ARCHIVÉ - Isolant plus mince, espace habitable plus grand

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Le 01 novembre 2011 — Ottawa (Ontario)

Les chercheurs du CNRC étudient un isolant pour bâtiment plus mince, mais aussi plus efficace, qui pourrait accroître l’espace habitable tout en réduisant la consommation d’énergie.

Appelés « panneaux d’isolation sous vide » (PIV), ces panneaux d’isolation ultra minces gagnent en efficacité en substituant la matière par de l’air. « Essentiellement, il s’agit d’une âme en matériau poreux protégée par une pellicule étanche sous laquelle on fait le vide », explique Phalguni Mukhopadhyaya, de l’Institut de recherche en construction du CNRC, à Ottawa.

Selon les chercheurs, la valeur R des PIV d’un pouce d’épaisseur est jusqu’à 10 fois supérieure à celle des isolants courants. La valeur R permet de classer les isolants en comparant leur résistance thermique à celle d’une couche d’air d’un pouce d’épaisseur, de coefficient R-1. L’isolant de fibre de verre, par exemple, a une efficacité thermique d’environ R-3.5 par pouce, contre approximativement R-6 par pouce pour la mousse à structure alvéolaire fermée.

« Il nous a fallu une centaine d’années pour passer de R-1 à R-6 », déclare M. Mukhopadhyaya. « Et, tout d’un coup, avec une bonne planification, nous pourrions aller jusqu’à R-60 ou davantage. »

Réduire les coûts dans le nord du Canada

Normalement, les bâtiments actuels sont protégés par quatre à six pouces d’isolant en fibre de verre. La fabrication de minces panneaux sous vide d’une dimension allant jusqu’à un mètre carré permettrait donc au constructeur de loger plus d’espace habitable dans une coquille de dimensions identiques.

« À cause de leur faible encombrement et de leur valeur R élevée, les PIV se prêtent particulièrement bien aux applications dans le nord du pays », poursuit M. Mukhopadhyaya. « Leur transport coûterait moins cher et la construction gagnerait en rapidité. Il y aura plus d’espace dans les habitations, qui consommeront moins d’énergie. »

Des objectifs plus élevés en matière d’efficacité énergétique

Jusqu’à présent, on trouve surtout des PIV en Europe. Toutefois, l’escalade du coût de l’énergie et l’actualisation du Code modèle national de l’énergie pour les bâtiments constituent de sérieux incitatifs à leur utilisation au pays. Le nouveau code, qui devrait être publié en novembre 2011, fixe des objectifs de consommation d’énergie que pourront difficilement respecter les isolants actuels. C’est pourquoi, selon M. Mukhopadhyaya, l’industrie de la construction a réagi de manière très positive aux PIV jusqu’à présent.

Parmi les obstacles figurent un coût de fabrication élevé et l’installation méticuleuse requise pour ne pas perforer la pellicule étanche.

« Une perforation supprimerait le vide, si bien que l’isolant perdrait de 90 à 95 % de son efficacité. Préserver le vide est donc une priorité absolue », prévient M. Mukhopadhyaya. « Habituellement, nous recommandons de manipuler les panneaux avec un soin extrême ou de les placer entre deux panneaux rigides de mousse isolante pour qu’on ne les perce pas ou les endommage d’une manière quelconque. »

Il ajoute toutefois que les fournisseurs potentiels s’attendent à ce que le prix des PIV diminue avec la hausse des ventes; par ailleurs, on surmontera les problèmes d’installation avec de nouvelles normes pour le bâtiment et en formant les installateurs. En plus de réduire le coût de l’énergie avec le temps, les PIV sont « incroyablement faciles à recycler ». En effet, les panneaux endommagés peuvent être recouverts d’une nouvelle pellicule, reconstruits et réutilisés plusieurs fois.

Vers des bâtiments plus écologiques

De tels panneaux renforceront la tendance de l’industrie de la construction de bâtir des édifices plus éconergétiques, comme ceux certifiés LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), un programme de certification des bâtiments écologiques à participation facultative, aux normes plus rigoureuses en ce qui a trait à la consommation d’énergie et d’eau, aux émissions de CO2, à la qualité de l’air intérieur et à l’exploitation des ressources. Tous les codes applicables aux bâtiments verts préconisent une meilleure isolation thermique afin de réduire la consommation d’énergie.

À l’instar des bardeaux, les panneaux d’isolant sous vide auront une durée de vie précise et devront être remplacés périodiquement. Cependant, leur petite taille en facilite la manipulation, de sorte qu’il devrait être plus aisé de les remplacer que l’isolant en vrac présentement en usage.

« Ils dureront de 25 à 50 ans, mais nous devrions pouvoir établir leur durée de vie d’une manière logique », conclut M. Mukhopadhyaya. Les membres de son équipe terminent d’ailleurs leurs recherches sur la longévité de ce matériau afin qu’il soit homologué pour le Canada. Des PIV de facture canadienne pourraient donc apparaître sur le marché d’ici deux à cinq ans.

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Renseignements : Relations avec les médias
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