ARCHIVÉ - Évaluation du portefeuille d'initiatives de développement de grappes technologiques du CNRC

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Résumé 

Le présent rapport fait état des conclusions de l'évaluation des initiatives de développement de grappes technologiques (IDGT) du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Les IDGT constituent la contribution du CNRC au développement et à la croissance de grappes technologiques au Canada. Lancées dans onze collectivités canadiennes, les IDGT du CNRC « intègrent les ressources de l'industrie, du gouvernement et des universités grâce à des partenariats d'un nouveau genre qui procurent aux entreprises canadiennes les avantages technologique et entrepreneurial dont elles ont besoin pour innover et surpasser leurs concurrents sur le marché mondial. »

Cette évaluation a été menée afin de fournir des données susceptibles d'appuyer le renouvellement du financement des IDGT en 2009-2010. Elle a été dirigée par l'équipe d'évaluation du CNRC faisant partie du groupe de Planification et gestion du rendement, et a été effectuée avec l'aide d'évaluateurs du secteur privé lorsque nécessaire. L'équipe d'évaluation a aussi obtenu l'appui de chercheurs universitaires dans l'examen de la documentation effectuée dans le cadre de l'évaluation.

Les questions auxquelles devait répondre l'évaluation ont été sélectionnées conformément à la Politique d'évaluation du Secrétariat du Conseil du Trésor (2009) et au Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats préparé pour les initiatives de développement de grappes technologiques. Parmi les questions à évaluer, mentionnons la pertinence des IDGT, leur efficacité, leur rendement et leur effet de levier (efficience et rentabilité).

Portée de l'évaluation

L'évaluation se concentre sur l'examen de la pertinence des initiatives et du rendement obtenu au moyen des ressources engagées par le CNRC de 2000-2001 à 2007-2008 (première vague), de 2002-2003 à 2007-2008 (deuxième vague) et de 2003-2004 à 2007-2008 (troisième vague). Cette manière de procéder s'est imposée puisque l'évaluation a débuté à la fin de 2008-2009 pour se conclure au début de 2009-2010.

Méthodes d'évaluation

En accord avec les pratiques courantes dans le domaine de l'évaluation de programmes, le devis de recherche comportait de multiples sources de données. Les méthodes suivantes ont été utilisées pour répondre aux questions de l'évaluation :

  • examen des données administratives et des données de rendement;
  • examen de la documentation et recensement des écrits;
  • groupes de discussion organisés dans les collectivités où sont installées les grappes (n=11);
  • groupes de discussion avec des employés à l'interne (n=11);
  • analyse de l'effet de levier des initiatives de développement de grappes;
  • études de cas (n=6);
  • entrevues ciblées (n=52).

Résumé des conclusions de l'évaluation

Les pages qui suivent résument les principales conclusions découlant de l'évaluation.

Pertinence

Le rôle du gouvernement fédéral dans le cadre des grappes technologiques est conforme à ce qui se fait dans d'autres pays de l'OCDE. En effet, bien des pays, y compris des membres du G8 et des pays asiatiques, ont mis en place des politiques nationales de développement de grappes technologiques. Selon les cas, diverses approches ont été privilégiées afin de stimuler l'économie de régions ayant pris du retard, renforcer l'économie de régions déjà très dynamiques ou diversifier l'économie de vieilles régions industrielles grâce à la haute technologie. Presque toutes ces démarches supposent une forme ou une autre de partenariat entre les universités et les laboratoires publics de R‑D, ce qui confirme la pertinence du rôle particulier du CNRC dans le développement de grappes technologiques.

Les onze initiatives de développement de grappes technologiques correspondent toutes à l'une ou l'autre des quatre priorités définies dans la description de « l'avantage du savoir » visé par la stratégie fédérale en science et en technologie (2007). Par ailleurs, les technologies au centre des IDGT correspondent aussi à un certain nombre de priorités secondaires définies par le Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation (CSTI). Dans plusieurs cas, les IDGT correspondent également aux stratégies et aux investissements municipaux ou provinciaux comme dans le cas des nanotechnologies, des sciences nutritionnelles et la santé et des technologies de piles à combustible et de l'hydrogène).

L'évaluation a permis de conclure que la plupart des domaines technologiques au cœur des IDGT correspondent aux besoins des intervenants et à la vision qu'elles ont pour leur région. Ces domaines correspondent aussi souvent à ceux où d'autres pays industrialisés ont choisi d'investir afin de favoriser le développement de nouvelles technologies (nanotechnologie et photonique, par exemple). L'évaluation a aussi permis d'identifier un certain nombre d'initiatives où une révision éventuelle de leur orientation technologique semble justifiée. Il s'agit de l'initiative dans le domaine des technologies de piles à combustible et de l'hydrogène, à celle des sciences de la vie et à celle sur les plantes pour la santé et le mieux-être.

Efficacité de l'administration et de la gouvernance du programme

Les conséquences du choix d'un cycle de financement quinquennal pour des activités qui sont intrinsèquement d'une durée prolongée, c'est-à-dire le développement de grappes technologiques ou de grappes d'entreprises axées sur le savoir dans une région donnée, ont été un des thèmes le plus souvent soulevés par les participants à l'évaluation. Tant les intervenants de l'interne que celles de l'extérieur perçoivent ce cycle de financement et les exigences qui en découlent (notamment, la production à répétition de rapports sur le rendement, d'évaluations, de mémoires au Cabinet, etc.) comme un obstacle nuisant à l'optimisation des résultats liés aux investissements. De plus, le financement à court terme des IDGT sur une période de cinq ans nuit au recrutement et la rétention du personnel hautement qualifié en plus d'accroître les risques liés à l'entretien courant des infrastructures nouvellement construites à l'aide de fonds obtenus dans le cadre du programme.

L'évaluation a aussi conclu que l'intégration des activités prévues dans le cadre des IDGT aux activités existantes des instituts soulève certaines difficultés en ce qui a trait à la livraison du programme, surtout dans les cas où le domaine technologique visé par une IDGT et celui visé par l'institut sont identiques. Dans ces cas, il a été plus difficile d'élaborer des rapports distincts pour les activités, les investissements et les résultats de l'IDGT et ceux de l'institut.

Efficacité et rendement des mécanismes d'appui aux grappes

De manière générale, les intervenants clés consultés aux fins de l'évaluation ont exprimé le sentiment qu'il y a eu un changement positif dans la portée des services de soutien offerts aux entreprises depuis le début du financement des IDGT et elles attribuent en partie ce changement au CNRC. Le rôle joué par le PARI‑CNRC dans le financement d'organisations de soutien a été désigné comme un facteur contribuant de manière importante au développement des grappes. Ces organisations s'efforcent d'accroître la capacité d'innovation d'entreprises ou d'une région, offrant des programmes de mentorat, de planification commerciale, de planification régionale (établissement d'une carte routière technologique et élaboration d'une stratégie) et de réseautage (organisation de conférences ou d'activités de réseautage, y compris des missions à l'étranger).

Les activités de l'ICIST-CNRC au sein des IDGT ont évolué et pris différentes formes au fil des ans et elles sont très appréciées des intervenants. Même s'il n'a reçu aucun financement direct au cours des deuxième et troisième vagues d'IDGT, l'ICIST-CNRC a été en mesure d'offrir des services d'information et des services d'intelligence technique concurrentielle (ITC) à neuf des onze initiatives. Les services de ITC ont notamment été offerts en vertu d'accords conclus avec le PARI-CNRC et visaient à combler les besoins des conseillers en technologie industrielle (CTI) et de leurs entreprises clientes en ce domaine. Dans certains cas, les coûts des services de ITC sont assumés au moyen des crédits accordés aux instituts dans le cadre des IDGT. La complexité de ces arrangements, jumelée aux résultats de l'Examen stratégique du CNRC qui a eu lieu récemment, soulève des questions quant à la manière dont le CNRC pourra offrir ces services à l'avenir.

Les installations de partenariat industriel (IPI) sont l'un des moyens par lesquels le CNRC contribue au développement d'entreprises. Elles sont conçues pour favoriser les interactions entre le personnel des entreprises et les employés du CNRC et servent également à plusieurs autres fins. Elles fournissent à leurs locataires un accès à l'équipement et aux compétences du CNRC, à son infrastructure informatique, à ses salles de réunion et, dans certains cas, à des services commerciaux. Sept des nouvelles IPI ont été construites au moyen des crédits accordés aux IDGT. Voici quels sont, de l'avis des locataires, les principaux points forts des IPI : l'image de marque du CNRC rejaillit sur les entreprises des grappes rehaussant leur crédibilité, les locataires ont accès à de l'équipement spécialisé qui n'existe pas ailleurs et les entreprises bénéficient du transfert des connaissances ou des technologies du CNRC. L'évaluation a aussi mené au constat que les programmes offerts par les IPI dans le cadre des IDGT varient considérablement et que les IPI n'accueillent pas uniquement des entreprises qui travaillent dans des domaines liés à celui des grappes technologiques.

Efficacité et rendement du développement d'infrastructures spécialisées

Les installations et l'équipement mis à la disposition des intervenants constituent l'une des contributions les plus significatives des IDGT au développement des grappes. Dans le cadre de six IDGT, de nouvelles installations du CNRC ont été construites ou des installations existantes ont été agrandies, pour un total de plus de 425 000 pieds carrés de locaux neufs dans les régions accueillant une grappe. La location de locaux constitue aussi un des moyens importants par lequel le CNRC assure sa présence un peu partout au pays. Il s'est ainsi installé dans six nouvelles régions. Globalement, toutes ces installations sont perçues comme une contribution positive au développement de grappes technologiques et dans de nombreux cas, elles soulignent le rôle unique joué par le CNRC dans les régions choisies pour accueillir une grappe. Les installations du CNRC sont souvent considérées comme le point d'ancrage des grappes technologiques dans les régions en question et elles y marquent la présence fédérale. L'utilisation, dans certains cas, des crédits réservés aux grappes technologiques afin d'assurer l'entretien courant de ces nouveaux immeubles, a été identifié par l'évaluation comme problématique compte tenu des risques supplémentaires que cette pratique pose à l'organisation.

Efficacité et rendement liés au développement de personnel hautement qualifié

L'évaluation a établi que les IDGT appuient le développement de personnel hautement qualifié (PHQ), car elles facilitent le recrutement et le maintien de personnes hautement qualifiées dans les régions accueillant une grappe et parce que les employés du CNRC contribuent à la formation du personnel d'autres organisations. Les crédits des IDGT sont dans plusieurs cas utilisés pour recruter des chercheurs, des techniciens, des étudiants et d'autres personnes dans le cadre de projets liés aux activités des grappes. Au total, 490 personnes ont été ainsi embauchées par le CNRC de 2001-2002 à 2007-2008, et occupent en proportions à peu près égales des postes permanents et des postes temporaires pour cette période. En 2007-2008, les postes financés au moyen des crédits accordés aux IDGT représentaient environ 7,5 % de tous les postes détenus au CNRC.

Les initiatives contribuent aussi de manière importante à la formation des étudiants dans les régions accueillant une grappe. Au total, 235 étudiants ont bénéficié de subventions directes de l'une ou l'autre des IDGT afin de mener des recherches au CNRC à différents titres (emplois d'été, thèses de maîtrise ou de doctorat, etc.). Ce chiffre constitue une estimation prudente, car de nombreux étudiants reçoivent des subventions d'autres organisations pour poursuivre dans les laboratoires du CNRC les recherches liées à leur thèse ou reçoivent des fonds venant du budget principal des instituts. En ouvrant ainsi les portes de ses laboratoires à des étudiants et en leur permettant de bénéficier de son savoir-faire, le CNRC leur permet d'acquérir une précieuse expérience au sein d'équipes de recherche multidisciplinaires, ce qui facilite ensuite leur transition au sein de l'industrie à la fin de leurs études. En plus de favoriser le transfert de connaissances par l'implication de PHQ aux projets du CNRC, les chercheurs du CNRC sont aussi fortement impliqués dans leur communauté respective par leur participation à la formation de la prochaine génération de scientifiques grâce aux nominations croisées qu'ils obtiennent dans les universités locales où ils assument des fonctions d'enseignement et où ils siègent au sein de jury de thèse.

Finalement, les IDGT attirent des PHQ par l'entremise du programme de chercheurs invités qui donne aux instituts la possibilité d'accueillir des scientifiques pendant une période préétablie. Les chercheurs invités peuvent être des universitaires ou des chercheurs de l'industrie en congé sabbatique, des collaborateurs de l'industrie embauchés en vertu d'un accord de collaboration, des employés du CNRC à la retraite ou des étudiants. En 2007-2008, le CNRC avait ainsi accueilli 404 chercheurs dans le cadre des IDGT. Au moment d'étudier les retombées des crédits accordés aux IDGT, il est particulièrement important de tenir compte des chercheurs invités, car ceux-ci accroissent la capacité de recherche du CNRC dans les régions où il y a des grappes.

Efficacité et rendement dans le développement de savoir de pointe

Même si, à cause de la très grande diversité des disciplines scientifiques visées par les IDGT, l'évaluation n'a pas porté sur l'excellence scientifique comme telle, certains résultats confirmant le caractère novateur des activités scientifiques menées dans le cadre des initiatives ont néanmoins été observés suite aux consultations avec les intervenants ainsi que par d'autres méthodes d'évaluation. Dans l'ensemble, les crédits accordés au titre des IDGT ont permis au CNRC de lancer de nouvelles initiatives dans des disciplines d'avant-garde comme la photonique et les nanotechnologies et sont venus appuyer les recherches de pointe menées dans des champs d'expertise existants du CNRC comme la biotechnologie des plantes, les technologies océaniques et le biodiagnostic. Dans un bon nombre de ces cas, les recherches du CNRC ont été jugées complémentaires à celles des autres partenaires de la grappe et conformes à leurs priorités.

La conclusion d'accords de collaboration avec des partenaires comme des universités, des entreprises et d'autres organismes publics est l'un des moyens par lesquels le CNRC génère du savoir de pointe au sein des grappes. Au total, les IDGT ont déclaré la signature de 151 accords de collaboration au cours de la période couverte par l'évaluation. En dépit du fait que les IDGT indiquent avoir mené des activités en collaboration avec le secteur privé, un des principaux obstacles éventuels au succès des initiatives identifié par les intervenants est l'absence d'une capacité d'absorption des résultats découlant des recherches de pointe. Davantage d'efforts seront nécessaire afin d'arrimer les activités de recherche effectués par de nombreux instituts servant de point d'ancrage à une grappe aux besoins de l'industrie locale.

Efficacité et rendement dans le développement d'entreprises novatrices

Le niveau de contribution des IDGT au développement d'entreprises et d'industries novatrices a été fortement influencé par le stade de développement de la grappe dans son ensemble. Comme un certain nombre de grappes en sont encore simplement au stade de l'émergence ou du développement, les attentes concernant les entreprises devraient demeurer réalistes. De plus, les initiatives ont été lancées dans des régions différentes à maints égards : taille, bases économiques et infrastructures. Dans de nombreux cas, le développement des entreprises tend à survenir uniquement lorsque les résultats et les retombées décrits précédemment se sont concrétisés, du moins en partie. Toutefois, une aide directe et prolongée est offerte aux entreprises sous la forme de recherches conjointes avec le CNRC, de services offerts par les instituts du CNRC et de l'accès à leur équipement qu'ils donnent aux entreprises ainsi que grâce au soutien aux activités de R-D offert par le PARI-CNRC.

Malgré les efforts du CNRC, il subsiste un certain nombre de difficultés nuisant au développement durable des entreprises appartenant aux grappes : capitaux d'investissement insuffisants, absence de locaux d'incubation et coûts élevés de la technologie.

Efficacité et rendement dans le développement de réseaux et d'alliances

Le développement de réseaux et d'alliances entre les organisations est au cœur du succès des grappes. De manière générale, l'évaluation indique que tout au long de la période de financement des IDGT les relations entre les différents acteurs des grappes se sont multipliées, ou, du moins, se sont maintenues. La nature de ces relations ainsi que les formes qu'elles peuvent prendre dans le processus de développement des grappes varient d'une initiative à l'autre. L'évaluation a permis d'en venir à la conclusion que toutes les IDGT participent de quelque manière à des activités de réseautage qui tendent à faciliter l'établissement de relations entre les organisations. La plupart des initiatives collaborent également avec des partenaires clés, entreprenant conjointement des projets ou d'autres activités visant des objectifs précis et des tâches distinctes. Les participants à certaines initiatives ont réussi à aller au-delà de ces simples relations par l'établissement d'un système de communication formel ainsi que par la mise en commun de ressources pour régler des problèmes communs. Finalement, quelques initiatives commencent à porter leur regard au-delà de leur région d'origine et participent à des activités de « jumelage de grappes » qui ont pour objet de faciliter le développement de relations entre des grappes qui, bien que situées sur des territoires différents, partagent un intérêt commun pour certaines technologies.

Effet de levier et utilisation efficace des ressources

Afin de déterminer si les ressources consacrées aux IDGT sont utilisées efficacement, l'évaluation a cherché à établir dans quelle mesure des investissements parallèles supplémentaires ont été effectués à l'appui des initiatives que ce soit sous forme tangible (c'est-à-dire financière) ou intangible (sociale).  Plus spécifiquement, l'évaluation a tenté de déterminer dans quelle mesure les investissements du CNRC ont eu un « effet de levier », soit dans quelle mesure ils ont incité d'autres intervenants comme d'autres administrations publiques, la communauté universitaire et le secteur privé, à investir dans les grappes.

De manière générale, les données disponibles suggèrent que de 2000-2001 à 2007-2008, les investissements régionaux directs du CNRC dans les IDGT, qui totalisent 342 M$, ont mobilisé des investissements additionnels de 330 M$ au cours de la même période. Par conséquent, pour chaque dollar dépensé dans les IDGT, une somme presque équivalente a été investie par d'autres acteurs de la grappe à une multitude de fins allant des infrastructures aux activités de R-D comme telles.

La conclusion la plus probante est que dans tous les cas, les investissements du CNRC dans le développement de grappes technologiques ont entraîné des investissements d'autres provenances à l'appui du développement des technologies choisies. Les investissements dans la grappe en nanotechnologie d'Edmonton sont ceux dont l'effet de levier a été le plus marquant, ayant attiré les investissements les plus importants de la part des partenaires de la grappe. L'IDGT qui a mobilisé le moins de capitaux provenant de l'extérieur du CNRC est celle sur les sciences de la vie, qui a mobilisé environ 6 M$ par rapport à un investissement initial de 32 M$.

Des investissements considérables ont été effectués par les administrations provinciales dans le cadre de six des initiatives et d'autres de moindre importance ont été effectués par celles-ci dans un certain nombre d'autres initiatives. D'autres organismes fédéraux ont aussi fortement contribué aux IDGT, notamment au Saguenay où 25 M$ ont été investis dans la construction du nouveau Centre des technologies de l'aluminium.

Même si l'évaluation n'avait pas pour objectif d'analyser tous les investissements en R-D des entreprises appartenant aux grappes, il fut néanmoins possible de calculer la contribution en argent et en nature effectuée par les entreprises dans les projets auxquels le CNRC a participé. En moyenne, 20% (50 M$) des capitaux investis par des intervenants autres que le CNRC sont venus du secteur privé. L'IDGT dans le secteur des technologies de transformation de l'aluminium est celle qui a mobilisé le plus de capitaux privés (16 M$). La grappe des technologies de piles à combustible et de l'hydrogène a également généré une forte proportion d'activités de R-D financées par des entreprises privées, ce qui s'explique par le stade de développement avancé de cette grappe.

Une analyse globale de tous les projets de recherche menés de concert avec les instituts mène au constat qu'en moyenne, pour chaque dollar investi par le CNRC, ses collaborateurs ont investi 4,40 $. On estime par ailleurs que les investissements effectués dans le cadre du PARI-CNRC ont un effet de levier qui s'est traduit à ce jour par des investissements privés au moins huit fois supérieurs à la contribution du CNRC.

Les investissements du CNRC dans les grappes technologiques à travers le Canada sont étroitement liés non seulement à ses activités régulières, financées par son budget de services votés, mais également aux investissements effectués par d'autres paliers de l'administration publique ainsi que par les universités, les ONG et les municipalités. Il est vraisemblable que la proportion des contributions du secteur privé à des activités à effet de levier augmentera au fur et à mesure que les interactions entre les entreprises et le CNRC se développent et se poursuivent. Parallèlement à ce processus, il est aussi attendu que l'aide financière de l'État en support au développement d'infrastructures diminue.

Conclusion et recommandations

L'évaluation confirme la nécessité pour le CNRC de poursuivre ses activités de développement de grappes technologiques. Sans exception, toutes les personnes de la collectivité qui ont participé à l'évaluation ont exprimé le désir que se poursuivent les investissements. Toutefois, compte tenu de la complexité du processus de développement des grappes technologiques et des investissements nécessaires pour le financer, les IDGT ont besoin de l'appui constant, ciblé et prolongé de multiples acteurs. À moins d'être disposé à s'engager pour 15 à 20 ans et à investir une quantité raisonnable de ressources, il ne sera pas possible de générer de croissance. Les résultats de la présente évaluation ont  montré que les investissements du CNRC dans les IDGT ont contribué à une répartition plus égale des capacités de recherche et des possibilités d'innovation partout au Canada. La diversité des domaines de recherche ciblés, l'étendue de la gamme d'activités appuyées et la taille des collectivités accueillant les IDGT démontrent que les stratégies et initiatives de développement de grappes technologiques peuvent s'appliquer dans un large éventail de situations.

Le rôle du CNRC au niveau du développement de grappes régionales s'est surtout concentré sur les infrastructures, les ressources humaines et l'image de marque. Le CNRC a démontré ses capacités « d'intermédiaire » et de « catalyseur » tout en laissant aux collectivités la marge de manœuvre requise pour se prendre en main. Un des défis futurs de l'organisation sera d'établir un équilibre entre sa stratégie de développement de grappes technologiques et d'autres priorités nationales.

Cinq recommandations ont été formulées à la suite de l'évaluation, recommandations auxquelles la direction du CNRC a répondu par les propositions décrites ci-dessous :

Recommandation 1 :Compte tenu de l'évolution de la situation et de toutes contraintes apparentes (changement des priorités nationales, évolution des priorités scientifiques, contexte réglementaire, etc.), il est proposé que le CNRC révise, et réaffirme ou modifie l'orientation de ses initiatives dans les domaines suivants : technologies de piles à combustible et de l'hydrogène; sciences de la vie et plantes pour la santé et le mieux-être.

Réponse et plan d'action de la direction du CNRC : Recommandation acceptée. Le CNRC révisera l'orientation des initiatives susmentionnées afin de s'assurer qu'elles demeurent conformes aux besoins de la grappe et à ceux de la collectivité. Échéancier : mars 2009 à avril 2010.

Recommandation 2 :Compte tenu du cycle quinquennal de financement sous-jacent à cet investissement substantiel pour le CNRC (plus de 10 % de ses dépenses totales et participation de 11 de ses 19 instituts de recherche), il est recommandé que le CNRC évalue, dans le cadre de toute demande de renouvellement du financement, les risques associés à cet investissement. Les stratégies proposées à la suite de l'exercice d'évaluation mentionné précédemment devraient tenter de positionner les IDGT les plus pertinentes comme des programmes de longue durée en plus de résoudre certaines difficultés reliées à la dotation en personnel et aux immobilisations.

Réponse et plan d'action de la direction du CNRC : Recommandation acceptée. Les risques associés au cycle quinquennal de financement sont bien compris et reconnus par le CNRC. Afin de les atténuer, , tous les arguments possibles favorables à l'octroi de fonds récurrents votés pour le financement des grappes seront avancés dans le cadre de l'exercice de renouvellement du financement. Pour chacune des enveloppes temporaires actuelles, chaque I/P/D devra inclure une description précise des risques liés à la grappe dans le plan d'activité. Échéancier : mars 2009 à avril 2010.

Recommandation 3 :Il est proposé que la gestion des IDGT par le CNRC soit abordée d'une manière plus globale et fasse l'objet d'une démarche plus intégrée entre les différents instituts et programmes. Il est reconnu que dans de nombreux cas, les activités liées aux IDGT s'ajoutent à des activités du même genre déjà entreprises par le CNRC. Cela est particulièrement vrai dans le cas de l'ITO-CNRC, de l'IBM-CNRC, de l'IBD-CNRC, de l'IBP-CNRC et de l'IIPC‑CNRC et peut s'appliquer à pratiquement tous les autres instituts ou programmes, y compris le PARI-CNRC et l'ICIST-CNRC.

L'idéal consisterait à intégrer l'élaboration des stratégies, la planification et la supervision des IDGT aux processus de gestion courants du CNRC (notamment, l'élaboration de la stratégie du CNRC, la planification des activités, le plan d'évaluation, etc.). Les rapports de progrès et de rendement des instituts pourraient se pencher sur les résultats spécifiques aux IDGT lorsque nécessaire.

Réponse et plan d'action de la direction du CNRC : Recommandation acceptée. Le CNRC s'efforcera d'intégrer la planification de ses activités liées aux grappes aux plans d'activité et de faire état des résultats dans les rapports de rendement des instituts, tout en reconnaissant la nécessité de décrire de manière distincte les contributions particulières aux IDGT et d'assurer un suivi particulier à ces initiatives. Échéancier : automne 2010.

Recommandation 4 :Revoir,de concert avec le PARI-CNRC et les instituts du CNRC engagés dans des activités de développement de grappes technologiques , les stratégies élaborées pour répondre aux besoins constants d'information et de services de veille technologique concurrentielle (c'est-à-dire les produits des CIC et de VTC) des IDGT afin de mieux appuyer la poursuite des objectifs des différentes grappes régionales. Le processus de révision devra aussi tenir compte des retombées qu'auront les décisions prises dans le cadre du processus d'Examen stratégique.

Réponse et plan d'action de la direction du CNRC : Recommandation acceptée. Étant donné qu'à la suite de l'Examen stratégique du CNRC effectué en 2008 les services de veille technologique concurrentielle anciennement fournis par l'ICIST-CNRC seront abolis, la décision d'obtenir ou non des services de recherche et d'analyse d'information pour une IDGT incombera à l'institut du CNRC responsable de cette initiative. Échéancier : avril 2010.

Recommandation 5 :Offrir aux chercheurs du CNRC des occasions d'en apprendre davantage sur les buts et objectifs des initiatives de développement de grappes technologiques. Adopter des stratégies reconnaissant la valeur des interactions et des projets avec des entreprises appartenant aux grappes ou avec des entreprises participant à des activités pertinentes au domaine technologique de la grappe.

Réponse et plan d'action de la direction du CNRC : Recommandation acceptée. Le CNRC étudiera quels sont les moyens à sa disposition pour sensibiliser les employés des IDGT et pour mieux faire comprendre ces initiatives. De plus, lorsqu'il procédera à un examen formel de ses programmes d'incitation, le CNRC accordera toute la considération requise aux enjeux entourant la sensibilisation aux activités de développement de grappes technologiques et leur compréhension. Échéancier : mars 2011.

Date de modification :