Une histoire de coeur

Le 16 décembre 2016— Burlington (Ontario)

Un homme qui n’apparaît pas être en bonne forme physique et semble plus à risque de subir un AVC

Les Canadiens font appel à la technologie et au service de m-Health pour fournir à leur médecin les données nécessaires pour établir un diagnostic sur leur santé cardiaque ou déterminer la cause d’un AVC ou d’un mini-AVC.

Toutes les sept minutes, un Canadien meurt en raison d’un trouble cardiaque ou d’un AVC. Plusieurs de ces décès sont évitables, affirme Sandy Schwenger.

En 1998, Mme Schwenger cofondait une première entreprise, PatientCare Solutions. Pour évaluer les besoins du marché en matière de technologie mobile, l’entreprise a alors réalisé une étude de faisabilité, soutenue par le Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches Canada (PARI-CNRC).

Cette étude confirmait que des dispositifs dotés d’applications mobiles pourraient relever certains des défis liés à la lutte contre les deuxième et troisième causes de mortalité au Canada : les maladies du cœur et les AVC. En 2010, Mme Schwenger et son partenaire établissaient une société sœur, m-Health Solutions, offrant une solution pour enregistrer instantanément et signaler par réseau sans fil les rythmes cardiaques irréguliers.

Les partenaires ont de nouveau eu recours au PARI, qui leur a cette fois apporté de l’aide sous diverses formes, allant de l’analyse commerciale aux conseils techniques, en passant par une assistance financière et une orientation dans le paysage réglementaire.

Suivre le rythme

Gros plan pris en studio de l’interface patient conviviale, sur un BlackBerry

Pendant deux semaines, m-CARDSMC informe des techniciens des irrégularités cardiaques.

Habituellement, les médecins de famille dirigent les patients vers des hôpitaux, des cliniques ou des cardiologues pour l’établissement d’un diagnostic cardiaque. Après de longs délais, le patient est convoqué par un professionnel de la santé pour l’installation d’un moniteur Holter. Les moniteurs Holter enregistrent des données pendant un jour ou deux, période durant laquelle le problème pourrait ne pas se manifester. Les données sont ensuite analysées, une fois que le patient s’est de nouveau rendu à l’hôpital ou à la clinique pour le retrait du moniteur.

De son côté, m-Health Solutions a mis au point la solution m-CARDSMC – service et technologie semblant sortir tout droit du monde la science-fiction – qui accélère le processus et réduit le nombre de visites médicales nécessaires. Quand un patient visite son médecin et mentionne de possibles problèmes cardiaques, le médecin peut lancer immédiatement le processus d’évaluation du patient. Il applique deux électrodes autocollantes sur la poitrine du patient, lui explique à quoi s’attendre et ce qu’il doit faire en cas d’urgence et donne son congé au patient. Dans les deux jours suivants, le patient reçoit une trousse de diagnostic m-CARDS, qui lui est livrée directement à la maison, peu importe où il habite en Ontario. Dans la trousse, il trouve des instructions vidéo pour terminer l’installation du moniteur dans le confort de son foyer. Il doit tout simplement brancher le moniteur du rythme cardiaque aux électrodes et connecter le tout, sans fil, à un téléphone BlackBerry personnalisé et sécurisé.

Sandy Schwenger

Sandy Schwenger, directrice générale, m-Health Solutions Inc.

Pendant deux semaines, m-CARDS surveille le rythme cardiaque et communique directement toute irrégularité aux techniciens cardiologues. Ceux-ci analysent les données entrantes et signalent les problèmes. Le cardiologue peut étudier de façon sécuritaire les données, peu importe où il se trouve, à n’importe quel moment, et envoyer rapidement son diagnostic au médecin. Le patient retourne ensuite la trousse dans une enveloppe port payé.

De toute évidence, m-CARDS est particulièrement utile pour les Canadiens qui résident dans des collectivités éloignées, sans cardiologue à proximité. Et pourtant, sa simplicité le rend tout aussi indispensable aux populations urbaines gênées par des incapacités, des listes d’attente, un accès limité à du transport ou d’autres raisons. La solution canadienne est aussi avantageuse pour les patients qui survivent à un mini-AVC (AIT) ou à un AVC de cause inconnue. Grâce à m-CARDS, ces patients peuvent être suivis afin de déterminer si leur AVC a été causé par ce trouble traitable appelé fibrillation auriculaire « silencieuse ».

Conseillère en technologie industrielle du PARI pour m-Health Solutions, Carol Slama s’est appuyée sur son expérience dans le domaine des technologies en santé pour cerner les besoins du marché, proposer des stratégies pour joindre les médecins en région rurale et dénicher de possibles partenariats avec des entreprises, des universités et des collèges.

« J’ai aussi demandé l’aide de ma collègue Lisa Boreanaz, spécialiste des questions réglementaires », indique Mme Slama. Les organismes de réglementation fédéraux exigent que les dispositifs médicaux, y compris les logiciels, respectent certaines normes en matière de processus d’assurance qualité et relatives aux systèmes de gestion. Mme Boreanaz a recommandé des moyens pour créer des politiques et procédures conformes et a révisé la documentation.

Des résultats coup de cœur

Atteindre la conformité a ouvert de nouveaux marchés à m-Health Solutions. Plus de 40 000 diagnostics plus tard, Mme Schwenger adore entendre les patients déclarer : « Cette trousse m’a sauvé la vie ». De plus, fait-elle remarquer, des centaines de médecins apprécient la facilité et la rapidité avec lesquelles m-CARDS leur permet de répondre aux questions de leurs patients.

La prochaine étape : élargir la portée du m-CARDS au-delà des frontières de l’Ontario afin de donner à un plus grand nombre de Canadiens un accès à cet outil de diagnostic mobile efficace. Les services de santé de l’Alberta lanceront en 2017 un projet pilote avec m-CARDSMC.

Mme Schwenger croit que des diagnostics plus rapides se traduiront par des économies pour les systèmes de santé. Grâce à m-CARDS, moins de Canadiens devront être hospitalisés en raison d’un trouble cardiaque ou d’un AVC. Le nombre d’hospitalisations attribuables à ces deux causes est estimé à 350 000 par an au Canada, entraînant des frais de 21 milliards de dollars en soins de santé et en perte de productivité.

Des Canadiens en meilleure santé et des économies, voilà ce qui conclut l’histoire de cette autre entreprise soutenue par le PARI, qui aide l’industrie à résoudre des problèmes socio-économiques par la technologie. « Nous n’y serions pas arrivés sans le financement du PARI, sans l’attitude axée sur la collaboration de son personnel et sans son soutien lors du processus de certification », affirme Mme Schwenger.

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