Construction, par le CNRC, du premier centre canadien d’essai et de formation en cogénération d’énergie par la biomasse pour les communautés éloignées

Des solutions énergétiques pour les communautés éloignées

Dans les coins reculés, à l’écart du réseau d’électricité, habitants et industries recourent souvent au carburant diésel pour se procurer l’énergie dont ils ont besoin. Malheureusement, cette méthode s’accompagne habituellement de l’émission d’un volume important de gaz à effet de serre (GES), avec les répercussions néfastes que l’on imagine sur la qualité de l’air, localement. Les collectivités en question sont souvent établies dans les régions les plus froides du pays et sont dépendantes du diésel pour se chauffer, s’éclairer et mener une vie plus confortable, surtout en hiver.

Les systèmes de production combinée de chaleur et d’électricité ou systèmes de cogénération offrent une solution de rechange beaucoup moins polluante que l’usage du carburant diésel et d’autres combustibles fossiles. S’y ajoutent des avantages économiques et sociaux comme la sécurité et l’autonomie en matière d’énergie, l’expansion de l’économie locale et la création d’emplois, la revitalisation du secteur forestier, et ainsi de suite.

Quand on utilise la biomasse des résidus locaux de l’exploitation forestière, une matière première renouvelable, il n’est plus nécessaire de transporter des combustibles fossiles sur de longues distances jusqu’à ces communautés lointaines, ce qui atténue les risques liés aux retards de livraison, réduit le coût du carburant et évite la consommation d’une quantité supplémentaire des mêmes combustibles pour leur transport.

Dans le but de favoriser le déploiement des systèmes de cogénération utilisant la biomasse dans les régions éloignées, le CNRC travaille en étroite association avec FPInnovations et UBC à la conception et à la création du premier centre d’essai et de formation en cogénération d’énergie par la biomasse dans ses installations de Vancouver, sur le campus de l’Université de la Colombie-Britannique.

Le centre pilote du CNRC s’inscrit dans un projet plus ambitieux entrepris avec le laboratoire CanmetÉNERGIE Ottawa de Ressources naturelles Canada (RNCan) qui verra l’aménagement de cinq systèmes de cogénération par la biomasse dans des collèges techniques, situés dans des régions éloignées et nordiques. Le centre du CNRC à Vancouver servira aussi à tester divers systèmes avant qu’on les aménage ailleurs, au Canada.

La cogénération par la biomasse

Les systèmes de cogénération par la biomasse utilisent la biomasse disponible localement pour produire la chaleur et l’électricité dont la population locale a besoin. La matière première est transformée en gaz manufacturé ou gaz de synthèse qu’on nettoie en le débarrassant du goudron et d’autres contaminants, avant de s’en servir pour actionner le moteur à combustion interne qui produira l’électricité et la chaleur désirées.

La biomasse ligneuse (copeaux ou granules) abonde dans de nombreuses agglomérations reculées du Canada. Cependant, sa qualité et sa composition varient d’une saison et d’une région à l’autre, ce qui soulève des difficultés techniques pour la cogénération. Rendre les systèmes plus efficaces et plus productifs n’est que l’une des façons dont les experts du programme Bioénergie du CNRC collaborent avec leurs partenaires pour mettre au point des solutions sur mesure.

Le nouveau centre pilote du CNRC, à la fine pointe de la technologie, simulera des microréseaux d’électricité évolués combinant un groupe électrogène alimenté au carburant diésel, des batteries, des panneaux solaires et un système de commande. Le CNRC conçoit l’installation ainsi que les raccordements qui achemineront chaleur et électricité dans le bâtiment, et collabore avec les partenaires industriels qui fournissent les éléments du microréseau.

Essai de la technologie et de la matière première

L’installation de Vancouver servira à tester une foule de technologies innovantes ainsi que différentes matières premières. Avant d’aménager un système de cogénération quelque part, le CNRC invitera ceux qui fournissent la technologie à coopérer avec ses experts pour vérifier le rendement de la biomasse, la sécurité et la fiabilité du système, ainsi que les moyens qui permettront d’en prolonger la vie utile.

Le CNRC est la recherche de collaborateurs à des projets pilotes pour mettre au point puis tester des systèmes de cogénération par la biomasse que l’on implantera un peu partout au pays, et ainsi contribuer à l’avancement des secteurs de l’énergie et de la foresterie. Les entreprises technologiques sont conviées à soumettre leurs solutions techniques d’avant-garde au CNRC afin qu’elles soient testées dans les conditions particulières d’un microréseau.

Les essais serviront à évaluer la performance du système de cogénération avec divers matériaux ligneux (essences d’arbres, teneur en eau, etc.), caractéristiques à telle ou telle région du pays, ce qui indiquera dans quelle mesure le système peut répondre à la fluctuation de la demande typique aux régions éloignées et aux sites industriels. Cela fait, on optimisera l’intégration et les commandes du système avec d’autres appareils générant de l’électricité comme les groupes électrogènes alimentés au carburant diésel et les réseaux de panneaux solaires.

Les systèmes de cogénération par la biomasse testés au centre du CNRC produiront jusqu’à 150 kW d’électricité et 400 kW de chaleur utilisable; suffisamment pour subvenir aux besoins de chauffage et d’électricité d’une petite collectivité.

Formation et retombées

Les spécialistes du CNRC et ceux qui participent au projet fourniront de la formation pratique sur les systèmes de cogénération aux utilisateurs, par exemple les membres de la population, les employés du site industriel et d’autres intéressés, à qui l’on apprendra comment installer, exploiter, optimiser et entretenir l’équipement.

En règle générale, près de 300 communautés éloignées et autochtones du Canada pourraient bénéficier des systèmes de cogénération par la biomasse, que ce soit par une amélioration de l’environnement ou grâce à des possibilités durables sur le plan de l’économie. L’installation et l’exploitation de tels systèmes dans ces communautés créeront des emplois pour les fabricants, les opérateurs et les fournisseurs locaux de biomasse qui, pour beaucoup, viennent des Premières Nations.

Communiquez avec nous pour en apprendre davantage sur le nouveau centre et d’autres projets en bioénergie ainsi que les possibilités de collaboration éventuelle.

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