ARCHIVÉ - Épargner aux malades une intervention inutile à la thyroïde

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Le 01 septembre 2011 — Ottawa (Ontario)

Des chercheurs de la Nouvelle-Écosse poursuivent fiévreusement la création d’un test sanguin pour diagnostiquer le cancer de la thyroïde, la forme de cancer qui connaît la croissance la plus rapide au Canada. 

Le cancer de la thyroïde figure au septième rang des cancers les plus diagnostiqués au Canada. Chez les femmes, son incidence a presque quintuplé en 30 ans, en partie à cause de meilleures techniques d’imagerie permettant de le dépister. La maladie affecte essentiellement les jeunes femmes et se rencontre quatre fois plus souvent chez les femmes que les hommes de moins de 50 ans.

Ce type de cancer, estime-t-on, sera diagnostiqué chez 5500 Canadiens cette année, principalement des femmes. Le traitement le plus fréquent consiste à supprimer la glande. Pourtant, dans jusqu’à 70 % des cas, la tumeur excisée s’avère bénigne, ce qui signifie que bon nombre de patients perdent inutilement la thyroïde.

Le CNRC utilise la spectrométrie de masse à haute résolution pour dresser avec précision les profils des protéines, des lipides et des autres métabolites du sang. Pour chaque patient, des centaines de composés peuvent ainsi être analysés en l’espace de quelques heures.

Le CNRC utilise la spectrométrie de masse à haute résolution pour dresser avec précision les profils des protéines, des lipides et des autres métabolites du sang. Pour chaque patient, des centaines de composés peuvent ainsi être analysés en l’espace de quelques heures.

La seule façon de savoir si un nodule thyroïdien est bénin ou pas sans retirer la glande est l’aspiration par aiguille. Cette technique de biopsie suppose l’insertion d’une aiguille dans le nodule pour en extraire du tissu. « Malheureusement, la méthode est du genre tout ou rien », déclare M. Devanand Pinto de l’Institut des biosciences marines du CNRC, à Halifax. « Si l’aiguille rate le nodule, le résultat pourrait être faussement négatif. Même si elle le perce, elle n’extraira pas nécessairement le tissu qui permettra au pathologiste de porter un diagnostic exact, car le tissu cancéreux est très hétérogène. » 

Pour optimiser le diagnostic des nodules suspects et éviter une opération inutile, les médecins du centre de santé Queen Elizabeth II à Halifax ont sollicité l’aide du CNRC. L’idée est de créer une banque de tumeurs et d’identifier d’éventuels marqueurs biologiques pour réaliser un test sanguin. Jusqu’à présent, M. Pinto et ses collègues ont analysé les prélèvements tissulaires d’une centaine de malades. 

L’équipe scientifique a rétréci son champ de recherche de plusieurs centaines de molécules à une poignée de candidats. « Nous examinons des lipides, des protéines et des micro-ARN, c’est-à-dire de très petites molécules d’ARN régissant la synthèse des protéines », reprend M. Pinto. D’ici 2013, les chercheurs espèrent entamer la validation des biomarqueurs potentiels avec une plus vaste population de patients. 

« Nous croyons qu’en misant sur trois types de molécules – toutes participant au même processus – les chances de créer un test sanguin précis pour le cancer de la thyroïde sont meilleures que si nous nous limitons à un seul, dit-il. Nous sommes persuadés que cette approche aura de bons résultats. »

Les équipes de Jeremy Melanson (à gauche) et de Devanand Pinto (à droite) du CNRC, recourent à la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse pour analyser les lipides et les protéines dans le sang des personnes atteintes du cancer de la thyroïde et celles présentant des nodules bénins.

Les équipes de Jeremy Melanson (à gauche) et de Devanand Pinto (à droite) du CNRC, recourent à la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse pour analyser les lipides et les protéines dans le sang des personnes atteintes du cancer de la thyroïde et celles présentant des nodules bénins.

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