ARCHIVÉ - Tenir le feu en échec

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Le 01 février 2011 — Ottawa (Ontario)

Les maisons et bâtiments construits selon le Code national du bâtiment – Canada 2010 (CNB) garderont davantage les Canadiens à l’abri du feu.

« De nombreux changements ont été apportés aux versions antérieures du Code afin d’accroître la sécurité des occupants en cas d’incendie. Les changements aux exigences en matière de systèmes d’alarme incendie ont concouru à réduire le nombre de décès attribuables au feu dans les habitations », confie Philip Rizcallah, agent technique principal au Centre canadien des codes du CNRC. « Le CNB de 2010 resserre encore plus ces dispositions en y intégrant de nouvelles connaissances et technologies. »

Les habitations construites selon le Code national du bâtiment de 2010 devront être pourvues d’avertisseurs de fumée dotés d’un bouton qui coupera le signal sonore avec l’indication qu’il s’agit d’une fonction manuelle.

Les habitations construites selon le Code national du bâtiment de 2010 devront être pourvues d’avertisseurs de fumée dotés d’un bouton qui coupera le signal sonore avec l’indication qu’il s’agit d’une fonction manuelle.

Auparavant, les avertisseurs de fumée fonctionnaient avec une pile que les gens négligeaient souvent de remplacer une fois morte, ce qui rendait l’avertisseur inutile. Pour y remédier, le code de 2005 exigeait que toutes les alarmes soient connectées (c.-à-d. raccordées en permanence à un circuit électrique, sans interrupteur pour les déconnecter). Cependant, beaucoup de gens qui avaient simplement trop grillé des toasts ou allumé une bouilloire près de l’avertisseur débranchaient le fil afin d’interrompre l’alarme, puis ils oubliaient de le rebrancher. » 

« Il fallait un mécanisme qui découragerait les gens de trafiquer le câblage, poursuit M. Rizcallah. En outre, les systèmes alimentés de cette façon ne fonctionnent pas quand il y a une panne de courant. Or, c’est précisément à ce moment que les risques d’incendie sont les plus grands, car les gens allument des bougies, font du feu dans leurs foyers ou cuisinent au propane. »

Le code de 2010 a résolu le problème. « Les habitations respectant ses dispositions auront des avertisseurs de fumée pourvus d’un bouton qui coupera le signal sonore et d’une pile de secours de 9 volts qui prendra la relève en cas de panne », explique M. Rizcallah. Le nouveau code exige aussi l’installation d’un avertisseur de fumée dans toutes les chambres et dans les corridors y conduisant.

Réveiller les enfants endormis

Réveiller les enfants endormis

Une étude australienne effectuée en 2004 révèle que 81 % des 114 décès dus au feu cette année-là étaient survenus durant la nuit et que 86 % des victimes dormaient. Les enfants, les personnes âgées et les gens manquants de sommeil ou qui avaient consommé de l’alcool ou une drogue sont les plus susceptibles de ne pas se réveiller au bip du signal d’alarme. Les enfants courent les plus grands risques, car ils dorment profondément et n’ont pas conscience de ce qui se passe autour d’eux. 

Selon la même étude, des signaux irréguliers ou une voix tireraient les gens de leur sommeil plus facilement que le bip usuel. L’enregistrement d’une voix féminine disant « Au feu, au feu, sortez! » augmente considérablement la proportion d’enfants qui se réveillent. 

« Le code de 2010 tient compte de ces constatations, reprend M. Rizcallah. Les versions antérieures exigeaient que les avertisseurs de fumée émettent un son d’un certain nombre de décibels sans préciser la nature du signal. Désormais, les systèmes d’alarme viendront avec un message verbal ou devront respecter une cadence précise – trois courts bips suivis d’une pause plus longue. La pause perturbe les ondes cérébrales, ce qui enclenche le réveil. »

Systèmes de communication phonique

Des études révèlent qu’un système obligatoire de communication vocale accroîtrait la sécurité quand un incendie se déclare dans un grand magasin. 

« Les magasins à grande surface vendent souvent quantité de matériaux très inflammables, qu’il s’agisse de styromousse, d’engrais, d’essence ou de pneus, poursuit M. Rizcallah. Dans un cas, aux États-Unis, une personne a apporté sa tondeuse pour la faire réparer et l’a déposée près de sacs d’engrais. L’huile qui fuyait de la tondeuse a mis feu à l’engrais et le magasin entier a été la proie des flammes en fort peu de temps. » 

D’autres travaux montrent que la majorité de clients qui entendent sonner une alarme incendie restent dans le magasin. Quand leur panier est plein de marchandises, les personnes veulent terminer leur magasinage, croyant qu’il n’y a pas d’urgence réelle. Les préposés à la caisse empirent souvent la situation en poursuivant leur travail. S’il y a vraiment urgence, les gens disposent de peu de temps pour sortir. Pourtant, ils ne se dépêchent pas autant qu’ils le devraient. » 

« Ces pourquoi le Code national du bâtiment de 2010 exige l’installation d’un système de communication phonique dans les immeubles pouvant accueillir plus de mille personnes, conclut M. Rizcallah. Un tel système permettrait aux pompiers ou à du personnel expérimenté de diffuser un message donnant des instructions claires du genre ‘Ceci n’est pas un exercice. Veuillez abandonner votre panier et gagner la sortie la plus proche aussi vite que possible.’ » Le nouveau code fixe des critères d’intelligibilité pour s’assurer que les gens saisissent bien le message. 

Le Code national du bâtiment 2010

Le Code national du bâtiment de 2010 est l’un des trois codes modèles de construction récemment publiés par le CNRC, les deux autres étant le Code national de prévention des incendies et le Code national de la plomberie. Ces codes modèles ont vu le jour au terme de vastes consultations et font le consensus des intervenants du secteur de la construction (organismes de réglementation, architectes, constructeurs, fournisseurs, chercheurs et population).

Ces codes ne sont toutefois que des modèles, car les provinces et les territoires ont juridiction sur leur secteur de la construction. Presque tous les bâtiments du Canada sont néanmoins construits en fonction de règlements qui s’inspirent des codes modèles nationaux. En effet, la plupart des provinces et territoires adoptent les codes modèles sans modification, ou très peu, ou les adaptent en fonction des besoins régionaux avant de les publier comme les leurs. Plus sur les codes.

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