ARCHIVÉ - Tests de diagnostic écologiques pour pays en développement

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Le 01 juin 2011 — Ottawa (Ontario)

Les tests de diagnostic au point de service (TDPS), aussi appelés « laboratoires sur puce », se sont multipliés de façon explosive, et pour de bonnes raisons : petits, rapides, conviviaux, bon marché, précis et portatifs, ils permettent d’identifier un cortège de problèmes de santé à des centaines de kilomètres du laboratoire médical le plus proche. 

Divers tests effectués sur les lieux permettent en effet de confirmer une grossesse ou de dépister maints virus et bactéries nuisibles pour l’être humain, de ceux qui causent certaines maladies telle la tuberculose aux bactéries véhiculées dans les aliments tel Listeria. En 2009, les TDPS ont permis d’effectuer près de 100 millions d’épreuves pour le dépistage du VIH, 70 millions pour la détection du paludisme et 3 millions pour le dépistage de la syphilis, et cela, uniquement dans les pays en voie de développement.

L’agente technique du CNRC Caroline Miville-Godin prépare le prototype d’un test de diagnostic au point de service.

L’agente technique du CNRC Caroline Miville-Godin prépare le prototype d’un test de diagnostic au point de service.

Il y a néanmoins un revers à la médaille. « Un nombre incroyable de ces dispositifs s’est accumulé au fil des ans », déclare Teodor Veres, de l’Institut des matériaux industriels du CNRC, à Boucherville. « Ce qui pose un problème pour l’environnement. Ces tests deviennent des déchets qu’il faut récupérer, manutentionner, gérer. »

Une plaie environnementale 

En Afrique, des médecins de la London School of Hygiene and Tropical Medicine ont remarqué des tas de tests de diagnostic à usage unique qui s’empilaient, attendant leur évacuation sûre. Ils ont pris conscience que la popularité de cette solution engendre un véritable problème environnemental. Il y a à peu près 18 mois donc, un consortium international dirigé par la London School a approché le CNRC pour voir si on ne pourrait pas concevoir les TDPS autrement, avec des matériaux différents, en vue d’en atténuer l’impact sur l’environnement et la société. 

Caroline Miville-Godin utilisant l’équipement du CNRC pour le gaufrage à chaud de plaquettes multiples.

Caroline Miville-Godin utilisant l’équipement du CNRC pour le gaufrage à chaud de plaquettes multiples.

Normalement, les déchets médicaux sont brûlés s’ils posent un risque biologique ou enfouis dans les autres cas. Malheureusement, les plastiques dont sont faits les tests jetables peuvent engendrer de nouveaux polluants environnementaux. 

Pour résoudre le problème, le CNRC s’est associé au consortium et à un fabricant en vue de faire des tests biodégradables une réalité. Par chance, on disposait d’une longueur d’avance. En effet, depuis 2007, une équipe pilotée par Christian Bélanger s’affaire à mettre au point des plastiques biodégradables avec l’amidon renouvelable issu de plantes comme la triticale, une céréale hybride à croissance rapide cultivée au Canada. M. Veres a démontré que les pays en développement pourraient recourir à l’amidon de plantes indigènes pour fabriquer des thermoplastiques biodégradables destinés aux TDPS. Il a baptisé cette nouvelle technologie « tests de diagnostic rapides écologiques ». 

Avantages de la nouvelle technologie 

Le plastique biodégradable du CNRC ne coûte pas plus cher et parfois moins que ceux dérivés du pétrole. Contrairement à eux, cependant, il se composte sans lixiviation de composés dangereux et a complètement disparu en l’espace de deux à sept jours. 

Le plastique à base d’amidon du CNRC peut être moulé par injection ou thermoformé à l’échelle industrielle avec les mêmes machines, mais à une température plus basse que celle nécessaire pour le plastique usuel. 

Selon M. Veres, on pourrait se servir du plastique biodégradable à d’autres fins médicales, notamment pour fabriquer des seringues jetables ou l’emballage, souvent très élaboré, qui protège les articles médicaux durant leur livraison. Dix millions de seringues à usage unique sont utilisées chaque année, juste en Amérique du Nord. 

En ce qui concerne les agents pathogènes véhiculés par les aliments, cette technologie illustre bien comment un produit agricole peut en protéger d’autres. « On doit se débarrasser d’une montagne de dispositifs médicaux, reprend le chercheur. Si on réussissait à produire, à peu de frais, des tests de diagnostic rapide écologiques et à les distribuer économiquement, le coût des soins dispensés et les déchets qui en résultent s’en trouveraient réduits. Au bout du compte, c’est la chaîne de valeur au complet qui coûterait moins cher. »

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Renseignements : Relations avec les médias
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