ARCHIVÉ - Évaluation de l'Institut national de nanotechnologie du CNRC (INN-CNRC)

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Sommaire

Introduction

Le présent document contient l'évaluation finale de l'Institut national de nanotechnologie (INN). Puisque l'Institut n'en est qu'à ses débuts, l'évaluation porte sur l'efficacité de la mise en oeuvre à ce jour. Elle cherche à savoir si l'INN garde le cap sur ses objectifs et à déterminer les premiers résultats. La période visée s'étend de 2002-2003 à 2005-2006.

Institut national de nanotechnologie

Annoncée en août 2001, la création de l'INN représente une initiative de 120 millions de dollars menée conjointement par le CNRC, l'Université de l'Alberta et la province de l'Alberta. En vertu de son premier mandat quinquennal, l'INN doit établir, sur le campus de l'Université de l'Alberta à Edmonton, de nouvelles installations, de personnel et d'équipements de pointe, en vue de réaliser de la recherche et développement (R-D) de tout premier plan et de favoriser l'éclosion d'une grappe nanotechnologique à Edmonton.

Méthodologie

Pour l'évaluation, il a fallu examiner les données et la documentation ainsi que rencontrer les dirigeants et les employés de l'Institut (y compris les chercheurs visés par une entente d'affectation entre le CNRC et l'université), des organismes de soutien, des intervenants privés, les organisations de recherche nanotechnologique de l'Alberta et du reste du pays et les organisations gouvernementales que la nanotechnologie intéresse.

Résumé des conclusions

L'établissement et le fonctionnement de l'INN découlent d'un rôle légitime du gouvernement, en raison de sa capacité à répondre aux besoins stratégiques à long terme, notamment en matière d'innovation. La mission et les objectifs de l'Institut sont fidèles aux politiques et aux priorités des partenaires à cet égard. Les initiatives des grappes technologiques de l'INN et du CNRC sont également conformes aux politiques fédérales et aux priorités du CNRC, aussi bien quant au moment de l'inauguration de l'Institut qu'à la réalisation de la présente évaluation.

La complexité des problèmes à résoudre, les obstacles à surmonter et le temps qu'il a fallu y consacrer pour la création de l'INN, ont été plus importants que prévu. Parmi les causes, il y a la durée des travaux de construction des installations, plus longue qu'on s'y attendait, et le temps requis pour la négociation d'ententes complexes entre les partenaires. Résultat, les progrès ont été plus lents que prévu en ce qui concerne les activités de recherche, l'adoption de la vision et du plan stratégique de l'INN et le rayonnement auprès de l'industrie.

Cette initiative conjointe, nouvelle et expérimentale, comporte des avantages synergétiques.

  • Pour les trois partenaires, il est clair que les ressources supplémentaires consacrées à l'INN, grâce à leur initiative conjointe, favorisent l'embauche de meilleurs candidats aux postes d'inspecteurs principaux (IP) que d'habitude.
  • Pour le CNRC, ce sont sont l'accès aux nombreuses disciplines scientifiques du secteur universitaire de la nanotechnologie, la réduction des coûts par l'embauche d'étudiants diplômés et de détenteurs d'une bourse de perfectionnement postdoctorale, l'accroissement de la capacité à rester à la fine pointe et la capacité de tirer parti des sources d'aide à la recherche offertes (par les organismes subventionnaires) aux membres du corps enseignant universitaire.
  • Pour l'université, c'est l'accès à des installations de recherche de premier ordre bénéficiant d'un financement stable (pour une université), à des opérateurs et à des techniciens compétents et à l'aide nécessaire à un bon fonctionnement et entretien.
  • Pour l'Alberta, c'est la possibilité accrue de respecter les priorités stratégiques de la province, spécialement en ce qui a trait aux technologies de l'information et des communications (TIC), aux sciences de la vie (spécialement en santé) et à l'énergie (y compris les incidences environnementales).

Il est peu probable que l'un ou l'autre des partenaires aurait offrir ces avantages à lui tout seul, même avec des ressources comparables, voire supérieures.

Même si les intervenants se disent, en majorité, optimistes quant aux possibilités de l'INN, nombreux sont ceux qui réservent leur jugement final tant que les installations ne seront pas terminées, dotées en personnel et entièrement fonctionnelles. Nul doute que la propension des bons chercheurs à mener d'excellentes recherches se traduira par d'importantes découvertes nanotechnologiques, d'autant plus qu'ils pourront compter sur l'aide conjointe de deux institutions distinctes, le CNRC et l'Université de l'Alberta. La nanotechnologie, en général, laisse entrevoir de nombreuses innovations d'un intérêt commercial et social considérable, même s'il reste à déterminer les secteurs ou disciplines où se concentrera l'INN et les mécanismes auxquels il devra recourir pour générer des avantages socio-économiques.

Les mécanismes de gestion instaurés par l'INN continuent d'évoluer et nécessitent, pour certains, plus d'attention, notamment pour les ressources humaines, la gouvernance, l'administration et les communications.

L'évaluation a donné lieu à des recommandations quant aux futures activités de l'Institut.

Recommandations

Recommandation 1 : Doter l'INN d'une vision stratégique et de mécanismes permettant de la réaliser. Pour y parvenir, l'INN doit viser l'excellence en recherche, tisser des liens avec la stratégie nanotechnologique de l'Alberta, miser sur l'innovation et la commercialisation, créer des grappes technologiques, trouver pour chacun des membres de l'initiative conjointe l'équilibre entre les avantages et les risques, établir des rapports avec la stratégie de renouvellement du CNRC et les éventuelles stratégies nationales, optimiser les ressources des trois organisations ou d'autres provenances et promouvoir les questions environnementales, éthiques, économiques, juridiques et sociales touchant la nanotechnologie (NE3LS).

L'évaluation fait état d'un manque de clarté et de renseignements quant aux vrais buts de l'INN et à la façon dont il entend les réaliser. Cela est vrai dans le cas de son programme de recherche (comme les thèmes qui seront adoptés), spécialement en ce a trait à l'innovation. L'examen de la documentation les rencontres des dirigeants et des membres du conseil d'administration de l'Institut témoignent qu'il reste encore à adopter un plan stratégique explicite.

Recommandation 2 : Faire des questions de ressources humaines non résolues la priorité de la direction : Parmi les questions à résoudre à court terme, il y a l'embauche du directeur de la recherche, la poursuite de l'élaboration d'un processus de recrutement plus ouvert (que l'INN a commencé) et mieux informer des politiques d'embauche du CNRC. À long terme, l'Institut doit apprendre à gérer les cheminements de carrière différents des employés de l'université et du CNRC et créer des mécanismes opportun d'évaluation du rendement des chercheurs et d'avancement.

Tous les intervenants s'entendent pour dire que la capacité de l'INN à mener de la R-D de pointe et à être au coeur de l'innovation dépend beaucoup de la qualité et des intérêts des personnes recrutées. Selon les employés du CNRC et de l'Université interrogés, l'absence de directeur de la recherche nuit au recrutement de personnes hautement spécialisées, le recrutement est limité par les problèmes de communication (en particulier dans le cas de l'embauche), tandis que la différence de cheminement de carrière entre les enquêteurs principaux du CNRC et ceux de l'Université risque d'être une source de problèmes.

Recommandation 3 : Préciser le rôle et les responsabilités du conseil d'administration. L'INN doit déterminer si le conseil est mandaté pour défendre des intérêts des trois parties au plus haut niveau ou s'il supervise et approuve les questions opérationnelles, notamment en matière d'embauche et de budget.

Le conseil n'est pas lui-même certain de son rôle et de ses responsabilités. Bien qu'il soit normal que les responsabilités continuent d'évoluer, dans l'avenir il faudra les préciser si l'on veut que le conseil reste efficace.

Recommandation 4 : Améliorer les systèmes administratifs. Il faut continuer d'améliorer les systèmes financiers et administratifs afin de les intégrer le plus possible de façon transparente au cadre juridique des parties et montrer aux chercheurs la nécessité de systèmes distincts.

L'évaluation montre que la gestion de l'INN est complexe en raison de la nécessité de respecter les exigences juridiques et les politiques de l'université et du CNRC. Même s'il faut respecter les responsabilités, ces questions administratives risquent d'être à l'origine de frustrations pour les chercheurs et la direction.

Recommandation 5 : Conclure un protocole de communication et adopter un plan de communication. Une fois le protocole conclu et signé, il faudra adopter et appliquer une stratégie de communication explicite.

L'évaluation révèle des différences entre les politiques de communication (et dans le cas du CNRC, les exigences juridiques) des trois organisations (bilinguisme, communiqués de presse pendant les périodes d'élections). L'absence de protocole de communication officiel pose des difficultés et il arrive que chaque partenaire crée son propre matériel de communication. Le succès de l'INN dépend beaucoup de la qualité des activités de rayonnement et des communications à l'intérieur de l'Université, mais aussi auprès de la communauté nationale et internationale de la R-D nanotechnologique.

Recommandation 6 : Assurer un niveau durable de financement continu. Les partenaires doivent pouvoir compter sur un financement durable, conformément à la volonté du conseil d'administration de l'INN.

Pour le moment, seul le CNRC s'est engagé à assurer un financement de base continu des activités. À ce jour, la province et l'Université de l'Alberta n'ont pas pris d'engagement à long terme en ce sens, même si elles devront gérer à long terme des coûts supplémentaires en raison de leur participation à l'initiative conjointe de l'INN (coûts de recherche indirects pour l'Université et, dans le cas de la province, financement de contrepartie pour les subventions de la FCI). Il faut cependant que les trois parties contribuent directement à l'avenir de l'INN. Le conseil d'administration a endossé une lettre à ce sujet.

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