Un diagnostic rapide permet de déceler les pommes de terre malades

Services de certification agricole Inc. (SAC)

Le 06 mai 2009— Fredericton (Nouveau-Brunswick)

Mathuresh Singh (Image aimablement fournie par : Services de certification agricole Inc.)

Lorsque les producteurs de pommes de terre de semence du Nouveau-Brunswick regardent leurs champs, ils savent qu'ils recèlent davantage que ce que l'on peut voir à l'œil nu. Ces pommes de terre, qui ont l'air en bonne santé, pourraient être porteuses d'un virus qui détruit la culture. Heureusement, un nouveau test de diagnostic fondé sur l'ADN ne laisse plus de cachettes aux virus des pommes de terre.

Élaboré avec le soutien du Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (PARI-CNRC), le nouveau test de dépistage de virus de la pomme de terre procure aux producteurs de pommes de terre l'avantage dont ils ont besoin pour répondre à la demande du marché mondial en pleine croissance : des pommes de terre de semence certifiées exemptes de maladie.

Les pommes de terre de semence sont des tubercules que l'on fait pousser jusqu'au stade juvénile, que l'on récolte et que l'on vend ensuite à d'autres agriculteurs comme stock de semence. Les producteurs de pommes de terre de semence du Nouveau-Brunswick font partie d'un secteur qui génère approximativement 1,3 milliard de dollars par an.

Cependant, le succès du commerce des pommes de terre de semence de la province, qui s'internationalise de plus en plus, dépend d'une garantie clé que l'on donne aux acheteurs : des pommes de terre exemptes de maladie. Comme les pommes de terre de semence sont récoltées quand les tubercules sont à maturité, elles peuvent receler des maladies qui ne se manifesteront que dans la prochaine génération où elles causeront des dégâts.

Jusqu'à récemment, la seule façon d'effectuer des tests de dépistage d'infection virale des pommes de terre de semence consistait à les faire effectivement pousser - un processus qui prend de six à huit semaines. Mais comme les périodes d'ensemencement des pommes de terre de semence varient d'un pays à l'autre, ces tubercules doivent souvent être expédiés immédiatement après la récolte pour respecter les délais d'ensemencement de certains pays, par exemple en Amérique du Sud.

« Le délai que comportait cet essai signifiait que, dans bien des cas, les producteurs ne disposaient pas des résultats sur les virus avant d'expédier leurs pommes de terre de semence à des clients à travers le monde », d'expliquer Mathuresh Singh, directeur des Services de certification agricole Inc. (SAC) dont le siège social se trouve à Fredericton.

Ce sont les délais des tests qui ont provoqué la colère des clients et ont causé la perte de marchés, lorsque l'on a découvert que les pommes de terre de semence du Nouveau-Brunswick étaient infectées par un virus seulement après leur plantation.

Dorénavant, les pommes de terre de semence du Nouveau-Brunswick subissent un diagnostic viral à la fine pointe de la technologie et reçoivent un certificat de bonne santé, avant d'être chargées dans un camion ou un navire pour être exportées.

Avec le soutien du PARI-CNRC, les SAC ont développé un processus de dépistage de virus fondé sur l'ADN et de certification des pommes de terre de semence qui est effectué rapidement et en temps réel après la récolte. Les SAC appartiennent à 100 % aux producteurs de pommes de terre du Nouveau-Brunswick et sont gérés par Pommes de terre Nouveau-Brunswick, l'association des producteurs de pommes de terre de la province.

« Les essais qui jadis prenaient jusqu'à deux mois sont à présent effectués en quelques jours », déclare M. Singh.

Élaboré sur une période de trois ans, le nouveau test s'articule autour de la capacité à déceler les virus de la pomme de terre au moyen d'amorces génétiques. Il s'agit de molécules qui ciblent des régions distinctes, semblables à des empreintes digitales, des gènes viraux grâce auxquels le virus peut être détecté avec précision.

M. Singh a élaboré des amorces pour six importants virus de la pomme de terre, notamment la moucheture de la pomme de terre et le virus de l'enroulement de la pomme de terre.

« Grâce à cette nouvelle technologie, les SAC sont devenus un laboratoire de prédilection pour le dépistage de maladies de la pomme de terre », de déclarer Tim Jackson, conseiller en technologie industrielle du PARI-CNRC. Fort de ses antécédents dans l'élaboration de technologies fondées sur l'ADN, M. Jackson a contribué à élaborer le plan de recherche des SAC.

Désormais, les producteurs de pommes de terre expédient aux SAC un lot d'environ 200 pommes de terre de semence et reçoivent en quelques jours un diagnostic indiquant si les pommes de terre portent une charge virale trop élevée pour être vendue comme pommes de terre de semence. Si elles ne conviennent pas comme semences, les tubercules peuvent être laissés dans le sol jusqu'à maturité et être utilisés comme pommes de terre de consommation ou de transformation, un fait qui, en soi, permet aux agriculteurs d'économiser des millions de dollars par an.

« Le soutien du PARI-CNRC a permis de réaliser cette percée technologique, affirme M. Singh. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a concouru à l'achat de notre matériel, mais nous avons eu besoin du soutien du PARI-CNRC pour développer et optimiser des procédures de diagnostic de virus de la pomme de terre. »

Avec l'aide de Partenariats internationaux en sciences et technologie Canada, les SAC dirigent actuellement un projet afin de partager la technologie de diagnostic de virus de la pomme de terre avec des homologues de l'industrie de la pomme de terre en Chine. À l'heure actuelle, la Chine n'autorise pas l'importation de pommes de terre cultivées en terre de crainte d'importer également des maladies de la pomme de terre. Cependant, si l'on réussit à transférer cette technologie, on pourrait donner aux producteurs de pommes de terre de semence du Nouveau-Brunswick accès au plus grand marché de la pomme de terre du monde.

Renseignements : Relations avec les médias
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PARI-CNRC
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