ARCHIVÉ - Un spécialiste du sonar sonde de nouveaux marchés
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Le 01 mars 2010 —
Un petit sous-marin sans équipage d'une très grande manœuvrabilité et doté des capacités d'un sonar est sur le point de plonger à la recherche de nouveaux marchés.
Marport Canada Inc., une entreprise de St. John's, construit des sonars pour la pêche commerciale en eau profonde. Avec l'aide du CNRC, elle a mis au point le sous-marin SQX-500 qu'elle destine à la défense, à la recherche de sources d'énergie en haute mer et à diverses applications en sciences océaniques.
L'histoire débute en 2005. Karl Kenny, chef de la direction de Marport, propose de recourir à un logiciel pour assurer différentes fonctions d'un sonar, au lieu de construire un appareil différent pour chaque application.
« Nous nous sommes dit : Pourquoi ne pas créer une plateforme qui s'adapterait à une vaste gamme d'applications dans ce domaine? », se rappelle Neil Riggs, vice-président de la recherche-développement chez Marport. « En explorant l'idée, nous nous sommes rendu compte qu'il existait d'autres marchés que la pêche pour nos produits. »
Un sonar, plusieurs usages
Le submersible robotisé SQX-500 de Marport utilise des modules logiciels pour effectuer les nombreuses tâches d'un sonar.
Le sonar virtuel imaginé par Marport utilise des modules logiciels préprogrammés qu'on branche à un capteur ordinaire. Jusqu'à présent, chaque sonar était conçu comme un dispositif électronique distinct.
Songeant à des applications éventuelles, M. Kenny a pensé qu'un véhicule sous-marin autonome (AUV) – un sous-marin robotisé, somme toute – permettrait à ce système sonar de percer sur de nouveaux marchés.
Sa première idée était de construire un véhicule doté d'un sonar latéral qui survolerait le plancher océanique afin de tracer la route des câbles et des pipelines sous-marins. L'AUV devait être assez stable pour que les images transmises soient utilisables. Selon M. Kenny, si on parvenait à en accroître suffisamment la stabilité, voire à lui faire faire du sur-place, l'AUV pourrait effectuer d'autres tâches, comme les inspections sous-marines. En 2007, Marport a donc décidé de développer son propre AUV.
« À ce moment-là, je me suis rappelé que certaines personnes de ma connaissance, à l'Institut des technologies océaniques de St. John's, poursuivaient justement des recherches analogues », reprend M. Riggs.
Un sous-marin sur mesure
Le CNRC avait effectivement une équipe chargée de mettre au point un véhicule sous-marin. De son côté, Marport possédait une technologie sonar novatrice. Les deux parties ont donc uni leurs forces pour créer le SQX-500. Le CNRC a préconisait un modèle à coque double, d'une grande stabilité, testé à la Woods Hole Oceanographic Institution des États-Unis. De concert avec Marport, il a mis au point un système combiné de propulsion et de commande qui a donné au sous-marin miniature ses capacités uniques.
« L'idée de base vient du CNRC, concède M. Riggs. Évidemment, elle a beaucoup évolué, mais le CNRC a joué un grand rôle dans le projet dès le départ et il y contribue toujours énormément. À présent, nous avons un beau petit véhicule, et l'Université Memorial de Terre-Neuve s'est jointe à l'équipe de développement. »
L'appareil est un submersible doté de deux coques de 1,6 mètre de longueur et de 23 centimètres de diamètre chacune, renfermant le sonar, les batteries et le système de navigation électronique. Une paire de gouvernails relie la coque inférieure à la coque supérieure. Chaque gouvernail porte un moteur, des propulseurs et des ailerons latéraux qui donnent puissance et maniabilité.
Le « système de propulsion à tuyères vectorielles », dont le prototype a été testé dans les bassins du CNRC à St. John's avant d'être breveté conjointement par le CNRC et Marport, procure à l'appareil une incroyable manœuvrabilité et lui permet de rester stationnaire, comme un hélicoptère.
Plus profond et plus loin
Le SQX-500 peut plonger jusqu'à 500 mètres de profondeur, mais Marport esquisse déjà les plans d'un modèle qui ira jusqu'à 3 000 mètres. En plus de ses utilisations civiles, l'entreprise travaillera avec General Dynamics Canada pour lui trouver des fonctions militaires. L'appareil servira notamment pour la défense, par exemple la destruction de mines.
Projets d'avenir : une grappe de six SQX sous la glace. Illustration de General Dynamics Canada Ltd.
M. Riggs imagine de nombreuses utilisations moins glorieuses, mais indispensables, pour un véhicule comme le SQX. Ainsi, un tel appareil pourrait tracer la route des oléoducs et des gazoducs ou des câbles électriques sous-marins, voire inspecter les parties immergées des plateformes d'exploitation extracôtières.
Selon lui, les AUV de l'avenir travailleront en grappes. Bien qu'indépendant, chaque appareil communiquera avec ses voisins pour remplir les divers éléments d'une mission. À plus court terme, il espère qu'on utilisera des grappes de SQX-500 pour cartographier le plancher de l'Arctique.
« Notre grande ambition, explique-t-il, est qu'on utilise notre véhicule sous la glace, dans l'Arctique. »
Renseignements : Relations avec les médias
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