ARCHIVÉ - Un grand rêve qui débute bien

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Le 01 avril 2010 —

Les jeunes chercheurs caressent souvent de grands rêves. Pour Jennifer Estall, ce rêve consiste à enseigner, à poursuivre ses propres recherches et, qui sait, à trouver comment prévenir le diabète.

Aujourd'hui, ce rêve s'est passablement rapproché de la réalité. En effet, en 2007, elle recevait la bourse H.L. Holmes du CNRC qui lui a permis de continuer des études postdoctorales sur le diabète au célèbre Institut de recherche sur le cancer Dana-Farber de Boston, au Massachusetts. Ces deux dernières années, les travaux qu'elle y a entamés se concentrent sur ce qui se passe dans les cellules qui sécrètent l'insuline au début de la maladie.

Garder les cellules bêta en vie

Jennifer Estall, lauréate de la bourse H.L. Holmes du CNRC en 2007, espère éventuellement trouver comment affranchir les diabétiques de leur dépendance à l'insuline.

Jennifer Estall, lauréate de la bourse H.L. Holmes du CNRC en 2007, espère éventuellement trouver comment affranchir les diabétiques de leur dépendance à l'insuline.

Le diabétique a une concentration anormalement élevée de sucre dans le sang. Mme Estall pense que le problème vient d'un dérèglement du fonctionnement des mitochondries dans les cellules bêta du pancréas.

Les mitochondries sont les organites qui procurent de l'énergie à la cellule et en régulent la mort. Les cellules bêta, en particulier, requièrent beaucoup d'énergie pour synthétiser et sécréter des hormones quand la concentration de sucre change dans le sang. Lorsque quelqu'un mange trop, son pancréas libère plus d'insuline. Dans le diabète de type 2, le mécanisme des cellules bêta du pancréas finit tôt ou tard par flancher et les cellules meurent. Conséquence? Le malade doit s'injecter de l'insuline à chaque repas.

Mme Estall tente d'élucider les mécanismes responsables de la destruction des cellules bêta et de voir si on peut éviter celle-ci. « Si on parvenait à garder les cellules bêta en vie en améliorant le fonctionnement de leurs mitochondries, peut-être le malade ne dépendrait-il pas de l'insuline », explique-t-elle.

Le saviez-vous?

Un Canadien sur 17 environ souffre du diabète. On diagnostique près de 200 000 nouveaux cas chaque année. L'alimentation et le mode de vie pourraient être d'importants facteurs à l'origine de la maladie.

L'incidence du diabète augmente de manière stable. Les coûts liés aux soins de santé pour cette maladie devraient atteindre plus de 8 milliards de dollars annuellement d'ici 2016.

Elle aimerait aussi savoir si le diabète de type 1 (juvénile) résulte de la destruction des cellules bêta par un phénomène similaire. Les cellules meurent dans les deux cas, cependant, dans le diabète de type 1, les cellules bêta ne le font pas d'épuisement. Leur mort semble davantage reliée au système immunitaire. Même si quelque chose d'autre en déclenche la destruction, la chercheuse demeure persuadée que le mécanisme à la base est le même.

Ses travaux ont connu un bon point de départ. Elle a déjà découvert qu'un dérèglement du fonctionnement des mitochondries dans le foie affecte considérablement notre métabolisme, y compris l'action de l'insuline. Selon elle, la même molécule perturbe le fonctionnement des mitochondries dans les îlots du pancréas – ces amas cellulaires qui fabriquent l'insuline. L'an dernier, elle a publié les résultats de ses travaux comme auteur principal dans deux revues prestigieuses, Proceeding of the National Academy of Sciences et Diabetes. Cette prouesse figure certainement parmi les actions d'éclat de sa bourse.

L'insuline est produite dans les îlots du pancréas. Mme Estall croit qu'un dérèglement du fonctionnement des mitochondries dans ces îlots explique en partie le diabète.

L'insuline est produite dans les îlots du pancréas. Mme Estall croit qu'un dérèglement du fonctionnement des mitochondries dans ces îlots explique en partie le diabète.

Rapatrier le savoir au Canada

Mme Estall attribue une bonne partie du succès de ses recherches aux fonds qu'elle a reçus grâce à la bourse H.L. Holmes. D'un montant annuel d'environ 100 000 $, cette bourse de deux ans donne au lauréat la chance d'effectuer des études postdoctorales sous l'égide de chercheurs hors du commun, dans des écoles ou des instituts de renommée mondiale. Elle leur accorde aussi la liberté de poursuivre les recherches qui les intéressent. Peu d'étudiants jouissent d'une telle chance au-delà du doctorat, et Mme Estall la qualifie de primordiale dans les efforts qu'elle déploie en vue de diriger un jour son propre laboratoire de recherche. « J'ai vraiment eu un solide coup de pouce, confirme-t-elle. La bourse m'a sans aucun doute permis de gagner quelques années. »

Au terme de ses études, Mme Estall compte revenir au Canada comme membre du corps professoral d'une université afin d'y poursuivre ses recherches avec les outils et les modèles qu'elle a mis au point à l'Institut Dana-Farber. « Beaucoup de centres importants étudient le diabète au Canada », précise-t-elle. Son intention est de faire partie de l'un d'eux et de réaliser son rêve.

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

Restez branché

Flickr Abonnez-vous