Faits saillants du congrès annuel de 2012 de l'AAAS

Le 05 mars 2012 — Ottawa (Ontario)

Le congrès annuel de 2012 de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) s’est déroulé du 16 au 20 février, à Vancouver, attirant plus de 7 000 scientifiques des quatre coins du monde. Près de 170 symposiums avaient été organisés et de nombreux représentants des laboratoires gouvernementaux, industriels et universitaires du Canada s’y sont rendus. Des chercheurs du Conseil national de recherches du Canada et de ses partenaires y étaient également en grand nombre. Voici quelques faits saillants des symposiums auxquels ils ont participé.

Percée sur les isotopes médicaux

Les chercheurs du laboratoire TRIUMF, situé à Vancouver, ont annoncé avoir créé une méthode permettant de produire un isotope dont les médecins ont désespérément besoin pour leurs diagnostics, mettant de ce fait un terme à une pénurie mondiale. Le technétium-99m (Tc-99m) est un isotope radioactif employé en médecine comme traceur. Il permet au médecin de voir ce qui se passe à l’intérieur du corps du patient grâce aux appareils d’imagerie qui le détectent.  

Carl Ross

Carl Ross du CNRC montre comment on se sert d’un accélérateur linéaire pour obtenir du molybdène-99 – l’isotope « mère » du technétium-99m.

Jusqu’à présent, la production de Tc-99m était tributaire des réacteurs nucléaires, et seule une poignée de réacteurs dans le monde (dont celui de Chalk River, en Ontario) en fabriquaient. La fermeture de deux réacteurs vieillissants avait entraîné une grave pénurie mondiale, avec pour corollaire de sérieux retards dans les tests diagnostiques. 

Avec le concours du CNRC, les physiciens du laboratoire TRIUMF ont élaboré une méthode permettant de fabriquer du Tc-99m avec un cyclotron (sorte d’accélérateur de particules), au lieu d’un réacteur nucléaire. C’est ce qu’a expliqué Tim Meyer, du TRIUMF. Ce laboratoire possède le plus grand cyclotron de la planète.

Chaque semaine, 30 000 tests diagnostiques sont effectués avec des traceurs radioactifs au Canada, contre 30 000 à 40 000 par jour aux États-Unis. Près de 90 % de ces tests nécessitent du Tc-99m. L’isotope sert notamment à la scintigraphie osseuse, à la détection de certains types de cancer, à l’étude du fonctionnement cardiaque et de la circulation sanguine, ainsi qu’au diagnostic de quelques formes de démence.

À propos du TRIUMF

Laboratoire national de recherche en physique nucléaire, en physique des particules et dans les sciences connexes du Canada, le TRIUMF est l’un des principaux laboratoires au monde à poursuivre des recherches sur les particules subatomiques. Il est exploité sous forme de coentreprise par le consortium d’universités auquel il appartient et bénéficie d’une aide financière du gouvernement du Canada, par le biais d’une contribution du Conseil national de recherches du Canada. Ses installations reçoivent un soutien financier supplémentaire du gouvernement de la Colombie-Britannique.

Beaucoup de grands hôpitaux possèdent déjà un petit cyclotron de la taille d’une salle de bains. L’appareil sert à produire d’autres isotopes médicaux, mais on pourrait l’adapter pour qu’il fabrique du Tc-99m. Il y a 18 cyclotrons au Canada, et sept autres sont en cours de planification. Cette percée ne présente que des avantages, et ce, non seulement pour le Canada mais pour la planète entière.

Normalisation des mesures

Il n’y a pas de science sans mesures. Comprendre la masse, le temps, l’énergie et d’autres quantités suppose l’usage d’unités particulières, et les scientifiques s’attendent à ce que les données recueillies aux quatre coins de la planète reposent toutes sur les mêmes étalons.

 « Le Système international d’unités (SI), ou système métrique, sert de fondement général à la prise de mesures cohérentes en sciences et en technologie », a expliqué Alan Steele, directeur de la métrologie au CNRC. Le SI est le système de mesure le plus employé dans le monde; on s’en sert tous les jours aussi bien dans le commerce qu’en science. Néanmoins, il est maintenant possible de l’améliorer et les chercheurs du CNRC prêtent main-forte à un effort international ayant pour but de mettre à jour quelques définitions de base à partir de constantes fondamentales. 

« La raison sous-tendant une telle initiative est que nous sommes sur le point de pouvoir intégrer au SI certains perfectionnements incroyables réalisés dans la précision des mesures électriques, sans pour autant faire ‘éclater’ le système et déclencher des problèmes au niveau de la quantification de la masse », poursuit M. Steele. 

Au CNRC, les chercheurs recourent à une balance du watt pour mesurer la constante de Planck (qui décrit le lien entre l’énergie et la fréquence d’un photon) et redéfinir le kilogramme. À cette fin, on mesurera une masse de 500 g sous forme de quantités électromagnétiques telles la tension et la résistance. 

Une autre équipe du CNRC contribue à mesurer la constante d’Avogadro (c’est-à-dire le nombre d’entités ou particules élémentaires dans une mole) en déterminant la masse d’un atome de silicium. Selon M. Steele, dès que l’on s’entendra pour dire que les valeurs SI de ces constantes fondamentales de la nature sont connues avec suffisamment de rigueur, il sera possible de « renverser » le SI et d’en redéfinir les unités de base – notamment le kilogramme et l’ampère – à partir des nouvelles connaissances. 

Dave Inglis, également du CNRC, pense que ces importants objectifs pourraient être atteints d’ici 2015. Selon lui, « cela marquera la fin de l’époque où l’on recourait à des artéfacts (l’étalon du kilogramme en platine-iridium, par exemple) plutôt qu’à la nature proprement dite comme système de référence. »

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
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