Un robot qui contribue à la santé des travailleurs

Le 17 juin 2014— Thetford Mines (Québec)

La cellule robotisée dans les installations de Bains Oceania

L’entreprise Bains Oceania de Thetford Mines (Québec) fabrique depuis 1995 des douches et des baignoires en acrylique ainsi que des baignoires thérapeutiques de haute qualité. Bien conçus et assemblés avec soin, ses produits se sont peu à peu taillé une niche de choix auprès des distributeurs québécois, canadiens et américains spécialisés. Face à la demande croissante, l’entreprise a décidé en 2012 d’informatiser l’étape de la pulvérisation de fibre de verre afin de hausser la qualité de sa production et d’améliorer les conditions de travail à son usine.

Faite manuellement, la pulvérisation de la fibre de verre sur les surfaces extérieures des produits nécessite des mouvements répétitifs qui génèrent de nombreux maux de dos, d’épaules et de tendinites chez les employés. Outre les absences au travail et les difficultés à recruter du personnel pour faire cette tâche, Bains Oceania voulait aussi réduire ses pertes de fibre de verre, une matière première coûteuse, et obtenir une plus grande constance sur le plan de la qualité de ses produits.

« Nous y pensions depuis longtemps, explique Charles Paré, directeur des opérations chez Bains Oceania. Au début de 2012, nous avons acheté deux robots de peinture FANUC auprès d’une entreprise qui voulait s’en départir, mais nous avions besoin d’aide pour intégrer une cellule robotisée à nos installations de Thetford Mines. Nous nous sommes donc adressé à Paul-Émile Fournier, notre conseiller en technologie industrielle (CTI) du Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (PARI-CNRC). »

Bains Oceania est très satisfaite des résultats obtenus. « Sur le plan de la qualité, nous constatons une réduction d’environ 15 % des pertes de fibre de verre (une économie annuelle d’environ 100 000 $) et beaucoup moins de produits rejetés ou nécessitant une réparation ou des ajustements. »
fait valoir Charles Paré, directeur des opérations, Bains Oceania

Un projet d’implantation mené rondement

Le CTI leur suggère de faire appel au Centre de robotique et de vision industrielle (CRVI) de Lévis, un centre collégial de transfert de technologie, afin de valider le choix de leur technologie. Le CRVI confirme que les robots FANUC permettront à Bains Oceania d’automatiser efficacement le processus de pulvérisation de la fibre de verre. De mai 2012 à février 2013, grâce l’apport financier du PARI-CNRC et de son Programme pilote d’adoption des technologies numériques (PPATN), Bains Oceania procède à l’installation et à la configuration d’un premier robot à l’usine.

La première étape, au printemps 2012, a été de choisir l’endroit où installer le robot et de construire un espace fermé et bien ventilé où pourra se faire la pulvérisation. La deuxième étape a été de mettre en place le robot ainsi que des panneaux de contrôle et d’effectuer les premiers tests, qui ont pris environ six semaines. L’équipe de Bains Oceania s’est ensuite attaquée à la programmation des opérations du robot, une tâche délicate qu’elle voulait faire à l’interne afin de pouvoir tirer le meilleur parti de son nouvel équipement. « Le personnel du CRVI nous avait bien conseillés en nous éclairant sur les possibilités du robot pulvérisateur, ajoute Charles Paré. L’aide financière nous a aussi servi à la programmation et à la formation des travailleurs à l’interne appelés à faire fonctionner la cellule robotisée. »

Le robot a d’abord été programmé pour la pulvérisation de la fibre de verre sur les douches. Le robot peut actuellement traiter environ 60 % des produits de Bains Oceania; les autres produits plus spécialisés, comme les baignoires thérapeutiques, nécessitent plus d’étapes et de minutie et doivent encore être pulvérisés manuellement.

Des résultats rapides et probants

Après 15 mois de pulvérisation robotisée, Bains Oceania est très satisfaite des résultats obtenus. « Sur le plan de la qualité, nous constatons une réduction d’environ 15 % des pertes de fibre de verre et beaucoup moins de produits rejetés ou nécessitant une réparation ou des ajustements, fait valoir Charles Paré. Uniquement en matières premières, c’est une économie annuelle d’environ 100 000 $. »

La capacité de production de l’usine a aussi augmenté d’environ 25 %. Alors que l’entreprise manufacturait à peu près une vingtaine de douches par jour, elle est maintenant en mesure d’en faire une trentaine. Et les délais de fabrication ont été raccourcis : ce que Bains Oceania faisait en huit jours est maintenant réalisé en cinq jours. Enfin, après un an, les maux de dos et d’épaules ont notablement diminué, tout comme les absences au travail, et la satisfaction générale des employés est à la hausse. Ajoutons que le robot n’a pas entraîné de suppression d’emplois : l’informatisation de la pulvérisation a plutôt permis d’affecter des employés à d’autres postes de travail au sein de l’usine.

De belles perspectives de développement

Grâce à l’apport financier du PARI-CNRC et de son PPATN, cette première automatisation au sein de la chaine de production de Bains Oceania a pu s’accomplir à un rythme accéléré. « L’aide financière nous a permis d’augmenter notre expertise à l’interne et de compléter notre projet six mois plus tôt », fait valoir Charles Paré.

Bains Oceania sort de l’expérience avec un potentiel accru pour desservir de nouveaux marchés, dont celui de l’Ontario, où l’entreprise réalise déjà environ 15 % de son chiffre d’affaires. « D’ici cinq ans, nous sommes confiants de regagner les parts de marché que nous avions avant la crise de 2008, notamment aux États-Unis, conclut Charles Paré. Nous envisageons d’accroitre notre personnel d’environ une dizaine d’employés au cours des prochaines années en misant sur une qualité que ne sont pas en mesure d’offrir nos concurrents. »

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