Percée en informatique quantique : plus rapide que le rythme effréné des affaires

L’invention d’une technologie inexistante

Le 08 juillet 2013— Burnaby (Colombie-Britannique)

Geordie Rose, fondateur et directeur de la technologie de D-Wave

Geordie Rose, fondateur et directeur de la technologie de D-Wave

Inventer une technologie inexistante : tel est le rêve que Geordie Rose, fondateur et directeur de la technologie de D-Wave Systems Inc., a concrétisé en créant le premier ordinateur quantique commercialement rentable de la planète. Grâce à sa vente la plus récente, l’entreprise de Burnaby (Colombie-Britannique) permettra aux chercheurs de Google, de la NASA et de la Universities Space Research Association d’étudier l’utilité d’un tel appareil pour des fins terrestres et extraterrestres comme l’apprentissage machine, la consultation du Web, la reconnaissance de la parole, la recherche d’exoplanètes et le soutien des opérations dans les centres de contrôle de mission.

« Notre entreprise est la première à fabriquer un ordinateur qui recourt à la mécanique quantique pour traiter et analyser les données de certains problèmes des milliers de fois plus rapidement que l’ordinateur classique », explique Warren Wall, vice-président exécutif et chef de l’exploitation de D-Wave. « En d’autres termes, cet ordinateur résout des problèmes complexes d’optimisation en quelques fractions de seconde, donc considérablement plus vite qu’on y arrivait jusqu’à présent avec un système quelconque. » À l’inverse de l’ordinateur traditionnel, qui résout les problèmes en traitant un élément à la fois, l’ordinateur quantique examine simultanément une multitude de variables. Non seulement identifie-t-il la solution à une vitesse incroyable, mais il examine aussi des problèmes d’une envergure impossible à analyser avec les systèmes classiques.

« L’informatique quantique s’attaque aussi aux “mégas jeux de données”, c’est-à-dire aux masses d’informations si colossales que la puissance des ordinateurs actuels ne permet pas d’en faire le tri pour y découvrir liens et corrélations », reprend M. Wall. « Le monde a besoin d’une ressource informatique radicalement différente pour surmonter de tels obstacles, et la technologie quantique nous y amènera. »

« Nous sommes redevables au Conseil national de recherches du Canada et à son Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) d’avoir compris tout le potentiel de ce que nous voulions réaliser et de nous avoir soutenus sans faille, y compris dès les débuts, qui sont toujours difficiles, confie M. Wall »

De jeune entreprise à chef de file mondial

L’ordinateur quantique de D-Wave

L’ordinateur quantique de D-Wave a besoin d’une enceinte cryogénique spéciale, imperméable aux radiofréquences et aux ondes magnétiques, pour fonctionner correctement. Son intérieur est l’endroit le moins chaud et le plus silencieux de l’Univers – il y fait même plus froid que dans l’espace interstellaire!

Selon M. Wall, D-Wave se perçoit toujours comme une petite entreprise, bien que ses effectifs soient passés d’une simple poignée de physiciens et de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, en 1999, à plus de 80 employés comprenant des experts mondiaux en informatique, physique, cryogénie, supraconducteurs et apprentissage machine. Même si elle a réuni des capitaux de plus de cent millions de dollars, l’entreprise compte toujours sur les sociétés de capital-risque et les programmes publics pour financer ses recherches et ses travaux de développement.

« Nous sommes redevables au Conseil national de recherches du Canada et à son Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) d’avoir compris tout le potentiel de ce que nous voulions réaliser et de nous avoir soutenus sans faille, y compris dès les débuts, qui sont toujours difficiles, confie-t-il. Michael Alldritt, notre conseiller en technologie industrielle, n’a pas ménagé ses efforts pour bien cerner l’entreprise et nous aiguiller vers des ressources qui en ont facilité la gestion et accéléré la croissance. »

M. Alldritt a travaillé étroitement avec D-Wave sur plusieurs projets stratégiques qui ont sensiblement concouru au succès de l’entreprise, en commençant par les stades de planification initiaux et l’identification des sources de financement, dont Industrie Canada et le ministère de la Défense nationale. Un des premiers soins de M. Alldritt a été d’organiser un colloque scientifique de trois jours avec l’Advanced Systems Institute of British Columbia et D-Wave, ce qui a permis de réunir les plus grands chercheurs en informatique quantique du globe. De cette façon, D-Wave a pu se faire connaître, et l’exercice a aidé le Canada à se hisser sur la scène mondiale. Les projets que le PARI a subventionnés par la suite ont abouti à l’élaboration d’un cadre logiciel pour le matériel d’informatique quantique, avec lequel on a démontré la supériorité de ce dernier au niveau de l’analyse et de la résolution des problèmes. Ce cadre permet à l’utilisateur d’exploiter le système pour en optimiser les fonctionnalités et la performance. Il s’agit d’une étape essentielle pour expliquer les mérites de la technologie aux acheteurs potentiels – un élément capital si l’on veut réaliser des ventes.

L’ordinateur quantique de D-Wave utilise un processeur de 512 qubits

L’ordinateur quantique de D-Wave utilise un processeur de 512 qubits (le qubit est la plus petite unité de stockage d’information quantique).

Quand la technologie est parvenue à maturité, D-Wave s’est concentré sur un autre besoin : gérer l’échéancier et les ressources requises pour bâtir les systèmes. Afin de faciliter la logistique associée à l’administration des questions d’inventaire, d’ordonnancement, d’expédition, de temps et de coûts, M. Alldritt a recouru au nouveau Programme pilote d’adoption des technologies numériques réalisé par le PARI-CNRC pour installer un système de planification des ressources de l’entreprise capable de composer avec les activités complexes de D-Wave.

L’informatique quantique a des possibilités d’exploitation infinies et M. Alldritt pense qu’elle changera notre façon de fonctionner. « Elle ouvrira de nouveaux et immenses secteurs en recherche et en technologie, et fera considérablement progresser l’industrie, l’énergie, la biologie, les finances, l’environnement et de nombreux autres domaines, insiste-t-il. De plus, la résolution des problèmes par sauts quantiques aura des retombées bénéfiques comme on n’a encore jamais imaginées pour l’humanité. »

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