ARCHIVÉ - De meilleures interventions chirurgicales pour les patients épileptiques

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Le 01 juillet 2011 — Ottawa (Ontario)

Des chercheurs canadiens mettent au point de nouvelles techniques d’imagerie pour aider les médecins à se préparer lors d’opérations sur leurs patients atteints d’épilepsie.

Environ un Canadien sur 200 souffre d’épilepsie. Dans quelque 30 % des cas, la maladie est qualifiée d’incurable, parce que réfractaire aux médicaments. Pour ces personnes, la chirurgie pourrait bien être le seul espoir d’échapper aux crises débilitantes qui surviennent lorsque les neurones « disjonctent » sans raison. « Selon la gravité du cas, les crises peuvent affecter une région particulière du cerveau ou sa totalité », déclare Einat Liebenthal, chercheuse invitée à l’Institut du biodiagnostic du CNRC (IBD-CNRC), à Winnipeg.

Image en relief des zones cartographiées par l’IRMf et l’ITD chez un patient épileptique. Les parties rougeâtres correspondent à la fonction du langage identifiée par IRMf tandis que les vertes et les bleues indiquent les troncs nerveux du langage repérés par ITD.

Image en relief des zones cartographiées par l’IRMf et l’ITD chez un patient épileptique. Les parties rougeâtres correspondent à la fonction du langage identifiée par IRMf tandis que les vertes et les bleues indiquent les troncs nerveux du langage repérés par ITD.

Sous la conduite de Mme Liebenthal, les chercheurs de l’IBD travaillent avec les neurochirurgiens du Health Sciences Centre de Winnipeg pour essayer d’utiliser des méthodes d’imagerie non invasives afin de faciliter la planification des interventions chirurgicales. L’objectif consiste à cartographier les zones cérébrales qui commandent des fonctions vitales près du lieu où les crises prennent naissance. Pareilles cartes pourraient améliorer l’issue de l’opération en aidant le chirurgien à trouver l’équilibre entre l’ablation du tissu malade et les risques de séquelles neurologiques advenant le retranchement de tissu sain.

Par leur nature aléatoire, les crises d’épilepsie réduisent considérablement la qualité de vie du malade, tout en causant un énorme stress chez les membres de la famille ou ceux qui dispensent les soins. « Les épileptiques ne peuvent conduire et éprouvent parfois des déficits comme des pertes de la mémoire à court terme », explique Einat Liebenthal.

« Si on pouvait identifier avec précision l’endroit affecté et enlever le tissu, le patient n’aurait plus de crises en sortant de la salle d’opération », poursuit Mme Liebenthal. « Cependant, il pourrait arriver que la partie du cerveau excisée ait d’importantes fonctions au niveau du langage ou de la mémoire. Selon l’emplacement et l’importance de l’intervention, on pourrait noter un affaiblissement appréciable de ces fonctions. »

Elle ajoute que l’emplacement exact des sites qui commandent le langage et la mémoire varie d’une personne à l’autre, même chez celles en bonne santé. Pour la majorité des gens, le langage est « latéralisé à gauche », ce qui signifie que les sites du langage sont essentiellement regroupés dans l’hémisphère gauche de l’encéphale. Cependant, pour quelques-uns, les gauchers surtout, ces fonctions sont réparties également entre les deux hémisphères ou résident principalement dans le droit.

« Si le foyer de l’épilepsie se situe dans l’hémisphère gauche, il est utile de savoir de quel côté le langage est latéralisé, à gauche ou à droite », reprend Mme Liebenthal. « Dans le deuxième cas, les risques d’une perte neurologique sérieuse après l’opération sont moins grands. »

L’équipe de recherche de l’IBD. (De gauche à droite) Jordan Hovdebo, Einat Liebenthal, Patricia Gervai et Rena Papadimitropolous. Absents sur la photo : Uta Sboto-Frankenstein et Lawrence Ryner.

L’équipe de recherche de l’IBD. (De gauche à droite) Jordan Hovdebo, Einat Liebenthal, Patricia Gervai et Rena Papadimitropolous. Absents sur la photo : Uta Sboto-Frankenstein et Lawrence Ryner.

Pour cartographier les fonctions du langage, l’équipe de Mme Liebenthal recourt à la fois à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et à l’imagerie en tenseur de diffusion (ITD). L’IRMf indique quelle partie de la « matière grise » ou quels neurones sont activés quand le patient effectue une tâche particulière liée au langage, tandis que l’ITD met en relief la « matière blanche » ou les troncs nerveux (qui relient diverses parties du réseau) activés. « Nous aimerions suivre environ 25 personnes avant et après l’intervention », déclare Mme Liebenthal.

Préciser l’origine des crises

Les médecins recourent à diverses méthodes pour déterminer le centre des crises d’épilepsie chez le malade. La plus courante est l’EEG en vidéo prolongée. Plusieurs jours durant, on filme continuellement le patient épileptique, dont l’activité cérébrale est enregistrée grâce aux électrodes fixées sur son crâne. Lorsqu’une crise est saisie sur la pellicule, on l’apparie aux données issues des électrodes. « La technique ne permet pas de localiser avec précision le lieu de la crise, parce que les mesures s’effectuent au niveau du cuir chevelu, alors que la source du mal se trouve dans le cerveau », ajoute Mme Liebenthal.

Au besoin, on recourt à une autre technique baptisée « EEG intracrânienne ». Dans ce cas, les électrodes sont profondément enfoncées dans l’encéphale ou posées en surface, selon le lieu présumé des crises. « Cette technique s’avère nettement plus précise, mais elle comporte les mêmes risques qu’une opération », avertit-elle.

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Renseignements : Relations avec les médias
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