le tout, la rencontre s’est soldée par un vote d’appréciation unanime à l’endroit des données sur le F10,7 glanées par le Canada. Lors du second atelier, il a été question du F10,7 une fois sur deux. Les données sur le F10,7 sont diffusées quotidiennement dans le monde depuis plus de 60 ans et gardent leur utilité aujourd’hui encore. Nous avons tout lieu d’être fier de cet article « fabriqué au Canada ».

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

Téléphone : 250-497-2300
télécopieur : 250-497-2355
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca

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