ARCHIVÉ - Détection des armes nucléaires illicites

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Le 01 septembre 2011 — Ottawa (Ontario)

De concert avec la Commission canadienne de sûreté nucléaire, des chercheurs du CRNC ont mis au point un appareil manuel pour aider les inspecteurs nucléaires qui sillonnent le monde à détecter les substances radioactives susceptibles d’être employées pour fabriquer des armes. 

Le dispositif de cinq kilos a été créé pour l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont le siège se trouve à Vienne et qui a pour mission de surveiller les stocks mondiaux d’uranium, de plutonium et de thorium pour éviter la prolifération des armes nucléaires. Les inspecteurs de l’AIEA visitent les installations nucléaires de la planète afin de s’assurer que les pays respectent bien leurs obligations aux termes du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et d’autres accords internationaux. 

Quand les inspecteurs soupçonnent des activités illicites aux installations nucléaires qu’un pays soutient n’utiliser qu’à des fins pacifiques, la procédure actuelle consiste à frotter les murs avec un tissu qui est ensuite expédié à Vienne pour analyse. Malgré des résultats généralement fiables, la méthode s’avère aussi laborieuse qu’onéreuse (de 500 à 1000 $ par échantillon).

François Doucet, de l’Institut des matériaux industriels du CNRC, teste le prototype du détecteur.

François Doucet, de l’Institut des matériaux industriels du CNRC, teste le prototype du détecteur.

« L’AIEA a besoin d’une technologie qui lui permettrait de détecter instantanément ce que cherchent les inspecteurs, à savoir des particules d’oxyde d’uranium », explique Mohamad Sabsabi de l’Institut des matériaux industriels du CNRC à Boucherville (Québec). Ces particules indiquent que de l’uranium est enrichi sur les lieux. 

L’appareil du CNRC, qui utilise la spectroscopie laser-plasma (SLP), recourt à un laser de la grosseur du doigt pour balayer la surface des murs à la recherche d’oxyde d’uranium.

Qu’est-ce que la SLP?

La spectroscopie laser-plasma (SLP) fait appel à un laser et à un spectrographe, appareil qui détecte et mesure les fréquences lumineuses. On projette le faisceau du laser sur la cible, ce qui chauffe une infime quantité de matériau pour produire une substance gazeuse appelée plasma. Les ondes lumineuses qu’émet le plasma sont captées par le spectrographe, qui les analyse, chaque élément émettant un spectre particulier qui en constitue la signature.

Selon M. Sabsabi, la technologie est si sensible qu’elle détecte les particules de moins d’un micron. « Même si les murs ont été fraîchement repeints pour camoufler des activités illicites, la SLP détectera les particules sous la peinture », affirme-t-il. Qui plus est, la SLP établit instantanément la provenance de l’uranium, en précisant si les installations servent à des fins pacifiques ou militaires. 

« Notre dispositif dira si l’oxyde d’uranium émane de Russie, d’Australie, du Canada ou d’ailleurs – à vrai dire, il est possible d’établir de quelle mine ou usine d’enrichissement il provient », poursuit M. Sabsabi. En d’autres termes, s’ils découvrent qu’un pays développe des armes nucléaires en secret, les inspecteurs de l’AIEA pourront aussi déterminer quelle nation lui procure l’uranium. 

En plus de détecter l’oxyde d’uranium, cette technologie permet d’établir lequel des deux principaux isotopes de l’élément est présent, donc le degré d’enrichissement réalisé aux installations. Ainsi, si le rapport entre l’uranium-235 et l’uranium-238 est supérieur à 4,5 %, l’installation fabrique vraisemblablement des armes nucléaires. En effet, lorsque le nucléaire sert à la production d’énergie et à d’autres fins pacifiques, le ratio normal se situe entre 0,7 et 4,5 %. 

Les inspecteurs de l’AIEA ont entrepris l’évaluation du détecteur SLP. « Nous avons déjà réussi les tests prouvant la validité du concept. Les commentaires des inspecteurs nous aideront à perfectionner l’appareil sur le plan technique en vue d’en fabriquer un modèle commercial » reprend M. Sabsabi. 

En plus de simplifier l’inspection des installations nucléaires, le détecteur SLP pourrait prévenir les activités des terroristes qui recourent à des substances radioactives. « Les agents de sécurité frontaliers s’en serviraient pour vérifier si les conteneurs ne renferment pas de l’oxyde d’uranium », conclut le chercheur.

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Renseignements : Relations avec les médias
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