ARCHIVÉ - La fin du cancer au bout de la route

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Le 06 janvier 2011 — Ottawa (Ontario)

Chaque année, on diagnostique le cancer chez plus de 13 000 personnes dans les provinces de l’Atlantique et 6300 en meurent, le taux le plus élevé au pays. Réduire ce nombre soulève une multitude de questions pour les chercheurs. Qui court le plus de risques? Quel rôle la génétique, l’environnement, le mode de vie, le comportement jouent-ils dans la manifestation de la maladie? Et quels changements de nature biochimique cette dernière suscite-t-elle?

Voilà quelques interrogations sur lesquelles se penche l’Atlantic Partnership for Tomorrow’s Health (Atlantic PATH). Dans le cadre de cette ambitieuse initiative, les scientifiques recruteront 30 000 bénévoles adultes dans les quatre provinces des Maritimes. Leur but? Découvrir pourquoi certains contractent le cancer et d’autres pas, en vue d’en améliorer la prévention et le diagnostic.

Qu’est-ce que l’Atlantic PATH?

L’Atlantic PATH s’inscrit dans le Projet de partenariat canadien Espoir pour demain, la plus vaste étude de son genre au Canada. Lancée en juin 2008, l’étude de 42 millions de dollars suivra la santé de 300 000 personnes en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario, au Québec et dans les provinces de l’Atlantique pendant 20 à 30 ans.

« L’Atlantic PATH a pour objectif de recueillir des échantillons d’ongle, de sang, d’urine et d’autres liquides biologiques, ainsi que des renseignements personnels au sujet de 30 000 Canadiens vivant dans les Maritimes, et de suivre le groupe en prélevant d’autres échantillons de chaque participant tous les cinq ans », explique Tobias Karakach, chercheur à l’Institut des biosciences marines du CNRC (IBM-CNRC), de Halifax. « On peut étudier les changements biologiques survenus chez ceux qui développent le cancer ou une autre maladie du métabolisme comme le diabète entre le moment où les premiers échantillons ont été recueillis et les 5, 10, 15, voire 20 années suivantes. »

 

L’Institut des biosciences marines du CNRC supervise l’étude en métabolomique qui fait partie de l’initiative Atlantic PATH. De gauche à droite : Nadine Merkley, Tobias Karakach, Ray Syvitski.

L’Institut des biosciences marines du CNRC supervise l’étude en métabolomique qui fait partie de l’initiative Atlantic PATH. De gauche à droite : Nadine Merkley, Tobias Karakach, Ray Syvitski.

En tant que partenaire du projet, le CNRC chapeaute l’étude en « métabolomique », une science qui « mesure les modifications générales subies par le profil métabolique d’un individu, c’est-à-dire les sucres, les acides aminés, les lipides et d’autres petites molécules », déclare M. Karakach. En analysant la biochimie d’une cellule avant et après un important changement physiologique ou environnemental, les scientifiques parviennent à identifier les composés chimiques dont la concentration a augmenté ou diminué et, de là, à déduire quelles voies du métabolisme sont intervenues.

Suivre l’évolution du métabolisme

La génomique étudie le génome ou les séquences d’ADN des organismes vivants. La protéomique porte sur l’étude des composés protéiques de la cellule. Rejeton de ces deux sciences, la métabolomique se penche sur les « métabolites » de la cellule, bref les molécules résultant de l’activité des protéines.

« Quand il s’exprime, un gène signale à l’organisme de fabriquer telle ou telle protéine », explique Tobias Karakach, de l’IBM-CNRC. « L’expression du gène nous dit ce que la cellule avait l’intention de faire, tandis que le ‘métabolome’ nous apprend exactement ce qui s’est produit en réalité. »

La métabolomique aiderait donc les chercheurs à déterminer, par exemple, si l’emplacement géographique exerce une influence sur le cancer. « Nous savons qui boit l’eau d’un puits et qui reçoit l’eau de l’aqueduc municipal. L’eau des premiers, par exemple, pourrait contenir plus d’arsenic », poursuit M. Karakach. Ce qui amène la question : « y a-t-il des différences dans le métabolisme des deux groupes et ces variations modifient-elles la probabilité qu’apparaisse le cancer? »

La métabolomique aiderait aussi les scientifiques à évaluer l’efficacité de certains médicaments. « Disons qu’un groupe de patients reçoive un médicament et l’autre pas, reprend M. Karakach. Il est possible d’établir la concentration des métabolites qui a changé dans la cellule après le traitement. En revenant en arrière, on déterminera quelle voie du métabolisme a été affectée, en d’autres termes, si le médicament a atteint la voie qu’on ciblait ou celle d’un métabolite qu’on aurait préféré épargner. » Ces renseignements concourront à améliorer le traitement du cancer et d’autres maladies.

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Renseignements : Relations avec les médias
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