ARCHIVÉ - Des fondations résistantes aux séismes – les édifices canadiens sont-ils à la hauteur?
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Le 01 juin 2011 — Ottawa (Ontario)
En mars, la planète voyait avec horreur le plus violent tremblement de terre jamais enregistré au Japon engendrer un tsunami qui déferlait sur de vastes zones côtières, coûtant la vie à 18 000 personnes et entraînant une des pires catastrophes nucléaires de l’histoire. De meilleurs codes du bâtiment auraient-ils concouru à endiguer les dommages?
« Sans doute pas », déplore l’ingénieur spécialisé en structures du CNRC Hossein Mostafaei. « Bien que la catastrophe ait débuté par un séisme, la majorité des dégâts sont venus du tsunami. En ce qui concerne les tremblements de terre et les normes de construction applicables aux bâtiments neufs, le Japon possède vraisemblablement le code le plus rigoureux de la planète. »
M. Mostafaei est expert dans l’érection d’édifices qui résistent aux séismes. Il a étudié à Tokyo, où il a beaucoup appris sur la sismicité (la fréquence et la répartition des tremblements de terre), sur la façon dont les séismes affectent les ouvrages, et sur la manière de contrer les secousses telluriques au niveau de la conception d’un bâtiment. Au CNRC, il applique ces connaissances à l’amélioration des édifices construits au Canada.
« Par bonheur, notre Code national du bâtiment ne doit pas composer avec le même degré de sismicité qu’au Japon, déclare le chercheur. Ses normes sont établies en fonction des risques relatifs de tremblement de terre propres au Canada. »
Les dispositions du Code applicables à la résistance parasismique des grands immeubles s’appuient sur les travaux d’un comité hautement compétent constitué d’entrepreneurs en construction, d’experts-conseils, de sismologues, de chercheurs et de professeurs d’université.
Grâce à la Commission géologique du Canada et à Ressources naturelles Canada, le Code intègre des données précises et de longue date sur la sismicité de diverses parties du pays. « Chaque province ou région peut les prendre en compte pour établir son code », poursuit M. Mostafaei.
Bien que la Colombie-Britannique et le Québec soient plus susceptibles d’être secoués par un séisme que les autres provinces, le Canada court généralement peu de risques de vivre une dévastation de grande envergure.
Carte gracieuseté de Ressources naturelles Canada
Exigences plus sévères pour la résistance à la charge latérale
Un des principaux objectifs du Code national du bâtiment du Canada (CNB) est de faire en sorte que les édifices résistent correctement à la charge latérale exercée par des forces naturelles, pour des questions de sécurité. Par « charge latérale », on entend les forces imprimées horizontalement aux ouvrages par le vent ou une secousse tellurique.
Cathy Taraschuk, ingénieure au Centre des codes canadiens du CNRC, se spécialise dans la conception des structures. Elle explique que la partie 4 du code porte sur la résistance à la contrainte latérale des grands édifices alors que la partie 9 présente les mêmes exigences, mais pour les bâtiments résidentiels ou les immeubles commerciaux d’envergure plus modeste.
« Les habitations et les bâtiments de petite taille qu’on rencontre au Canada ont habituellement une charpente légère, en bois, déclare-t-elle. Les dommages qu’on a récemment observés en Californie et au Japon révèlent que des bâtiments dotés d’une telle ossature doivent avoir des murs reliés de manière à répartir convenablement les contraintes lors d’un tremblement de terre. »
En plus des changements apportés à la conception et à l’érection des bâtiments à ossature légère en bois depuis les années 1960, les exigences de la partie 9 du CNB de 2010 ont été renforcées, en ce qui a trait aux contraintes exercées par le vent et les séismes.
La majeure partie des exigences de la partie 9 concernent les régions à risque plus élevé du Canada, principalement la côte du Pacifique, en Colombie-Britannique. Ces exigences prévoient l’usage de panneaux muraux construits de manière à transférer la charge latérale aux étages inférieurs. Ces panneaux forment des plans contreventés horizontalement et verticalement continus dans tout le bâtiment, du toit aux fondations.
Sauver des vies
En ce qui concerne les habitations et les immeubles de grande taille, les dispositions du Code visant à protéger les bâtiments contre les secousses telluriques ont pour but d’empêcher ceux-ci de s’effondrer afin de sauver des vies. L’édifice doit garder son intégrité assez longtemps pour que les gens puissent se mettre à l’abri.
Habitation du Chili endommagée par le séisme de puissance 8,8 qui a secoué le pays, le 27 février 2010
« Les normes s’appliquant aux édifices de grande taille dépassent largement celles élaborées pour les habitations unifamiliales », affirme Mme Taraschuk. « Il existe des dispositions particulières pour les immeubles indispensables au maintien des services après un cataclysme, entre autres les hôpitaux, les centrales électriques, les écoles et d’autres bâtiments importants. »
Comme l’ont appris bon nombre de nations frappées par un cataclysme, un tremblement de terre ne dure que quelques secondes, mais l’effet de leurs secousses persiste de longues années. Grâce à de vastes et exhaustives recherches sur la sismicité et aux normes sévères de notre Code national du bâtiment, les immeubles neufs du pays seront plus sûrs que jamais.
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