Des innovateurs du CNRC

Général Andrew George Latta McNaughton, ancien président du CNRC

Réalisation marquante : co-inventeur du radiogoniomètre à rayon cathodique, le précurseur direct du radar.

Image de General McNaughton

Par son esprit visionnaire et sa détermination, l'officier, diplomate et scientifique Andrew George Latta McNaughton, deuxième président en titre du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), permit au CNRC de jouer le rôle glorieux qu'on lui sait durant la Seconde Guerre mondiale, tout en défrichant le terrain en vue d'une expansion de l'industrie canadienne articulée sur la technologie, au sortir du conflit. Né en 1887 dans la ville portant désormais le nom de Moosomin, en Saskatchewan, le général McNaughton obtient un baccalauréat puis une maîtrise en génie électrique à l'Université McGill avant de s'enrôler pour défendre la patrie lors de la Première Guerre mondiale. Son approche scientifique à l'artillerie lui vaut de monter en grade rapidement dans l'armée et il joue un rôle capital dans la victoire à Vimy. Il assume officiellement la présidence du CNRC de 1935 à 1944, bien qu'il en soit détaché les cinq dernières années afin de prendre le commandement de la première division d'infanterie canadienne en Europe, quand éclate la Seconde Guerre mondiale. Après un bref intermède au poste de ministre de la Défense nationale (1944-1945), il est nommé représentant du Canada à la Commission de l'énergie atomique de l'ONU, puis délégué permanent du Canada à l'ONU. Persuadé de l'imminence d'un nouveau conflit mondial, dans les années 1930, alors qu'il occupait le poste de président du CNRC, le général McNaughton, co-inventeur du radiogoniomètre à tube cathodique, lança de nombreux projets de recherche qui permirent au CNRC de se consacrer entièrement au développement du radar et à d'autres enjeux scientifiques et techniques durant la guerre. Ces travaux pavèrent la voie à de nouvelles industries, créèrent des dizaines de milliers d'emplois à vocation technologique pendant la guerre au pays et jetèrent les bases de la future expansion du secteur canadien de la fabrication avec l'avènement de l'électronique.

Programme d’ingénieures et de chercheuses (PIC) du CNRC – Regard sur la regrettée scientifique du CNRC Mme Barbara Judek

Réalisation marquante : L'une des premières femmes physiciennes au monde; qui a découvert les collisions entre noyaux, un phénomène maintenant connu sous le nom d'« effet Judek »

Image de Dr. Barbara Judek

Qu'elles soient scientifiques, ingénieures ou techniciennes, les femmes ont contribué au CNRC de façon unique et significative tout au long de son histoire. Elles ont excellé dans maints domaines en dépit des obstacles et de l'inégalité des chances auxquels elles se butaient dans leur profession, comme le reflète souvent leur petit nombre, comparativement à celui de leurs collègues masculins. Leur dévouement et leur talent sont devenus une source d'inspiration pour leurs homologues et celles qui leur ont emboîté le pas. La physicienne d'Ottawa Barbara Judek, décédée en 2015 à l'âge de 91 ans, illustrait à merveille cette combativité en ayant créé ses propres possibilités par la collaboration. C'est d'ailleurs cette collaboration qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs dans le monde entier, pour avoir découvert les collisions entre noyaux, phénomène dorénavant connu sous le nom d'« effet Judek ».

Les difficultés que connaissaient les femmes dans les domaines du génie et des sciences retinrent l'attention nationale après le massacre perpétré à l'École polytechnique de Montréal en décembre 1989. Parmi les victimes figuraient deux étudiantes en génie mécanique qui, à l'époque, travaillaient dans les laboratoires du CNRC, à Boucherville. La tragédie eut pour conséquences le lancement d'initiatives spéciales, dont le Programme d'ingénieures et de chercheuses (PIC) du CNRC grâce auquel des centaines d'étudiantes du baccalauréat purent acquérir de l'expérience en recherche en travaillant dans les laboratoires du CNRC, au cours de la décennie subséquente. Après évaluation, on a constaté qu'environ 90 pour cent de celles qui ont participé à ce programme ont ensuite entrepris une maîtrise et un doctorat dans leur domaine. Le programme des arbres du Centenaire du CNRC rend hommage à ces femmes et à toutes celles qui ont concouru à bâtir le CNRC et ont servi leur pays par leur dévouement et leurs talents.

Denzil J. Doyle, président fondateur de Digital Equipment Canada

Réalisation marquante : A joué un rôle déterminant dans la promotion, le développement et la croissance de l'industrie canadienne de la haute technologie.

Image de Denzil J. Doyle

M. Denzil Doyle, président fondateur de Digital Equipment Canada et véritable « parrain » du secteur de la haute technologie à Ottawa, est également un ancien chercheur du CNRC. Membre de son conseil pendant de longues années, il n'a cessé de défendre le rôle du CNRC durant ses soixante années de carrière, au cours desquelles il a apporté sa touche personnelle à maintes réussites commerciales associées aux technologies canadiennes.

M. Doyle fait ses débuts comme technicien radio au CNRC, à Ottawa, en 1949, puis se consacre à la recherche en génie avant de quitter l'organisme en 1956 pour entrer chez Computing Devices, société avant-gardiste d'Ottawa à qui l'on doit Kicksorter, dispositif semblable à un ordinateur conçu aux laboratoires de Chalk River du CNRC et perfectionné par la suite par l'entreprise dérivée du CNRC, Énergie atomique du Canada limitée (EACL). Au début des années 1960, en tant que représentant de Digital Equipment Corporation (DEC) au Canada, M. Doyle approche EACL et suggère que l'entreprise profiterait davantage des technologies informatiques développées par DEC. Consécutivement à cette démarche, des ingénieurs américains de DEC collaborent avec des scientifiques canadiens du nucléaire pour fabriquer de plus petits ordinateurs d'usage général : le futur PDP-8, produit phare de DEC, qui inaugurerait l'ère du mini-ordinateur. Vantant les atouts d'Ottawa dans le domaine de la recherche, M. Doyle convainc DEC d'aménager ses installations de R-D et de fabrication des composantes du PDP-8 à Carleton Place, puis à Kanata, où les activités de l'entreprise arriment le secteur de la haute technologie qui allait voir le jour localement. Sous la tutelle de M. Doyle, Digital Equipment Canada enregistre un chiffre d'affaires de centaines de millions de dollars annuellement et crée des milliers d'emplois. Après avoir quitté DEC, en 1982, M. Doyle ne se prive pas de rappeler l'impact que le CNRC a eu sur la création de ses propres entreprises et sur l'encadrement de nombreuses autres, notamment en tant qu'important membre du conseil d'administration de MITEL, de Newbridge et d'autres géants de la haute technologie d'Ottawa.

Derek Houghton

Réalisation marquante : des technologies pour les grands téléphones intelligents et l'« Internet des choses »

Image de Dr. Derek Houghton

Dans les années 1980, face à l'importance que prenait l'industrie canadienne des télécommunications, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) lança un programme intensif à Ottawa ayant pour but d'acquérir et de développer le savoir-faire ainsi que les installations nécessaires à la création de circuits intégrés en silicium-germanium (SiGe), combinant le silicium bien connu et le germanium, élément plus exotique du tableau périodique. Derek Houghton, l'un des principaux membres de l'équipe de recherche, avait une telle confiance dans ce procédé qu'il quitta son poste en 1996 pour fonder l'entreprise appelée à mettre au point ces technologies avec le concours du CNRC. D'autres lui emboîtèrent le pas, si bien que, quelques années plus tard, naissait l'entreprise dérivée qui prendrait pour nom SiGe Semiconductor Inc. et se mériterait les éloges du monde entier en devenant le premier fournisseur mondial de semi-conducteurs en SiGe, avec la production de dizaines de millions de circuits intégrés de ce type. Le fait que les puces SiGe peuvent combiner de nombreuses fonctions de radiofréquence sur le même dispositif à semi-conducteurs séduisit la clientèle internationale de haut niveau et il s'avère que cette solution a facilité dans une large mesure la connexion des téléphones intelligents et d'autres appareils sans fil avec une multitude d'applications. En mai 2011, Skyworks Solutions Inc. achetait l'entreprise pour la modique somme de 275 millions de dollars canadiens. Depuis, Skyworks a élargi ses opérations à Ottawa et emploie près d'une centaine de travailleurs très qualifiés. Bon nombre des employés originaux de SiGe occupent désormais un poste de cadre chez Skyworks (entreprise américaine au capital de douze milliards de dollars américains). Aujourd'hui, les dispositifs de Skyworks Ottawa sont indispensables à un grand nombre des plus populaires téléphones intelligents, tablettes électroniques, systèmes de domotique, appareils d'électronique vestimentaire et les dispositifs branchés constituant l'« Internet des choses ».

Thomas M. Dauphinee

Réalisation marquante : invention d'un appareil de mesure de la salinité de l'eau de mer à l'échelle internationale

Image de Dr. Thomas M. Dauphinee

Diplômé de l'Université de la Colombie-Britannique et originaire de cette province, Thomas M. Dauphinee est un chercheur et un concepteur d'instruments du CNRC dont les travaux ont radicalement changé la façon dont on surveille et étudie les océans dans le monde. Au cours d'une carrière qui s'étale sur quatre décennies, M. Dauphinee a exercé son influence sur de nombreux domaines de recherche et d'activité industrielle. L'exploitation commerciale de ses inventions a rapporté des dizaines de millions de dollars en exportations aux entreprises du pays, notamment Guildline Instruments de Smiths Falls, en Ontario. M. Dauphinee a conçu des appareils parmi les premiers au monde à effectuer des relevés au niveau de la conductivité thermique ainsi qu'au niveau de la science des matériaux et des matériaux semi-conducteurs. Cependant, il demeure surtout connu et particulièrement encensé pour ses collaborations avec l'Institut d'océanographie Bedford, la Woods Hole Ocean Institution et d'autres organisations lors de l'élaboration de l'échelle internationale de salinité pratique adoptée par l'UNESCO et avec laquelle on établit la salinité de l'eau dans les mers de la planète. Les salinomètres de laboratoire et commerciaux reposant sur cette échelle, mais aussi sur les brevets et les modèles de M. Dauphinee sont devenus des instruments de référence partout au monde et continuent d'être vendus et d'être utilisés pour surveiller les mouvements et les fluctuations dans les océans, non seulement à des fins économiques, mais aussi pour préserver l'environnement. Lorsqu'il a pris sa retraite, il a, en compagnie de sa conjointe, offert ses services à diverses organisations caritatives, ce qui leur a permis de partager, chacun de leur côté ou collectivement, hommages et honneurs en raison de leurs contributions à l'enseignement, à la littéracie et à la responsabilité sociale. M. Dauphinee, dont la carrière et la vie ont accompagné l'expansion et l'évolution du CNRC, deviendra lui aussi centenaire en 2016.

Le regretté Keith C.M. Glegg et les pionniers du PARI-CNRC

Réalisation marquante : Le maître d'oeuvre du réseau national du PARI-CNRC et de la réussite du programme sur le plan de l'innovation

Le Programme d'aide à la recherche industrielle (PARI) du CNRC est le principal programme au Canada à venir en aide aux petites et moyennes entreprises (PME) qui innovent. Service crucial du CNRC et pierre angulaire de l'innovation au Canada, ce programme est vanté dans le monde entier comme l'un des meilleurs en son genre sur la planète. Le programme tire sa force d'un vaste réseau de conseillers en technologie industrielle (CTI), disséminés un peu partout au pays, qui dispensent des services consultatifs sur mesure en affaires et en technologie et proposent aux entreprises canadiennes des collaborations qui les aideront à développer leurs innovations pour en faire un succès commercial. L'approche à l'innovation fondée sur l'industrie du PARI-CNRC est solidement établie aujourd'hui, mais c'était loin d'être le cas au moment où le programme public a vu le jour, il y a quelque 70 ans de cela. Nombre des personnes qui méritent des éloges pour le succès remporté par le programme sont honorées en tant que « Pionniers du PARI-CNRC », en ce centenaire du CNRC. Peu sont toutefois aussi exemplaires ou méritent nos éloges autant que Keith Glegg, vice-président de la technologie au CNRC de 1977 à 1990. Avant d'entrer au CNRC, M. Glegg avait acquis la reconnaissance nationale de ses pairs en tant que vice-président de la Canadian Marconi Company (CMC), où ses technologies firent de la CMC la première entreprise au monde à fabriquer un radar à effet doppler FM-CW pour la navigation aérienne. Chez CMC, M. Glegg mit en place un système de gestion par programme qu'il reprit par la suite lors de l'élaboration du PARI-CNRC. Le regretté C.M. Glegg (1926-2010) a reçu de nombreux hommages, notamment le premier prix pour le leadership dans la fonction publique décerné par l'Alliance canadienne pour les technologies avancées, et était considéré comme un véritable modèle par les jeunes Jamaïquains et les Canado-Jamaïquains souhaitant entreprendre une carrière en science et en technologie.

Le programme d'arbres du Centenaire du CNRC rend hommage à M. Glegg et aux membres suivants de l'équipe originale du PARI qui ont participé à la mise sur pied du programme : Al Deluca, Andy Woyawoda, Bill Coderre, Darlene Duschene, Denys Cooper, Eric Swanson, George Fraser, Gilles Garneau, Kevin Bell, R.D. Hiscocks, René Paquin et Slater Grimley.

Le programme d'arbres du Centenaire du CNRC rend hommage à M. Glegg et aux membres suivants de l'équipe originale du PARI qui ont participé à la mise sur pied du programme : Al Deluca, Andy Woyawoda, Bill Coderre, Darlene Duschene, Denys Cooper, Eric Swanson, George Fraser, Gilles Garneau, Kevin Bell, R.D. Hiscocks, René Paquin et Slater Grimley.

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