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Dans le ciel, cette semaine…

  • Jupiter reste visible bien que la planète frôle l’horizon, dans la partie sud-ouest du ciel, après le crépuscule, vers 19 h.
  • Saturne apparaît vers 23 h et Vénus, aux alentours de 5 h.
  • La Lune sera pleine le 18 février.

Ken Tapping, le 2 février 2011

Depuis quelques semaines, les journaux multiplient les articles sur le décalage du zodiaque. Il y a de fortes chances pour que votre signe astrologique ne s’applique plus. Sans doute êtes-vous du signe qui précède. Quelqu’un qui a cru toute sa vie être un Bélier, découvrira donc avec stupéfaction qu’il est Poissons en réalité, et ainsi de suite. Ce décalage existe pourtant depuis plus de 2000 ans, ce qui rend passablement surprenante sa soudaine découverte.

Bien qu’il soit difficile de l’accepter de nos jours, l’astronomie et l’astrologie sont de proches parents. Toutes deux sont nées le jour où l’être humain s’est mis à observer le ciel avec méthode. Les premières observations se bornaient à mesurer l’emplacement et les mouvements de la Lune, du Soleil et des planètes. On constata ainsi que ces objets parcouraient toujours la même bande de firmament, avec une série particulière de constellations en arrière-plan : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne et les Poissons. La trajectoire suivie par le Soleil, la Lune et les planètes s’appelle l’écliptique, et les constellations qui lui servent de décor, le Zodiaque.

Au gré des saisons de Ken Tapping

L’explication est fort simple. Toutes les planètes, dont la Terre, tournent autour du Soleil dans le même plan, un peu comme des billes roulant en cercles concentriques sur une assiette dont le Soleil constituerait le centre. Si le mouvement des autres planètes semble complexe, c’est parce que nous l’observons de la surface de l’une d’elles et que celle-ci se déplace dans le même plan. Pour les Terriens que nous sommes, les autres planètes semblent toutes se déplacer le long d’une bande de ciel alignée avec le bord de l’assiette. Le Soleil et ces planètes se trouveront donc toujours devant les mêmes constellations. Ainsi, le Soleil pourra se trouver devant celle du Taureau ou Mars devant celle du Sagittaire. En dépit de ce lien étroit, l’astronomie et l’astrologie ont poursuivi chacune leur chemin. La première est devenue une science reposant sur l’observation, la formulation de théories, l’expérimentation et de nouvelles observations. L’astrologie est devenue quelque chose de fort différent.

Par convention, le premier signe du Zodiaque, celui qui marque le début de l’écliptique, est situé à l’endroit où l’écliptique traverse l’équateur pour remonter vers le nord dans le ciel, soit à l’équinoxe du printemps. Lorsque le système astrologique fut imaginé, la constellation qui s’y trouvait était celle du Bélier. On l’appela donc « premier point du Bélier ». Cependant, la situation a changé. La Terre tourne comme une toupie, accomplissant une révolution sur elle-même en un jour; son axe de rotation est incliné de 23 degrés. À cause de sa forme et de l’attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil, cette toupie oscille. Chaque oscillation dure 26 000 ans. C’est ce qu’on appelle la précession. Tout au long de cette période, l’équinoxe du printemps et le début du Zodiaque reculent progressivement d’un signe. Entre 4500 et 2000 avant Jésus-Christ, le premier signe du Zodiaque était le Taureau. Puis, de 2000 à 100 av. J.-C., il s’agissait du Bélier. Depuis, et jusqu’en 2700, les Poissons ont pris la relève. Bref, les Poissons ont marqué le début du Zodiaque pour la majeure partie de la civilisation occidentale.

Si le Zodiaque est la chaîne de constellations devant laquelle se déplacent la Lune, le Soleil et les planètes, nous avons négligé celle située entre le Scorpion et le Sagittaire, et qui s’appelle le Serpent (Ophiuchus).

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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