ARCHIVÉ - Décrypter la génétique du canola

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Le 03 octobre 2011 — Ottawa (Ontario)

Un consortium international de recherche a décodé tout l’ADN ou génome de Brassica rapa. Cette espèce, aussi appelée « canola-navette », est l’une des deux qui ont donné naissance au canola moderne (Brassica napus ou B. napus), l’oléagineux le plus lucratif du Canada. Ces travaux aideront les phytogénéticiens à créer de nouvelles variétés plus productrices, qui résisteront davantage à la maladie ou toléreront mieux la sécheresse. 

Publié dans le numéro d’octobre 2011 de Nature Genetics, le génome de B. rapa « aidera les scientifiques à séquencer le génome, plus volumineux, de B. napus », a déclaré Andrew Sharpe, de l’Institut de biotechnologie des plantes du CNRC, à Saskatoon, coresponsable de l’Initiative canadienne de séquençage du génome du canola (CanSeq). Le projet, auquel participent Agriculture et agroalimentaire Canada, Genome Alberta et neuf partenaires privés du monde entier, a pour but de séquencer le génome des principaux oléagineux du genre Brassica, tels le canola et la moutarde.

Champ de canola avec silo-élévateur à l’arrière-plan.

Le canola contemporain a d’abord vu le jour comme oléagineux industriel dans les années 1970. Il a bénéficié des recherches importantes poursuivies par Agriculture et Agroalimentaire Canada, l’Université du Manitoba et le CNRC. Depuis, B. napus est devenu la principale espèce de canola cultivée dans les Prairies et injecte près de 14 milliards de dollars dans l’économie canadienne.

Que désigne le mot Brassica?

Les espèces du genre Brassica sont cultivées pour l’alimentation (on en consomme les racines, la tige, les feuilles et les fleurs) et pour leurs graines, riches en huile. Ce groupe de plantes de la famille de la moutarde comprend le canola et des espèces maraîchères comme le navet, le brocoli et le chou chinois.

En séquençant l’ADN d’une plante cultivée, les chercheurs identifieront plus facilement les gènes principaux et cartographieront les caractères les plus intéressants. Les phytogénéticiens utilisent ces informations pour sélectionner les plantes qui présentent les caractères souhaités plus tôt dans leur cycle de vie (à la germination, par exemple), ce qui accélère le développement de variétés plus productives et lucratives, à moindre coût. 

Gros plan de plants de canola.

Selon Statistique Canada, en 2009, les agriculteurs canadiens ont récolté 11,8 millions de tonnes de canola. L’industrie canadienne du canola procure du travail à au-delà de 216 000 personnes (production, transport, trituration, raffinage, élaboration d’aliments, fabrication et services).

Les origines du canola

Comme de nombreuses plantes actuelles, le canola dérive du croisement naturel de deux espèces fondatrices, croisement qui a produit le génome polyploïde de B. rapa (un des premiers oléagineux cultivés dans les Prairies) et de B. oleracea (un légume de la même famille que le chou-fleur, le brocoli et les choux de Bruxelles). On cultive toujours B. rapa dans les régions à courte période végétative, comme celle de la rivière de la Paix, en Alberta, parce que cette plante parvient à maturité plus rapidement que B. napus

Le séquençage du génome du canola-navette

Grâce aux progrès apportés aux technologies de séquençage de l’ADN, le consortium qui a entrepris de séquencer le génome de B. rapa, et compte une centaine de chercheurs de 29 organismes du monde entier, a pris moins de deux ans pour parvenir à ses fins, à un coût inférieur à un million de dollars. À titre de comparaison, le séquençage du génome humain, qui a pris fin en 2003, marquait l’aboutissement de 13 années de travail et a coûté environ 2,7 milliards de dollars américains. Le génome de B. rapa comprend des séquences génétiques distinctes issues de rondes de polyploïdie antérieures dans l’évolution de l’espèce, et est l’un des génomes les plus complexes d’une plante à avoir été séquencé à ce jour.

De concert avec ses collaborateurs internationaux, l’équipe CanSeq a déjà commencé à séquencer le génome de B. napus et prévoit terminer ce travail d’ici la fin de 2011. « Nous séquençons le génome de B. oleracea en parallèle pour faciliter celui du génome de B. napus », ajoute M. Sharpe. « Par la suite, nous nous attaquerons à la moutarde joncée (B. juncea), cultivée autant au Canada que sur le sous-continent indien, et à la moutarde d’Abyssinie (B. carinata), un autre oléagineux bien acclimaté aux Prairies. »

Ce diagramme illustre les liens génétiques entre les ancêtres du canola (Brassica napus) moderne et d’autres oléagineux de la même famille. B. napus dérive du croisement naturel de Brassica oleracea (brocoli ou chou) et de Brassica rapa (navette). Ce croisement a engendré un hybride possédant des jeux complets de chromosomes de chacun des deux parents. B. juncea vient de la combinaison des génomes de B. rapa et de Brassica nigra (moutarde noire), tandis que B. carinata est issu d’un croisement entre B. oleracea et B. nigra.

La famille du canola

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