Une société d’aéronautique de Mississauga usine le métal de l’avenir

Le 30 mai 2016— Mississauga, Ontario

Grâce au soutien du PARI-CNRC, la société PapaBravo Innovations de Saskatoon a conçu une ligne de véhicules électriques rechargeables pour le secteur minier. Ces véhicules remplaceront les camions actuellement en usage, qui dévorent le diésel pour recracher des gaz nocifs.

En aéronautique, remplacer les pièces en aluminium par d’autres faites d’un matériau plus léger comme le titane pourrait bien constituer la prochaine grande innovation dans la construction d’aéronefs. Le titane est un métal léger qui toutefois se travaille mal. Malgré cela, l’entreprise de Mississauga Cyclone Manufacturing Inc. est bien placée pour en profiter pleinement, grâce aux conseils en R-D et aux contacts du PARI-CNRC.

Cyclone fabrique des pièces pour les aéronefs depuis plus de 50 ans et, durant cette période, l’entreprise a presque toujours privilégié l’aluminium. Depuis peu cependant, à la demande de nombreux avionneurs du monde entier qui souhaitent intégrer des pièces plus légères à leurs appareils, elle a fortement investi dans la transformation du titane, au terme d’une collaboration avec le PARI-CNRC.

« Parce que les avions doivent moins consommer de carburant, les équipementiers et leurs fournisseurs se heurtent constamment à une demande grandissante pour des matériaux résistants, difficiles à usiner, en particulier le titane », explique Buz Forbes, contrôleur de Cyclone.

Au cours des trois prochaines années, on utilisera beaucoup plus de pièces en titane, dit-on, car ce métal est plus robuste et plus souple, il résiste à la corrosion et tolère la chaleur. Il s’ensuivra une diminution des coûts en carburant et des émissions de gaz à effet de serre. En raison de tels avantages, M. Forbes estime que la demande de pièces en titane dépassera rapidement les capacités de la chaîne d’approvisionnement. Le problème est que le titane s’usine mal. Très mal. Les mèches ordinaires des perceuses cassent au bout de quinze minutes.

C’est ici qu’entre en scène Ramesh Gupta, conseiller en technologie industrielle du PARI-CNRC. « Ramesh a bien voulu nous consacrer le temps nécessaire pour nous exposer les principes du programme et la nature des projets admissibles », reprend M. Forbes. Au milieu de 2014, Cyclone et le PARI-CNRC ont donc lancé un projet qui avait pour but de trouver comment usiner le plus efficacement le titane.

« Nous nous sommes rencontrés à maintes reprises au cours des mois suivants et je les ai aidés à mettre sur pied une série complexe d’expériences pour leur projet sur le titane », se rappelle M. Gupta. « Tout en les guidant, nous avons échafaudé un solide plan technique et un plan d’affaires à long terme pour le projet “Optimisation du taux d’extraction du titane” de l’entreprise. En fin de compte, Cyclone a réussi à obtenir des fonds du PARI-CNRC. »

L’évaluation commerciale et technique de M. Gupta a vite porté ses fruits. Lorsque les expériences ont commencé à donner des résultats, Cyclone a pu acheter en toute confiance de nombreuses machines – certaines coûtant de 500 000 $ à un million de dollars, investissement majeur que l’entreprise était désormais prête à assumer, grâce à l’aide en R-D du PARI-CNRC.

« Cyclone a aussi pu rechercher les brevets et les articles scientifiques par l’entremise du PARI-CNRC, ce qui nous a permis d’établir que nous pouvions aller de l’avant et donner une orientation au projet », conclut M. Forbes.

Cyclone : l’ouragan du succès

Un atout s’est ajouté quand M. Gupta a rapproché Cyclone et FedDev Ontario, une agence de développement économique provinciale. Après plusieurs rencontres espacées sur de nombreux mois durant lesquels M. Gupta a fourni des conseils et de l’aide, Cyclone a pu obtenir un prêt sans intérêt de huit millions de dollars, dont l’entreprise se servira pour augmenter sa production, ajouter 80 000 pieds carrés à son usine et engager 135 employés. Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada, en a fait l’annonce au nom de FedDev Ontario à l’occasion d’une cérémonie tenue chez l’entreprise, le 21 décembre 2015.

Figurant maintenant parmi la poignée de sociétés d’aéronautique capables de travailler le titane, M. Forbes pense que Cyclone obtiendra vraisemblablement une part plus importante du marché traditionnel des pièces en aluminium. « La tendance chez les équipementiers est de réduire le nombre de fournisseurs, explique-t-il. Les fournisseurs dont le savoir-faire avec le titane est reconnu pourraient donc se voir octroyer des contrats pour les pièces en aluminium par la même occasion. Inversement, ceux qui ne peuvent usiner le titane courent le risque de voir leurs commandes de pièces d’aluminium s’éroder. »

Selon le chef de direction de l’entreprise, Andrew Sochaj, Cyclone gagne sur toute la ligne. « L’entreprise est promise à un très brillant avenir, affirme-t-il. Nous avons décroché de nombreux contrats pour de nouveaux avions à réaction. Je prévois une croissance annuelle de l’ordre de vingt pour cent pour les cinq prochaines années, avec des clients du monde entier : du R.-U., d’Autriche, de France, du Japon, de Taïwan, de Chine, du Brésil, des É.-U. et du Canada. Nous fabriquons des pièces pour les quatre principaux avionneurs, soit Bombardier, Boeing, Airbus et Embraer. »

« Peu importe l’avion que vous prendrez, certaines de ses pièces auront été fabriquées par Cyclone. »

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