Un rare coup d’œil au travail des gardiens du temps canadien

Le Dr Louis Marmet dévoile comment l’heure officielle est calculée

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Le temps est omniprésent. Il nous réveille le matin, nous pousse à nous rendre au travail à l’heure (la plupart des jours) et fait fonctionner nos dispositifs électroniques ainsi que le marché de la bourse. Mais, comment s’assurer que ces horloges sont à la bonne heure? À l’heure exacte, pour être précis. C’est dans un laboratoire à Ottawa qu’on peut trouver les gardiens du temps officiel. C’est à partir de cet édifice que le signal de l’heure officielle est émis. Il sonne comme ceci : CNRC – Heure normale de l’Est : douze heures, trente-huit minutes, et cinquante secondes… bip.. Jetons un coup d’œil sur la façon dont le temps est tenu au Canada.

Intervieweur : Qu’est-ce que ça fait un gardien du temps?

Dr Marmet : On s’assure d’abord de générer le temps le plus précis possible. C’est très important pour les applications de nos appareils électroniques, du système GPS, des synchronisations des ondes de transmissions, etc. On s’assure aussi de disséminer le temps pour le public, pour l’usage général au Canada.

Intervieweur : On voit différents cadrans et horloges derrière vous, est-ce que c’est fait avec une seule horloge?

Dr. Marmet : Non, en fait ici on a une douzaine d’horloges qui envoient leurs signaux jusqu’ici à la salle de contrôle. Les horloges ici peuvent diverger de quelques nanosecondes, deux ou trois nanosecondes, et on fait un calcul de moyenne pour donner une précision, qui même après un an ne va pas diverger plus que quelques microsecondes. Alors ça donne une précision assez impressionnante.

Intervieweur : Vous avez des horloges atomiques au césium, qu’est-ce que c’est ça?

Dr. Marmet : Oui, exactement, alors le césium c’est un métal de référence qui va osciller aux microondes et la fréquence exacte d’oscillation est de neuf milliards, cent quatre-vingt-douze millions, six cent trente et un mille sept cent soixante-dix, et ce que l’horloge fait c’est qu’elle mesure ces oscillations et elle les compte, et après exactement ce nombre-là, une seconde s’est écoulée.

Intervieweur : Vous avez une horloge qui est quelque part dans cet édifice, entourée de cuivre.

Dr. Marmet : Oui, alors c’est une horloge qui est très sensible.

Intervieweur : Ce qu’on a ici c’est ce n’est pas ce que traditionnellement on pourrait penser être une horloge.

Dr. Marmet : Non, alors ce qu’on voit vraiment c’est le mécanisme interne d’une horloge qui donne un temps très précis. Essentiellement on a de ce côté-ci la source de césium. Les atomes voyagent au travers le tube et passent au travers certaines composantes électroniques et sont détectés à la fin du tube pour produire un signal, qui lui est traité par l’électronique qui lui va nous donner le signal de la seconde.

Intervieweur : Je me suis toujours demandé, lorsqu’on change l’heure… on fait ça à l’automne et puis au printemps, qu'est-ce qui se passe ici exactement.

Dr. Marmet : On change l’heure pour l’heure avancée qui nous donne plus de lumière le soir et moins de clarté le matin. Le changement qu’on fait n’est pas fait sur les horloges atomiques, mais seulement sur le système de dissémination du temps pour le public. C’est fait pendant la nuit, par des systèmes automatiques, et à partir de ce moment là on commence à diffuser le temps modifié.

Interviewer : Vous pouvez être sûr d’une chose : les gardiens du temps continueront de travailler sur l’heure, parce que le temps…n’arrête jamais. Bip. Bip. Bip.

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