Une agriculture de haute technologie

Le 04 octobre 2017— Fredericton (Nouveau-Brunswick)

1) Collecte des données — des capteurs recueillent les données sur l’état des cultures; 2) Analytique prédictive — les données sont traitées et analysées à l’aide des algorithmes spécialisés de Resson; 3) Prescription — Resson fournit aux agriculteurs les renseignements dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées.

Nous sommes inondés de données; elles nous viennent des téléphones cellulaires, des caméras de sécurité, des stations météorologiques, des cartes en lignes et des médias sociaux. Presque tout devient possible grâce à la cueillette, au filtrage et à l’analyse de ces données, ce qui nous permet d’approfondir nos connaissances sur une foule de sujets.

Elles ont entraîné la mise au point de voitures autonomes, de technologies de lutte contre la criminalité et de techniques de marketing personnalisé… et elles ont aussi soutenu la croissance de l’agriculture de précision, domaine qui applique les infotechnologies au secteur agricole.

C’est dans l’optique de l’agriculture de précision et de la culture des pommes de terre que Rishin Behl et Peter Goggin ont cofondé Resson en 2013. Ces deux entrepreneurs envisageaient l’agriculture de précision comme un moyen pour les agriculteurs et les transformateurs alimentaires d’accroître leur productivité et de multiplier leurs profits.

Comment? En recueillant des données qui permettraient de cerner rapidement les problèmes liés aux récoltes et d’avoir en main des informations qui reposent sur des données solides pour intervenir de manière informée. Un type de précision qui réduirait les essais et les erreurs, ainsi que les quantités d’eau, d’engrais et de pesticides utilisées par les agriculteurs. Le Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) a vite donné un coup de main pour labourer ce nouveau champ.

La technologie au profit des agroentreprises

Durant la première année d’existence de l’entreprise, un autre membre de la communauté d’affaires de Fredericton a mis le CNRC PARI dans la mire de Peter Goggin en lui présentant William Langley, un conseiller en technologie industrielle (CTI) du PARI, lors d’une activité locale de réseautage.

Ils se sont rencontrés de façon régulière après cette rencontre initiale. En août 2013, le CNRC PARI soutenait l’entreprise pour la mise au point, l’essai et l’amélioration de son premier système robotique : un ensemble coordonné de drones exclusifs pour recueillir les données provenant de télécapteurs, dont des capteurs infrarouges, des systèmes GPS, des dispositifs d’imagerie thermique et des caméras — terrestres et aériens.

Ce système matériel capturait des données sur l’état des cultures, signalant les anomalies et la présence d’agents agresseurs tels que des organismes nuisibles, des plantes envahissantes, des maladies, une sécheresse, une inondation ou des températures extrêmes.

Selon Peter Goggin, William Langley a été dès le départ « une excellente personne-ressource pour tester nos idées à propos des technologies émergentes et des mégadonnées. J’étais agréablement surpris par la volonté de mon CTI à partager ses contacts dans l’industrie et le milieu universitaire et à trouver les bonnes ressources de collaboration pour nous aider à surmonter les défis à mesure qu’ils se présentaient ».

Neuf mois plus tard, l’équipe de Resson avait terminé son premier projet et avait établi que la vraie valeur de l’entreprise résidait dans sa solution logicielle plutôt que matérielle.

Intelligence logicielle

Déroulement des étapes avec la technologie de Resson : 1) Planifier la mission; 2) Saisir les données sur le terrain; 3) Téléverser les données sur le service de transmission de données; 4) Traiter les données; 5) Visualiser et analyser; 6) Télécharger et créer une carte prescriptive; 7) Charger la carte sur la technologie à taux variable (TTV).

De premiers contrats et succès technologiques ont attiré, pour Resson, des investissements totaux de 3 millions de dollars, avec en tête l’obtention de Rho Canada Ventures à l’automne 2014.

Les projets de suivi du CNRC PARI ont été axés sur la mise au point de technologies intelligentes, entre autres en bio-informatique et en analytique prédictive. L’un de ces projets touchait au traitement logiciel et à l’imagerie pour la mise au point d’une architecture permettant d’exécuter des calculs à partir des données recueillies par le matériel. Un autre projet a mené au développement d’un logiciel de commande et de contrôle, soit un moteur d’intelligence artificielle pour le domaine agricole permettant d’accroître la capacité d’interpréter avec exactitude ce qui se passe, de prédire ce qui pourrait arriver et d’analyser les mesures requises pour améliorer les récoltes.

Les fruits de la récolte

Bien qu’ils aient étudié des domaines différents à l’Université du Nouveau-Brunswick, à Fredericton, Rishin Behl (gauche), étudiant en génie, et Peter Goggin (droite), étudiant en administration, se sont rencontrés et ont fondé Resson.

Les technologies exclusives, les marchés et l’équipe de Resson ont germé avec succès. Au milieu de 2016, des investisseurs de capital de risque et des partenaires stratégiques ont prouvé leur soutien à l’entreprise lors d’une campagne d’investissement récoltant un total de 11 millions de dollars américains. Resson a aussi profité d’un afflux de nouveaux clients et projets multinationaux.

En encourageant l’entreprise à prendre des risques en matière de technologie, le PARI a aidé Resson à réaliser plus rapidement ses exploits techniques. Selon Peter Goggin, ces projets de R-D et les réalisations connexes ont aussi donné à l’entreprise « un accès à des candidats talentueux qui ont contribué à bâtir plus rapidement les capacités internes de Resson, illustrant clairement le lien entre le PARI et la création d’emplois ».

Peter Goggin souligne que pour les quatre années menant à l’année 2017, Resson a doublé annuellement son effectif, attirant dans les provinces atlantiques des candidats du Québec, de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et des États-Unis. Resson compte maintenant des bureaux au Nouveau-Brunswick et en Californie et prévoit d’élargir ses technologies de bio-informatique et d’analytique prédictive pour y inclure de nouveaux types de culture et ainsi attirer de nouveaux clients internationaux.

Encore une fois, le PARI est présent. Bien que William Langley ait pris sa retraite, un nouveau CTI, Jean Léger, l’a remplacé, apportant de nouvelles compétences et une même attitude d’encouragement à l’égard des clients du PARI, leur fournissant les outils dont ils ont besoin pour surmonter les défis qui se dressent devant eux.

Ce sont de bonnes nouvelles pour Resson et ses clients. Ils peuvent continuer à fusionner les données, les logiciels intelligents et les technologies de bio-informatique pour vérifier l’état des cultures et récolter de meilleurs bilans.

« Les projets de R-D financés par le PARI, et les réalisations connexes, nous ont donné accès à des candidats talentueux qui ont contribué à bâtir plus rapidement les capacités internes de Resson, illustrant clairement le lien entre le PARI et la création d’emplois. »

Peter Goggin, cofondateur et vice-président des opérations, Resson

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