ARCHIVÉ - Évaluation de l'Institut de recherche aérospatiale du CNRC

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En sa qualité de laboratoire national d’aérospatiale, l’Institut de recherche aérospatiale du CNRC (IRA-CNRC) entreprend et promeut des activités de recherche et de développement à l’appui du milieu canadien de l’aérospatiale dans tous les domaines touchant la conception, la fabrication, le rendement, l’utilisation et la sécurité des aéronefs. Depuis plus de 50 ans, l’Institut aide le secteur canadien de l’aérospatiale à développer des produits et des services concurrentiels à l’échelle mondiale grâce à des partenariats et à des projets conjoints avec d’autres entreprises, des organismes publics, des universités et des clients de partout dans le monde.

Le présent rapport fait la synthèse des résultats de l’évaluation effectuée en 2010 des activités de l’IRA-CNRC. Cette évaluation a été menée par une équipe d’évaluation indépendante au sein du groupe Planification et gestion du rendement du CNRC (PGR-CNRC) en partenariat avec des experts-conseils de l’extérieur.

Portée de l’évaluation

L’évaluation a porté sur la période de 2004-2005 à 2008-2009 inclusivement, et comprend des données de 2009-2010 lorsque celles-ci étaient disponibles. Elle a été conçue pour répondre aux questions fondamentales d’évaluation énoncées dans la Politique d’évaluation du Conseil du Trésor, qui s’articulent autour de deux grands thèmes : la pertinence et le rendement. Elle a été également conçue afin de répondre aux besoins d’information des futurs examens stratégiques.

Méthode d’évaluation

La méthodologie mise au point pour cette évaluation reposait sur de multiples sources de données, une pratique standard dans les évaluations. Les procédés suivants ont été utilisés pour répondre aux questions de l’évaluation :

  • examen de documents internes;
  • examen de documents et de documentation externes;
  • examen de données administratives et financières et de données de rendement;
  • examen de données secondaires;
  • entrevues avec des informateurs clés (n = 41);
  • sondages auprès de l’industrie (n = 111);
  • évaluation des compétences scientifiques et techniques de l’IRA-CNRC (39 experts consultés);
  • dix études de cas axées sur les retombées des projets de l’IRA-CNRC.

Sommaire des conclusions de l’évaluation

Profils des ressources financières, des clients et des collaborateurs de l’IRA-CNRC

Un aperçu des ressources dont disposait l’IRA-CNRC de 2005-2006 à 2009-2010.
2005-06 2006-07 2007-08 2008-09 2009-10 Total
Budget de services votés 19,181,000 19,213,000 20,618,000 20,414,000 20,044,000 99,470,000
Budget temporaire et autres crédits 4,498,000 9,424,000 11,074,000 3,713,000 7,024,000 35,733,000
Recettes (1074 – Secteur privé) 15,492,644 19,240,965 14,995,978 18,336,266 17,826,809 85,892,662
Recettes (1009 – Secteur public) 835,576 428,706 297,470 365,867 1,272,059 3,199,678
Revenus (1076 – Secteur privé) 891,297 778,342 3,269,345 3,216,010 3,684,058 11,839,052
Revenus (1086 – Secteur public) 9,511,058 11,016,050 8,366,434 8,406,226 8,419,776 45,719,544

L’analyse des données financières de l’IRA-CNRC révèle ce qui suit : 

  • Le total des ressources (c.-à-d. les services votés, les crédits temporaires et autres crédits, les recettes et les revenus) mises à la disposition de l’Institut a augmenté de presque 16 % depuis 2005-2006. Cependant, lorsque les chiffres sont corrigés en fonction de l’inflation, cette augmentation est ramenée à tout juste un peu plus de 8 %.
  • Le budget des services votés de l’Institut a diminué d’environ 2 % au cours des cinq dernières années (après correction en fonction de l’inflation).
  • Le montant total des revenus et recettes générés par l’IRA-CNRC a augmenté de près de 17 % depuis 2005-2006 (soit tout juste un peu plus de 9 % après prise en compte de l’inflation).
  • En 2009-2010, l’Institut a généré près de 20 % de l’ensemble des recettes et revenus du CNRC et il est celui qui a généré le plus de recettes et de revenus au sein de l’organisation.
  • Pour chaque dollar de services votés investi dans l’IRA-CNRC, l’Institut a généré en moyenne des recettes et des revenus de 1,48 $ dans le secteur public ou le secteur privé.
  • L’effectif global de l’Institut a augmenté de presque 16 % depuis 2004-2005.

En ce qui concerne le profil de la clientèle de l’IRA-CNRC, l’analyse des données administratives de l’Institut a révélé ce qui suit :

  • Depuis 2004, l’IRA-CNRC a conclu plus de 1 300 accords avec plus de 400 clients ou collaborateurs uniques au Canada et à l’étranger. Les clients et collaborateurs canadiens représentent 64 % du nombre total de clients et collaborateurs uniques.
  • Au cours des cinq dernières années, près de la moitié des accords (ou projets) conclus par l’IRA-CNRC l’ont été pour des services standard (c.-à-d., de la recherche effectuée à forfait, des essais, des activités d’homologation ou des services répondant à des exigences réglementaires) offerts à des clients industriels.
  • De 2004-2005 à 2008-2009, la proportion de clients ou collaborateurs industriels sur le nombre total de clients et collaborateurs a été en moyenne de 77 %.
  • La grande majorité des clients et collaborateurs industriels de l’IRA-CNRC appartiennent à la catégorie des petites et moyennes entreprises (PME). Même si l’Institut fait surtout des affaires avec des PME, le nombre d’accords conclus par PME est inférieur au nombre d’accords par client n’étant pas une PME.

Pertinence – Persistance de la nécessité de l’IRA-CNRC

La contribution du secteur de l’aérospatiale à l’économie canadienne est jugée essentielle, surtout dans certaines provinces (notamment le Québec et l’Ontario), et l’importance de ce secteur a également été confirmée par des déclarations effectuées par les ministres de l’Industrie qui se sont succédé depuis 2006. Selon les données issues de l’évaluation, l’Institut a démontré une excellente capacité à s’adapter aux besoins (p. ex., en augmentant les compétences en recherche et en développement, en renforçant les chaînes d’approvisionnement locales, en augmentant la productivité) des milieux canadiens de l’aérospatiale en général, tant dans le secteur privé que dans le secteur public. L’Institut a aussi démontré sa capacité à s’adapter à un contexte en constante évolution ainsi qu’une capacité à assurer la prestation de services dont la valeur est reconnue par ses clients. Le principal facteur qui contribue à cette adéquation entre les services de l’IRA-CNRC et les besoins est la participation importante des employés de l’Institut à des initiatives clés de l’industrie et aux travaux de comités comme l’initiative des futures grandes plateformes (IFGP) de l’Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC).

Certains informateurs clés se sont dits préoccupés par les risques de divergence entre les activités de l’IRA-CNRC et les besoins des sociétés aérospatiales hors de l’Ontario et du Québec. De plus, les données de l’évaluation mettent en évidence que des difficultés (notamment au chapitre des capacités de l’industrie, du coût des services de l’IRA-CNRC, de l’accès au financement pour des projets de R-D) persistent dans le développement des compétences et des capacités des fournisseurs des niveaux inférieurs en matière de recherche et de développement de technologies afin de les aider à s’intégrer aux chaînes d’approvisionnement mondiales. Cette difficulté particulière est également ressortie lors de deux évaluations précédentes de l’Institut qui remontent à 1988 et 1998.

Pertinence – Harmonisation avec les priorités de l’administration fédérale

Les données de l’évaluation indiquent une concordance étroite entre les activités et objectifs stratégiques de l’IRA-CNRC et les besoins des milieux canadiens de l’aérospatiale, les stratégies clés de l’administration fédérale à l’appui de la recherche dans ce secteur d’activité et la stratégie du CNRC. Certaines possibilités d’amélioration ont cependant été constatées pour l’avenir :

  • En ce qui concerne la concordance de la stratégie de l’Institut et de la stratégie fédérale en science et en technologie (S-T), il a été conclu qu’il serait possible d’accroître les synergies entre l’IRA-CNRC et le Programme d’aide à la recherche industrielle du CNRC (PARI-CNRC). Cet aspect a été jugé particulièrement crucial, car l’accès au financement semble être l’un des principaux obstacles nuisant à la capacité des PME du secteur de l’aérospatiale de mener des projets de recherche et de développement de technologies.
  • Les experts de l’extérieur ont été préoccupés par le fait que certains travaux menés dans les laboratoires ne correspondent pas étroitement aux objectifs stratégiques de l’Institut. En fait, plusieurs experts ont éprouvé des difficultés à établir des liens entre les recherches effectuées dans chacun des groupes de l’IRA-CNRC et le plan stratégique de l’Institut (p. ex., on n’a pas jugé que les priorités des groupes de recherche de l’IRA-CNRC venaient appuyer les objectifs établis au niveau de l’Institut dans son ensemble et du CNRC). Afin d’atténuer ce risque de fragmentation, les experts de l’extérieur ont constaté la nécessité d’établir un programme de recherche stratégique applicable à l’ensemble de l’Institut, ce qui est l’un des éléments clés que possèdent les quelques rares organisations désignées comme ayant des compétences supérieures à celles de l’IRA-CNRC.

Pertinence – Harmonisation avec les rôles et responsabilités de l’administration fédérale

Selon les données de l’évaluation, le rôle joué par l’Institut au sein du secteur canadien de l’aérospatiale est approprié pour une organisation fédérale et il est similaire à celui joué par des organismes publics semblables dans d’autres pays industrialisés (notamment, la National Aeronautics and Space Administration [NASA] aux États-Unis, l’Office national d'études et recherches aérospatiales [ONERA] en France ou le DLR en Allemagne). Même si le rôle de l’IRA-CNRC demeure concentré sur le développement de technologies, l’influence de l’organisation s’étend sur la quasi-totalité du continuum des activités de recherche et de développement de technologies. Cela est parfaitement conforme à la mission de l’IRA-CNRC qui exige que l’Institut maintienne à la fois un niveau d’excellence nationale en sciences aéronautiques et qu’il appuie la recherche et le développement de technologies dans le secteur de l’aérospatiale grâce aux installations nationales importantes dont il est le dépositaire. Aucune autre organisation au Canada ne possède les ressources, les compétences et les installations requises pour s’acquitter de cette mission. Par ailleurs, la synergie nécessaire entre les acteurs qui entreprennent et soutiennent des activités dans le continuum de la recherche et du développement de technologies vient brouiller les lignes de démarcation entre partenaires, collaborateurs et concurrents. Cette situation est amplifié par un contexte de mondialisation de l’industrie et de participation croissante des universités, des collèges et des centres de transfert de technologie au mouvement consistant à combler les lacunes entre la création de savoir et l’innovation technologique. Dans le contexte créé par cette réalité, l’IRA-CNRC doit constamment s’efforcer de trouver un équilibre entre son rôle et celui des autres acteurs.

Selon des experts de l’extérieur, les compétences et les services de l’Institut sont pour la plupart uniques ou complémentaires à ceux des universités et de l’industrie, tant au Canada qu’à l’échelle internationale. Selon l’IRA-CNRC, la concurrence entre l’Institut et les autres acteurs est limitée à certains services ou créneaux précis de compétences. Le Laboratoire de recherche en vol de l’IRA-CNRC (LRV-IRA) avec ses compétences en analyse d’accident et d’incident est le seul exemple de concurrence potentielle perçue avec l’industrie canadienne qui a été relevé par les experts.

Le rôle de l’IRA-CNRC exige qu’il trouve un équilibre entre sa mission consistant à maintenir l’excellence nationale dans les sciences aéronautiques et l’aide à la recherche et au développement de technologies aérospatiales grâce aux installations nationales importantes dont il est le dépositaire. Même si aucun des experts consultés ne conteste qu’il soit approprié pour l’IRA-CNRC d’offrir des « services contre rémunération », ils se sont dits préoccupés qu’avec le temps, à défaut de trouver un équilibre approprié, cette dynamique mène à un affaiblissement de la compréhension qu’il a de la science, ce qui à terme fera en sorte que les services offerts seront périmés et revêtiront peu d’attrait pour les clients éventuels. Certains experts ont cependant accordé de l’importance à la capacité de l’Institut de tirer des recettes de ses activités « rémunérées » auprès de clients précis, de façon à pouvoir investir dans du nouvel équipement et de nouvelles installations qui servent ensuite à des activités de recherche plus étendues (ce qui consiste à utiliser une activité pour en appuyer ou en subventionner une autre).

Rendement – Évaluation des compétences scientifiques et techniques de l’IRA-CNRC par des experts

Dans l’ensemble, l’analyse des experts de l’extérieur effectuée dans le cadre de l’évaluation a confirmé l’excellence scientifique et technique de l’IRA-CNRC dans ses domaines de compétence de base. En s’appuyant sur d’autres sources de données d’évaluation, ces compétences ont également été jugées comme étant appréciées par les clients et collaborateurs de l’Institut.

En plus de procéder à une évaluation globale du niveau de développement des 18 compétences de base de l’IRA-CNRC, on avait demandé aux experts d’examiner trois aspects du rendement de l’IRA-CNRC sur le plan de ses compétences :

  • La nature novatrice des travaux effectués a été évaluée comme « modérée » à « élevée » dans tous les laboratoires, le Centre des technologies de fabrication en aérospatiale de l’IRA-CNRC (CTFA-IRA) ayant reçu la cote la plus élevée. La recherche effectuée dans le domaine du givrage, du soudage par friction-malaxage et des systèmes de commande robotique, et les modèles et techniques de prévision de la durée de vie sont quelques exemples de projets de recherche qui ont été jugés très novateurs par les experts.
  • Le potentiel de commercialisation a été généralement perçu comme « modéré », de nombreux experts ayant exprimé une inquiétude face au faible nombre de brevets obtenus et de licences accordées. Cette situation a amené les experts à proposer que l’IRA-CNRC planifie des transferts de technologie à l’industrie et accorde davantage d’importance à cet aspect de ses activités.
  • En ce qui concerne la qualité des résultats de recherche produits par l’Institut, les experts ont perçu la qualité des travaux de l’IRA-CNRC comme étant « conforme aux attentes », reconnaissant la petite taille des groupes et leur niveau de financement en général modeste. Sur la question de la quantité de résultats obtenus, les résultats de deux des cinq laboratoires de l’IRA-CNRC ont été jugés « inférieurs aux attentes ». Compte tenu des données disponibles et de leurs propres connaissances, les experts ont considéré la « quantité » des résultats de recherche (p. ex., le nombre de projets de recherche, le nombre d’articles scientifiques publiés) comme étant faible, tant au niveau collectif qu’individuel, particulièrement lorsqu’on compare ces résultats à ceux des chercheurs universitaires et professeurs d’université ainsi que ceux de certaines institutions de recherche internationales comme la NASA. Dans leur évaluation, les experts ont tenu compte de la taille généralement plus importante de ces autres organisations et de leurs budgets en conséquence. Quelques experts étaient d’avis que la production perçue comme étant faible des chercheurs de l’IRA-CNRC peut être en partie imputable au besoin de l’Institut de maximiser ses recettes en offrant des services aux clients industriels, ce qui réduit d’autant leur capacité d’effectuer de la recherche fondamentale ou de rédiger des articles scientifiques et de se soumettre au long processus de publication de ces articles.

En terminant, l’évaluation des experts a confirmé que l’Institut est de manière générale un instrument efficace et efficient de la politique publique compte tenu de sa contribution à la réalisation de son mandat, qui consiste à favoriser la croissance et la compétitivité de l’industrie aérospatiale canadienne et à appuyer les grands objectifs d’intérêt public de l’administration fédérale du Canada. Les experts de l’extérieur consultés ont également confirmé la pertinence de l’accent que l’Institut met actuellement sur la recherche et sur sa maîtrise d’une série appropriée de compétences scientifiques et techniques afin de poursuivre ces objectifs.

Rendement – Visibilité de l’IRA-CNRC et sensibilisation de l’industrie à ses compétences

Malgré les efforts considérables déployés par l’IRA-CNRC pour accroître sa visibilité et sensibiliser les entreprises canadiennes à ses capacités, l’évaluation a montré que des difficultés d’ordre varié persistent sur le plan de la visibilité. Même si l’IRA-CNRC est bien connu des sociétés canadiennes du secteur de l’aérospatiale, une partie importante de l’industrie ne connaît pas l’ensemble des services et des compétences que l’Institut peut mettre à sa disposition. De plus, les entreprises qui n’ont pas établi récemment une relation de client avec l’IRA-CNRC, de même que les entreprises hors de l’Ontario et du Québec, sont moins susceptibles de connaître les services offerts par l’Institut. Les données de l’enquête ont également révélé que ce manque de notoriété des activités et des services de l’IRA-CNRC a des retombées négatives sur la capacité de l’Institut de devenir le partenaire de choix des entreprises du secteur canadien de l’aérospatiale.

Rendement – Retombées de l’IRA-CNRC – Résultats escomptés

Les résultats attendus de l’Institut ont été regroupés en trois grandes catégories qui reflètent les avantages poursuivis dans la stratégie fédérale en sciences et en technologie : du personnel compétent, un savoir nouveau et le sens de l’entrepreneuriat.

Contribution au développement de personnes compétentes

L’étude des projets menés avec des clients et collaborateurs a permis d’observer différents résultats en matière de contribution au développement des capacités dont le développement de compétences en recherche, l’adoption de pratiques exemplaires liées aux activités d’essai et la capacité accrue d’utiliser des installations à la fine pointe de la technologie. Il existe un large consensus chez les clients et collaborateurs de l’IRA-CNRC voulant que leur collaboration avec celui-ci ait contribué au développement des compétences de leurs employés, particulièrement dans les cas où le personnel travaillait en étroite collaboration avec des employés de l’IRA-CNRC. Ainsi, dans les projets comprenant des essais et des travaux d’homologation, les employés ont été en mesure d’apprendre des pratiques exemplaires et le haut niveau de rigueur nécessaire à la configuration des essais, à leur exécution et à la production de rapports comme cela se fait à l’IRA-CNRC.

Dans les autres ministères fédéraux, la collaboration avec l’IRA-CNRC n’a pas nécessairement permis de développer des personnes qualifiées comme cela a été le cas chez les clients ou collaborateurs de l’industrie. Dans ce contexte, le transfert des connaissances et des compétences résultant de la collaboration a eu d’autres résultats comme une capacité accrue de comprendre l’industrie, de prendre des décisions plus judicieuses et d’en obtenir davantage pour son argent au chapitre des approvisionnements.

La capacité de l’IRA-CNRC d’appuyer le perfectionnement de personnes compétentes dans le cadre de projets a été attribuée au savoir-faire de calibre mondial bien établi du personnel de l’IRA-CNRC ainsi qu’à ses aptitudes aux relations interpersonnelles et à la communication.

Contribution à la création de nouveau savoir

Dans l’ensemble, les activités de recherche conjointe ont permis aux clients et collaborateurs d’effectuer davantage de recherche à des niveaux de maturité technologique inférieurs (NMT) qu’ils ne l’auraient fait indépendamment, puisqu’ils ont été en mesure d’accroître leurs budgets de recherche parfois limités grâce aux contributions de l’IRA-CNRC et aux fonds de recherche d’autres collaborateurs. Les projets menés conjointement avec l’IRA-CNRC ont permis aux entreprises d’effectuer des recherches qu’elle n’aurait pas autrement été en mesure d’entreprendre avec leurs seules enveloppes budgétaires de recherche ou leur ont permis de mener des projets de plus grande envergure que ceux qu’elles auraient été en mesure d’entreprendre en faisant cavalier seul. Cette mise en commun a accru la quantité de recherche de première étape qu’il sera possible d’amener à des niveaux de maturité technologique supérieurs dans l’avenir. Les entreprises disposeront de technologies sur lesquelles s’appuyer pour poursuivre l’amélioration de leurs produits. Les technologies développées de concert avec l’IRA-CNRC sont utilisées par les entreprises qui ont collaboré à des projets et sont aussi parfois cédées sous licence à des organisations tierces qui prennent en charge leur commercialisation.

Le développement de nouveau savoir n’a pas été restreint au cadre des activités de collaboration avec l’industrie. En effet, de nouvelles connaissances ont été développées dans le cadre des projets d’essai et de projets conjoints réalisés avec des ministères fédéraux. Ces projets ont permis aux autres ministères de profiter des installations et du savoir-faire de l’IRA-CNRC pour s’acquitter de leurs propres mandats. Dans les entrevues avec des fonctionnaires des ministères, un certain nombre de résultats de ce genre sont ressortis, notamment la démonstration de technologies de pointe, l’élaboration et la mise à l’essai de critères susceptibles d’amener des changements aux règles et règlements et le développement de meilleures techniques dans les sciences atmosphériques. Le Programme conjoint de recherche sur la glissance des chaussées aéronautiques l'hiver dirigé par Transports Canada constitue à cet égard un exemple. Les conclusions de ce programme ont été intégrées dans plus de 40 publications, dont un grand nombre ont été cosignés par des chercheurs du CNRC et de Transports Canada. Tout au long du projet, quatre rencontres internationales ont également été organisées afin de diffuser les résultats obtenus.

Contribution à l’entrepreneuriat

En ce qui concerne l’incidence des travaux de l’IRA-CNRC sur les entreprises de niveau inférieur, il importe de souligner que l’un des principaux objectifs de l’enquête effectuée auprès de l’industrie dans le cadre de cette évaluation consistait à comparer le rendement des clients de l’IRA-CNRC par rapport à celui des non-clients. L’intention était de déterminer si l’IRA-CNRC a véritablement contribué à la croissance et à la compétitivité des entreprises du secteur de l’aérospatiale et de mesurer les retombées des activités de l’IRA-CNRC sur le rendement des sociétés aérospatiales au Canada. L’enquête n’a toutefois pas été concluante et n’a pas démontré de différences statistiques significatives entre les clients et les non-clients. Toutefois, les données n’ont pas permis de déterminer s’il n’y a pas de différence réelle entre les groupes ou si l’absence de différence s’explique par un faible taux de réponse à l’enquête. Même si l’étude n’a pas réussi à établir une différence quantitative véritable entre le rendement des entreprises qui ont travaillé avec l’IRA-CNRC et celles qui ne l’ont pas fait, elle a néanmoins permis de recueillir une abondance de données quantitatives démontrant la capacité de l’Institut d’aider ses clients et collaborateurs à se doter d’une capacité, à créer du savoir et à gagner un avantage entrepreneurial.

Les clients de l’IRA-CNRC ont fait état de plusieurs façons dont les activités de l’IRA-CNRC ont contribué à l’obtention de ce résultat. Dans la plupart des cas, la contribution à l’entrepreneuriat a surtout découlé de l’application par le collaborateur ou l’organisation cliente du nouveau savoir et des compétences développées de concert avec l’IRA-CNRC en vue d’atteindre les résultats établis dans le cadre conceptuel. Il s’agit notamment de l’amélioration de la gestion des chaînes d’approvisionnement, de la création de nouvelle propriété intellectuelle, de la diminution des coûts de fabrication et de l’amélioration de la conception des produits et des matériaux. En fait, bon nombre des projets examinés dans le cadre des profils de retombées des projets incluaient le développement d’une propriété intellectuelle, dont une partie était conservée à l’interne de manière informelle pour l’usage des clients et une partie a fait l’objet de demande de brevet et a ensuite été cédée sous licence pour utilisation future. Ces conclusions ont été jugées conformes aux résultats de l’enquête menée auprès de l’industrie qui a révélé que la plupart des répondants estiment que les services obtenus de l’IRA-CNRC et la collaboration avec celui-ci ont permis le développement et l’amélioration de produits et de technologies.

Dans le cas des ministères fédéraux, on a demandé aux informateurs clés d’indiquer dans quelle mesure la collaboration avec l’IRA-CNRC avait contribué à l’atteinte des objectifs de leur ministère ou organisme. Ils ont été unanimes : leurs objectifs ont été atteints, ils ont en outre fourni des exemples de résultats de leur collaboration avec l’IRA-CNRC, notamment le resserrement de la sécurité dans les transports et de la sécurité nationale grâce à la mise en place de technologies plus efficientes et plus efficaces, à une meilleure compréhension des circonstances entourant les défaillances d’aéronefs et les causes à l’origine de celles-ci, et à la mise en vigueur de politiques et de règlements plus stricts s’appuyant sur une recherche de qualité supérieure.

Rendement – Retombées de l’IRA-CNRC – Retombées à long terme au Canada

En contribuant à bâtir et à maintenir les trois avantages visés par la stratégie fédérale en S-T grâce à ses travaux avec le secteur privé, les universités et les autres ministères fédéraux, les évaluateurs ont conclu que l’IRA-CNRC a contribué à la création de retombées économiques, sociales et environnementales plus larges. Toutes les retombées décrites dans la présente section ont été constatées par des études de cas axées sur les retombées, l’examen de la documentation et des entrevues avec les informateurs clés.

Voici les retombées économiques répertoriées dans le cadre de l’évaluation :

  • Capacité de conserver au Canada des emplois dans le secteur de la fabrication d’aéronefs du fait que l’existence des compétences additionnelles requises pour mettre en œuvre les méthodes de fabrication de pointe et de l’équipement spécialisé nécessaire atténue la propension à transférer les activités de fabrication du Canada à l’étranger où les coûts de main-d’œuvre sont moins élevés.
  • Capacité d’attirer des entreprises étrangères qui procèdent à des investissements directs dans le secteur aérospatial canadien grâce au soutien offert par l’IRA-CNRC.
  • Compétitivité accrue des sociétés canadiennes du secteur de l’aérospatiale grâce aux progrès accomplis dans le développement de produits et l’abaissement des coûts de fabrication.

L’équipe d’évaluation a également cerné des retombées environnementales. Voici un exemple qui illustre comment les efforts déployés par l’IRA-CNRC en ce domaine profitent aux Canadiens :

  • Les travaux de l’IRA-CNRC ont atténué les retombées environnementales de la production et de l’utilisation des aéronefs en mettant en œuvre des méthodes de fabrication plus efficientes et en permettant le développement d’aéronefs plus légers et par conséquent, plus économes en carburant.

Les retombées sociales suivantes ont également été observées :

  • Amélioration des compétences des pilotes et de la sécurité des aéronefs grâce à l’élaboration de normes d’exploitation fondées sur des faits, à l’amélioration des produits et à la recherche en continu.
  • Rendement accru des athlètes canadiens aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 grâce à l’étude détaillée de l’aérodynamique du corps humain dans les sports où la vitesse est un facteur. Au total, 19 médailles ont été remportées par des athlètes canadiens dans des sports visés par ces recherches (dont 9 médailles d’or) aux Jeux olympiques et la proportion est de 18 médailles sur 19 gagnées par des Canadiens aux Jeux paralympiques.

Rendement – Retombées de l’IRA-CNRC – Secteurs autres que l’aérospatiale

Même si l’IRA-CNRC vise d’abord et avant tout l’aérospatiale, l’Institut appuie également les efforts de plusieurs autres secteurs, notamment ceux de l’énergie durable, de l’environnement et de l’automobile. Certains éléments de preuve indiquent que le choix de l’IRA-CNRC comme collaborateur est lié aux capacités précises de ses installations uniques et des compétences et du savoir-faire spécialisés de son personnel, peu importe le secteur en cause. À titre d’exemple, le CTFA-IRA a mené un projet de recherche conjoint avec Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) dans le domaine des techniques de soudage de remplacement destinés aux chantiers maritimes, tant pour la Marine canadienne que pour la construction de navires industriels. Ce projet visait notamment le soudage d’acier faiblement allié à haute résistance mécanique, qui permet l’utilisation de sections plus minces. Les structures des navires ainsi construits s’en trouvent allégées, ce qui permet une plus grande efficacité dans la consommation de carburant et une diminution des coûts d’exploitation.

Rendement – Renforcement du système d’innovation aérospatiale

Retombées de l’installation de partenariat industriel

Un des principaux outils utilisés par l’IRA-CNRC pour appuyer le système d’innovation est son installation de partenariat industriel (IPI) qui est en mesure d’accueillir des clients et collaborateurs dans les locaux du CTFA-IRA à Montréal. L’évaluation démontre que les locaux de l’IPI mis à la disposition du CTFA-IRA ont été surtout occupés par des organisations sans but lucratif et d’autres organisations publiques. Il a  également été conclu que seulement une entreprise effectuait de la recherche sur place et que la proximité géographique avec l’équipe de recherche du laboratoire n’avait pas eu d’avantage précis pour ce client lorsqu’on compare la situation avec des projets similaires menés avec d’autres collaborateurs. Dans ce contexte, il faut reconnaître que les retombées de l’IPI de Montréal comme mécanisme clé pour appuyer la croissance des entreprises de la région ont été limitées.

Retombées sur les universités

Un des moyens par lequel l’IRA-CNRC contribue au renforcement des connaissances, des compétences et des capacités du secteur canadien de l’aérospatiale est de former des étudiants provenant d’universités canadiennes et étrangères. L’IRA-CNRC accueille également des chercheurs invités qui, pour la plupart, sont des étudiants postdoctoraux et, dans une moindre mesure, des chercheurs de l’industrie et de l’administration publique. De 2005-2006 à 2009-2010, l’IRA-CNRC a ainsi accueilli un total de 878 étudiants et chercheurs invités. D’autres moyens ont également contribué à la formation de personnel hautement qualifié (PHQ). Par exemple, l’Institut participe à la formation de la future main-d’œuvre du secteur de l’aérospatiale en contribuant à l’enseignement dans plusieurs universités du pays. De 2004 à 2008, en moyenne, 22 chercheurs de l’IRA-CNRC par année avaient le statut de professeur auxiliaire dans une université canadienne.

Toutes les personnes interrogées à qui on a demandé de formuler des commentaires sur la qualité de la supervision offerte par le personnel de l’IRA-CNRC aux étudiants ont reconnu la qualité supérieure de la surveillance exercée par les chercheurs de l’IRA-CNRC et leur engagement envers la réussite de ces étudiants. La capacité de travailler dans un environnement qui préconise la collaboration entre l’industrie et l’administration publique a également été désignée comme une compétence importante acquise par les étudiants qui participent à des projets dans le cadre de leur stage à l’IRA-CNRC.

L’IRA-CNRC profite en outre du passage de ces étudiants et de ces chercheurs invités qui augmentent la capacité de l’Institut au chapitre des ressources humaines. En fait, ce recours à des étudiants est utilisé par certains laboratoires comme une stratégie pour réduire les coûts des projets de recherche extérieure ou pour augmenter la capacité de recherche interne.

Retombées sur le système d’innovation du Canada

L’IRA-CNRC participe de manière importante à la grande majorité des principales initiatives, des comités et des programmes des milieux canadiens et internationaux de l’aérospatiale. L’IRA-CNRC partage ses connaissances uniques et étendues du génie aérospatial avec l’ensemble des principaux acteurs de l’industrie canadienne de l’aérospatiale. La participation de l’Institut à ce genre d’activités procure à l’industrie un aperçu de l’orientation stratégique et technologique du marché mondial de l’aérospatiale, ce qui permet aux entreprises de prendre des décisions d’investissement plus éclairées.

Rendement – Mécanismes qui appuient l’efficacité et l’économie

L’IRA-CNRC a mis en place différents mécanismes de planification, de gestion du risque et de prise des décisions qui sont appliqués par les équipes de projet, les groupes, les laboratoires et par l’Institut comme tel. L’Institut s’est également doté de certains plans de gestion du risque et du cycle de vie de ses grandes installations. En outre, l’IRA-CNRC a déployé au cours de la dernière année de nombreux efforts pour que plusieurs de ses laboratoires obtiennent une homologation de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). À la suite de ces efforts, quatre des cinq laboratoires de l’Institut détiennent désormais l’homologation ISO 9001: 2008, qui exige des laboratoires en question qu’ils se conforment à certaines exigences sur le plan des méthodes de travail, ce qui a des retombées favorables sur la qualité des services offerts à leurs clients.

Même si les informateurs clés ont indiqué que la planification des projets et des installations souffrait de quelques lacunes, on s’attend à ce que ce problème soit réglé par la mise en œuvre de la Politique de planification des investissements du SCT à l’ensemble du CNRC. Du point de vue de l’IRA-CNRC, cela entraînera un processus de planification et de surveillance des investissements dans les projets et les infrastructures plus systématique ainsi qu’un transfert du processus décisionnel à la haute direction.

Les évaluateurs ont estimé qu’il sera important pour le CNRC de surveiller la mise en œuvre de ce nouveau processus de planification dans les instituts qui, comme l’IRA-CNRC, compte tenu de l’intensité du service à la clientèle offert et de leur dépendance aux recettes et revenus provenant de l’extérieur, courent le risque de ne pas être en mesure de saisir rapidement les nouvelles possibilités qui se présentent et de procéder à des réparations d’urgence. Dans le dernier cas, les informateurs clés à l’interne ont souligné que les changements apportés à la gestion des recettes du CNRC ont eu un effet sur la capacité de l’Institut de prendre des décisions, particulièrement des décisions d’entretien et de maintenance de l’équipement. Dans un contexte où les instituts ont une possibilité limitée de reporter leurs recettes, une stratégie d’atténuation des risques de rechange sera nécessaire afin de leur permettre de gérer leurs besoins émergents et de procéder aux réparations d’urgence des installations et de l’équipement. Dans le cas de l’IRA-CNRC, les évaluateurs ont observé pendant leurs visites des locaux que de telles inefficacités avaient déjà commencé à se présenter puisque l’entretien de certaines pièces d’équipement avait dû être reporté (p. ex., l’échangeur de chaleur de la soufflerie de 9 m, la remise à neuf du système Bell 205, le remplacement des radios VHF). Les informateurs clés à l’interne ont fait valoir que le report de ces dépenses risque d’entraîner des coûts plus élevés que les coûts normalement attribuables à un régime d’entretien continu. Ils ont donné comme exemple la défaillance mécanique de la soufflerie de 9 m en 2007. La réparation d’urgence a alors coûté une somme estimée au double de l’argent qu’il aurait fallu investir pour mettre en place un programme de maintenance continu, si l’on prend en compte la perte des revenus générés résultant du temps d’indisponibilité plus long et le coût des réparations (incluant pièces et main-d’œuvre).

Rendement – Preuve d’efficience et d’économie

En ce qui concerne la qualité des services offerts par l’Institut, les évaluateurs en sont venus à la conclusion que 83 % des clients se sont déclarés satisfaits de la qualité globale des services. Parmi les possibilités d’amélioration, mentionnons la prestation des services dans les délais prévus et la disponibilité du personnel. Les résultats du Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux (SAFF) et les entrevues avec les employés ont mis en évidence quelques-uns des principaux obstacles pouvant expliquer les délais dans la prestation des services : les nombreux processus d’approbation nécessaires et l’augmentation de la charge de travail combinés à la diminution des ressources nécessaires pour accomplir ce même travail.

L’évaluation a également porté sur le ratio des budgets de recherche aux budgets administratifs afin de mesurer l’efficience de l’Institut. Au cours des cinq dernières années, les dépenses de fonctionnement de l’IRA-CNRC, en proportion de ses dépenses totales, sont passées de près de 40 % à tout juste 25 %. Au cours de cette même période, la proportion des dépenses de fonctionnement payées au moyen des recettes et autres revenus a été relativement stable à environ 80 %. C’est donc dire que les activités de l’Institut ont été surtout financées par les revenus et recettes, et que l’Institut a été en mesure d’accroître son efficience opérationnelle au cours de la période visée par l’évaluation. De plus, selon une analyse comparative effectuée en 2010 par le Soutien central aux affaires du CNRC, l’IRA-CNRC s’est classé avantageusement par rapport aux autres laboratoires de recherche aérospatiale nationaux en ce qui concerne les indicateurs liés à l’efficience (lorsque des données sur cette question étaient disponibles). Selon cette étude, l’IRA-CNRC avait le deuxième pourcentage le plus élevé d’employés non administratifs (90 %).

L’évaluation a mis en évidence certaines anomalies dans les pratiques administratives et les processus d’approbation dans les différents laboratoires de l’IRA-CNRC. Selon les informateurs clés, ces anomalies ont entraîné des pertes d’efficacité qui découleraient d’une utilisation limitée ou inefficace des outils existants (p. ex. SIGMA, RDIMS) et d’une mauvaise compréhension ou application des méthodes établies, lacunes qui peuvent être imputées au soutien administratif réduit.

Finalement, certaines données suggèrent également que le fardeau administratif lié à la gestion d’un projet de recherche est plus important dans le cas des initiatives horizontales, surtout lorsqu’un client de l’extérieur est en cause et que le projet génère des recettes. Selon une des personnes interrogées, ce facteur est susceptible de décourager les chercheurs de prendre part à une collaboration de ce genre. Du même souffle, les informateurs clés ont souligné que les instituts appliquent différents processus internes et critères de projet, notamment en ce qui a trait aux frais facturés aux clients. Étant donné que l’IRA-CNRC facture souvent davantage aux clients que les autres instituts, cela nuit parfois à sa capacité de s’intégrer à des projets en cours dans lesquels un autre institut du CNRC a investi une quantité importante de ressources.

Conclusion

Dans l’ensemble, les conclusions de l’évaluation de la pertinence et du rendement de l’IRA-CNRC confirment que cet institut offre aux contribuables canadiens une excellente valeur en retour de l’argent investi. Toutefois, l’évaluation révèle un certain nombre de risques (p. ex., marge de manœuvre réduite, charge de travail accrue, coût de la stratégie d’attraction des PME et perte de revenus causée par des bris de pièces d’équipement importantes), ce qui peut compromettre la capacité de l’Institut de maintenir le même niveau de rendement à l’avenir. Ces risques créent des tensions entre les trois piliers qui soutiennent la capacité de l’IRA-CNRC de créer de la valeur et des retombées : son mandat et sa stratégie, ses compétences, et sa capacité de générer des recettes et des revenus. Le succès de l’IRA-CNRC dépend de la capacité de la direction de maintenir un équilibre approprié entre ces trois piliers, celui de la stratégie et du mandat représentant la priorité fondamentale de l’Institut. Toutefois, selon des experts de l’extérieur et des informateurs clés, l’IRA-CNRC a atteint un point critique en ce qui concerne sa capacité de gérer et d’atténuer les nombreux risques auxquels l’Institut se heurte actuellement.

Au fil des dernières années, l’IRA-CNRC a accru ses compétences (ressources humaines, connaissances et infrastructure) afin de répondre aux besoins croissants des milieux canadiens de l’aérospatiale. Cette expansion des compétences est rendue possible grâce aux investissements effectués et aux recettes et revenus générés qui constituent d’importants indicateurs de sa pertinence. Cependant, elle a aussi eu pour effet d’enlever à l’Institut un peu de sa souplesse et de sa capacité d’adaptation et le rend plus vulnérable aux risques et aux impondérables.

Recommandations

Le CNRC est actuellement au cœur d’un exercice d’élaboration de sa nouvelle stratégie qui vise à créer une organisation viable capable de jouer un rôle stratégique clair au sein de l’écosystème d’innovation du Canada. Le CNRC entend démontrer les retombées de ses activités sur la prospérité nationale et les accroître grâce à la mise en œuvre de cette stratégie qui accorde une grande importance au processus visant à combler l’écart qui existe actuellement entre l’innovation et la commercialisation. Compte tenu de la pertinence de l’IRA-CNRC et de son rendement, que démontrent la présente étude et les études antérieures, l’Institut est particulièrement bien placé pour appuyer les objectifs du CNRC en tant qu’outil stratégique clé et en tant que modèle de gestion des relations avec la clientèle et de production de recettes et de revenus, deux éléments cruciaux pour assurer la pérennité du CNRC.

Les recommandations ci-dessous, qui sont fondées sur les conclusions présentées dans le présent rapport, visent à mieux placer l’IRA-CNRC dans le contexte de la prochaine stratégie du CNRC et le prochain processus de planification de l’Institut :

Recommandation 1 : Le CNRC devrait se doter d’un programme de recherche clair dans le secteur de l’aérospatiale afin de mieux encadrer le développement continu de compétences et leur application dans la poursuite des résultats escomptés du CNRC.

Réponse de la direction et plan d’action : La recommandation est acceptée. Le CNRC mettra au point un programme de recherche en aérospatiale conforme à la stratégie du CNRC en cours d’élaboration. Ce programme sera décrit en détail dans un rapport complet et sur le plan fonctionnel, se traduira par des plans d’action annuels dans le domaine de l’aérospatiale. Le programme est actuellement établi en fonction des besoins de l’industrie, tels qu’ils sont définis dans le processus d’élaboration de cartes routières technologiques, ou dans le cadre de projets menés conjointement ou d’autres projets. Le CNRC diffusera le programme de recherche à l’intention des intervenants dans un rapport complet.

Recommandation 2a): Le CNRC devrait revoir de manière critique les principaux éléments du plan stratégique actuel de l’IRA-CNRC pour la période de 2006 à 2010 dans le contexte de la nouvelle stratégie du CNRC, confirmer qu’ils sont conformes aux résultats escomptés des programmes du CNRC et répertorier les facteurs de succès fondamentaux qui doivent être présents pour obtenir ces résultats.

Réponse de la direction et plan d’action : La recommandation est acceptée. Dans le cadre du processus de planification, l’IRA-CNRC examinera tous les éléments de son programme en aérospatiale afin d’assurer l’optimisation de sa série de compétences et son harmonisation avec les objectifs stratégiques définis dans la nouvelle stratégie du CNRC.

Recommandation 2b) : L’IRA-CNRC devrait revoir le rôle qu’il joue dans les activités du Centre de dépouillement des enregistreurs de vol (Laboratoire de recherche en vol) et formuler des recommandations au CNRC sur l’avenir de ce programme dans le contexte de la nouvelle stratégie du CNRC.

Réponse de la direction et plan d’action : La recommandation est acceptée. Le CNRC reconnaît que le travail de ce groupe est, parmi toutes ses autres activités dans le secteur de l’aérospatiale, celui qui est le moins conforme à la stratégie malgré les importants revenus générés par les activités de ce groupe. Certains clients de l’administration publique et de l’industrie dépendaient de ce service dans le passé. Un processus de réorientation des activités du groupe a déjà été mis en œuvre afin d’associer à ses activités lucratives un programme de recherche viable. Ce processus est continu et montre déjà des promesses intéressantes.

Recommandation 3 : L’IRA-CNRC devrait procéder à une évaluation détaillée des risques auxquels il est exposé afin d’élaborer des stratégies d’atténuation des facteurs de risque internes et extérieurs les plus susceptibles de nuire à l’atteinte des résultats escomptés par l’Institut. Selon l’évaluation, l’augmentation des coûts de maintenance et de réparation de l’équipement et des installations qui découlerait des retards de maintenance accumulés figure parmi les risques potentiels

Réponse de la direction et plan d’action : La recommandation est acceptée. Le CNRC donnera suite à cette recommandation dans le cadre de l’exercice de planification stratégique à venir qui insistera davantage sur la gestion des risques. Certains facteurs de risque ont déjà été atténués par la mise en œuvre de la stratégie 2006-2010 de l’IRA-CNRC, mais il ne s’agissait pas d’une évaluation formelle des risques.

Recommandation 4a) : L’IRA-CNRC devrait se doter d’une stratégie de surveillance, de mesure et de production de rapports qui permettra d’établir si les résultats escomptés ont été obtenus. Cette stratégie devrait inclure l’élaboration de moyens valides et fiables pour répondre à ces exigences.

Réponse de la direction et plan d’action : La recommandation est acceptée. L’IRA-CNRC a déjà lancé un projet visant à mettre sur pied une nouvelle « base de données sur les contrats » qui permettra de produire des rapports fiables conformément à la recommandation ci-dessus. La surveillance des données de rendement fera partie de ce système.

Recommandation 4b) : Le CNRC devrait envisager l’ajout, dans ses futurs contrats, d’une clause sur la collecte et la communication des données d’évaluation et de rendement. L’équipe de l’évaluation s’est en effet heurtée à des difficultés importantes au moment de recueillir des données de rendement et des données sur les retombées des activités de l’IRA-CNRC à cause des accords de non-divulgation et de confidentialité l’empêchant d’accéder à l’information sur les clients et collaborateurs de l’Institut. Ces clauses peuvent nuire à la collecte, après coup, de données de rendement et de données sur les retombées des activités de l’IRA-CNRC. Il est recommandé que les Services juridiques soient consultés à ce sujet.

Réponse de la direction et plan d’action : La recommandation est acceptée. Cette recommandation met en cause plusieurs intervenants, notamment la Direction de la stratégie et du développement du CNRC (DSD-CNRC), les Services juridiques, le Soutien central aux affaires (SCA) et l’Institut comme tel. Le vice-président, Génie, étudiera avec tous les intervenants en cause les options possibles afin d’en venir à une conclusion sur l’ajout d’une clause de ce genre.

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