ARCHIVÉ - De notoriété scientifique, à statut de site historique

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Le 28 juillet 2010 — Victoria (Colombie-Britannique)

Posé au sommet d’une montagne de 230 mètres d’altitude, au nord de Victoria, le télescope à réflexion de 1,8 mètre de l’Observatoire fédéral d’astrophysique (OFA) scrute le ciel nocturne depuis 92 ans. Que Parcs Canada en fasse un lieu historique national n’est que justice, face à l’importance que ce lieu a jouée dans l’évolution de l’astronomie au pays.

« L’OFA et ceux qui y travaillaient à ses débuts ont aidé l’astronomie canadienne à mériter une excellente réputation internationale », raconte son directeur, Jim Hesser. Il ajoute que la décision de Parcs Canada permettra au CNRC de continuer d’utiliser l’observatoire à des fins scientifiques tout en préservant son architecture historique.

La Warner and Swasey Co. de Cleveland, également fournisseur de l’Observatoire d’Ottawa, a conçu la coupole rotative en acier de plus grande envergure de l’Observatoire fédéral d’astrophysique avant de l’installer en 1917.

La Warner and Swasey Co. de Cleveland, également fournisseur de l’Observatoire d’Ottawa, a conçu la coupole rotative en acier de plus grande envergure de l’Observatoire fédéral d’astrophysique avant de l’installer en 1917.

À l’œil du profane, estime M. Hesser, le bâtiment de l’observatoire semble encore dater de 1918, cependant un siècle de perfectionnements a rendu son télescope 10 000 fois plus sensible qu’à son origine, de sorte qu’il contribue toujours à la recherche astronomique en ce XXIe siècle.

Le miroir principal original d’un diamètre de 1,8 mètre qui avait été coulé en Belgique, a capté les rayons de ses premières étoiles le 6 mai 1918, avant d’être remplacé vers le milieu des années 1970 par un autre miroir, celui-là insensible aux écarts de température. Le spectrographe initial – l’instrument qui décompose la lumière stellaire pour déterminer la composition chimique de l’étoile qui l’a émise – a lui aussi subi maintes améliorations. Par ailleurs, les caméras numériques et un nouveau polarimètre créé à l’Institut Herzberg d’astrophysique du CNRC (IHA-CNRC) exploitent des technologies émergentes. L’édifice, la coupole et le fût en acier de neuf mètres du télescope, eux, n’ont toutefois pas changé.

« Il est remarquable qu’on utilise encore passablement le même équipement après tout ce temps », commente David Bohlender, agent de recherche de l’IHA-CNRC responsable du télescope. « Nous prévoyons continuer d’en perfectionner le fonctionnement durant les années à venir et comptons bien ainsi maintenir la réputation de l’observatoire. »

Tirée à l’ancienne par des chevaux, la monture équatoriale de haute technologie du télescope gravit la montagne vers sa nouvelle demeure, sur le petit mont Saanich (aujourd’hui mont de l’Observatoire).

Tirée à l’ancienne par des chevaux, la monture équatoriale de haute technologie du télescope gravit la montagne vers sa nouvelle demeure, sur le petit mont Saanich (aujourd’hui mont de l’Observatoire).

M. Hesser ajoute que le mécanisme de poursuite original du télescope — un « magnifique » mouvement d’horlogerie en laiton actionné par gravité — était si précis qu’il n’a été débranché que vers la fin des années 1980 pour être remplacé par un nouveau système informatisé qui oriente automatiquement le télescope et accroît la précision de son pointage.

Bien qu’une grande partie de l’astronomie canadienne se déroule à présent dans des installations plus vastes et plus modernes comme le télescope Canada-France-Hawaï et l’observatoire Gemini, les perfectionnements décrits permettent à l’OFA de rester dans la course. M. Bohlender croit que les principaux atouts de l’OFA comprennent des programmes d’observation de longue haleine autorisant des périodes d’observation prolongées et ininterrompues, et la formation des futurs astronomes en vue d’une carrière scientifique.

Un programme permanent de l’Observatoire fédéral d’astrophysique consiste à tracer l’orbite des astéroïdes éventuellement dangereux qui passent près de la Terre.

Un programme permanent de l’Observatoire fédéral d’astrophysique consiste à tracer l’orbite des astéroïdes éventuellement dangereux qui passent près de la Terre.

L’homme qui a bâti l’OFA

John Stanley Plaskett, le créateur et premier directeur de l’OFA, était un machiniste chevronné qui travaillait à titre de mécanicien d’instruments au département de physique de l’Université de Toronto.

Après avoir achevé son doctorat, il devint astronome à l’Observatoire fédéral d’Ottawa, doté d’un télescope de 0,32 mètre. M. Plaskett croyait en la simplicité et la robustesse des mécanismes, ce qui explique pourquoi l’observatoire de l’île de Vancouver a tenu aussi longtemps et a contribué à établir la renommée internationale de l’IHA-CNRC dans la fabrication d’appareils scientifiques pour les télescopes optiques et infrarouges.

En fait, cette réputation le précède toujours aujourd’hui et l’IHA-CNRC fait encore appel aux télescopes de l’OFA comme banc d’essai pour tester ses nouveaux instruments.

Le directeur de l’OFA Jim Hesser affirme qu’en classant l’observatoire parmi les sites historiques nationaux, le gouvernement a voulu souligner la vision scientifique de M. Plaskett et des premiers employés, tout autant que l’aspect architectural du bâtiment.

« Nous sommes très fiers de l’honneur qui échoit à l’observatoire, comme nous sommes fiers de savoir que, 90 ans plus tard, le télescope Plaskett continue de servir la science, poursuit M. Hesser. Le télescope joue aussi un grand rôle en montrant les merveilles de l’astronomie aux dizaines de milliers d’écoliers qui le visitent chaque année. »

Des découvertes révolutionnaires

Lorsqu’il était neuf, l’OFA a été le plus gros télescope optique en usage dans le monde pendant un court laps de temps. Une de ses premières découvertes a été réalisée grâce à un programme de dix ans qui recourait alors à la toute nouvelle technique de photographie spectrographique pour mesurer la « vélocité radiale » de centaines d’étoiles, c’est-à-dire la vitesse à laquelle ces dernières s’approchent ou s’éloignent de nous. Les résultats donnèrent lieu à de véritables percées sur notre galaxie, la Voie lactée. Les recherches de l’OFA, publiées sous la direction de M. Plaskett, dans les années 1930, ont présenté les dernières découvertes de l’étude de la galaxie jusqu’à l’avènement de la radioastronomie, une vingtaine d’années plus tard.

« Ces recherches contribuèrent à notre compréhension fondamentale de la taille et la masse de la Voie lactée », explique M. Hesser.

Les premiers astronomes de l’OFA ont aussi eu recours à la spectrographie pour déterminer la nature de ce qu’on appelle désormais couramment le milieu interstellaire – le gaz et les poussières qui occupent le vide entre les étoiles. Vingt-cinq ans plus tard, les astronomes ont compris que les températures du milieu interstellaire calculées d’après ces observations ont aidé à prouver la naissance de l’Univers lors du big bang.

Une autre contribution fondamentale fut la découverte, en 1922, de l’étoile binaire la plus massive connue jusqu’à tout récemment – les astronomes l’appellent maintenant l’étoile de Plaskett.

Un programme permanent de l’OFA trace l’orbite des astéroïdes potentiellement dangereux qui s’approchent de la Terre. Enfin, les diplômés en astronomie de l’Université de Victoria classent les supernovas récemment découvertes toutes les quelques semaines, lors des périodes prévues à intervalles réguliers.

Bon nombre des découvertes initiales réalisées à l’OFA sont si fondamentales qu’on les enseigne maintenant aux élèves du primaire et du secondaire dans les cours de sciences. Au début du dernier siècle cependant, elles étaient révolutionnaires. Selon M. Hesser, cela montre bien la nature primordiale du travail effectué à l’observatoire.

« L’observatoire nous a considérablement bien servi et continue de le faire, dit-il. Ses deux télescopes produisent toujours des résultats à très peu de frais pour l’IHA-CNRC. »

Le télescope Plaskett

J.S. Plaskett, premier directeur de l’Observatoire fédéral d’astrophysique, avait nettement en tête des recherches de calibre international dès le départ. Il a si bien conçu l’observatoire et le télescope qu’il abrite qu’on s’est inspiré de ses plans pour en bâtir sept autres par la suite, le plus récent datant des années 1960.

« Il a vu à tout : l’ingénierie, la conception, la mise en service et l’élaboration du premier programme d’observation. Il avait placé la barre très haut au niveau de la recherche, déclare Jim Hesser. Avec ses collègues, il a su inspirer les Canadiens à viser des buts ambitieux en recherche astrophysique, et à se montrer à la hauteur des projets internationaux entrepris dans le domaine. Je crois qu’en faisant de l’observatoire un site historique, on ne souligne pas seulement la qualité de l’édifice et du télescope, mais on rend aussi hommage au discernement du personnel. Dans l’histoire de l’astronomie moderne, Plaskett et ses collaborateurs font figure de géants. »

« M. Plaskett était un innovateur, ajoute David Bohlender. Il a tiré parti de la meilleure technologie qui existait à l’époque où le télescope et le spectrographe de l’OFA ont été conçus, toujours en vue de prolonger la vie utile de l’équipement aussi longtemps que possible. »

En 1962, une nouvelle coupole abritant un télescope plus modeste de 1,2 mètre a été érigée sur les lieux pour les travaux de spectroscopie. L’OFA a été officiellement intégré à l’IHA-CNRC en 1970.

Le télescope original de 1,8 mètre, utilisé aux trois quarts du temps pour la spectroscopie et le reste pour l’imagerie directe, a été baptisé le « télescope Plaskett » à l’occasion de son 75anniversaire, en 1993.

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