ARCHIVÉ - De bêta à bravo! pour une entreprise dérivée du CNRC
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Le 01 juin 2010 —
Chemaphor inc., une entreprise dérivée du CNRC, compte bien rendre la vie des animaux de compagnie meilleure – et celle du bétail, en même temps – en mettant en marché un nutraceutique à base de bêtacarotène modifié.
L'entreprise est sur le point d'homologuer un supplément nutritif pour les petits animaux et compte avoir franchi les derniers obstacles de la réglementation fédérale d'ici la fin de 2010.
Selon le président du conseil d'administration et directeur des sciences nutritionnelles de Chemaphor David Hankinson, les essais révèlent que le produit, fait de bêtacarotène oxydé et baptisé OxBC, stimule le système immunitaire et combat l'inflammation des tissus. À l'inverse d'un antibiotique cependant, il n'active le système immunitaire que lorsque celui-ci est agressé par la maladie ou une infection.
Le président du conseil d’administration de Chemaphor, David Hankinson (à droite), reçoit un certificat de Chef de file canadien de l’innovation du ministre d’État aux Sciences et à la Technologie Gary Goodyear (à gauche). En juillet 2009, Chemaphor a obtenu une contribution de près de 300 000 $ du Programme d’aide à la recherche industrielle du CNRC pour étudier, perfectionner et commercialiser une technologie de pointe qui rehaussera la santé de l’être humain et des animaux. En janvier 2010, l’entreprise figurait parmi les sept projets de l’Î.-P.-É. à bénéficier d’une aide financière du Fonds d’innovation de l’Atlantique, de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique.
« Nous appelons cela un rehausseur naturel de santé, car l'ingestion du bêtacarotène oxydé n'apporte pas grand-chose si on l'absorbe quand on est en santé, explique M. Hankinson. L'OxBC amorce la pompe immunitaire, de sorte que le système réagit plus vite quand il est sollicité. »
Le bêtacarotène existe à l'état naturel dans certaines plantes telles la carotte et la tomate. Les végétaux le métabolisent par le biais d'une série de réactions d'oxydation régies par des enzymes pour le transformer en une gamme d'autres composés utilisée pour fabriquer l'OxBC. Les animaux, en particulier ceux qui cueillent leur nourriture, trouvent ces composés dans ce qu'ils mangent. La diète alimentaire de la majorité des animaux domestiques, en revanche, contient rarement du bêtacarotène oxydé. Chemaphor croit qu'en négligeant ces composés, on prive ces animaux d'une source importante des bienfaits du bêtacarotène, le principal étant la synthèse de la vitamine A.
Chemaphor produit de l'OxBC concentré en conditionnant thermiquement du bêtacarotène pur. L'entreprise y parvient plus rapidement et d'une manière plus uniforme que le font les plantes dans la nature. Le procédé capture les nombreux composés créés par le bêtacarotène quand il réagit avec l'oxygène. « Il s'agit d'un procédé naturel que nous avons accéléré et que nous maîtrisons de manière à obtenir constamment le même produit final, poursuit M. Hankinson. Il ne s'agit plus de bêtacarotène, mais d'une toute nouvelle série de petits composés à faible poids moléculaire mêlés à d'autres, de poids moléculaire plus élevé, issus de l'oxydation polymérique. Le mélange est très complexe. »
Les origines de Chemaphor
Le produit et le procédé d'oxydation ont été mis au point à l'Institut Steacie des sciences moléculaires du CNRC (ISSM-CNRC), à Ottawa. Les chimistes Graham Burton et Janusz Daroszewski, cofondateurs de Chemaphor, y ont étudié les propriétés anticancérigènes du bêtacarotène au milieu des années 1990. Les chercheurs se sont alors tournés vers des biologistes, plus précisément ceux de l'Institut des sciences nutritionnelles et de la santé du CNRC (ISNS-CNRC), de Charlottetown, pour qu'ils les aident à tester méthodiquement et à développer biologiquement le composé, si bien que l'entreprise est devenue le premier partenaire industriel de l'Institut.
Xiaoxia Zhang (à gauche), Alena Corcoran et Ian Boswall travaillent sur le bêtacarotène oxydé au laboratoire de Chemaphor, à l’Installation de partenariat industriel de l’ISNS-CNRC, à Charlottetown.
À présent, Chemaphor a entrepris l'homologation de l'OxBC en tant que supplément nutraceutique pour les animaux de compagnie comme les chats et les chiens. Les premiers tests indiquent que le produit atténue la perte des poils et soulage les articulations douloureuses des animaux vieillissants.
Son partenariat avec l'ISNS-CNRC a considérablement accéléré le processus de réglementation pour l'entreprise. « Jim Johnston, de l'Institut, est notre mentor, reprend M. Hankinson. Il nous a beaucoup aidé en nous disant ‘pourquoi n'essayez-vous pas ceci' ou ‘regardez ça'. »
Une fois que l'OxBC aura été homologué pour l'utilisation avec les animaux de compagnie, ainsi qu'on s'y attend, Chemaphor entreprendra sa certification pour la volaille, les porcs et les bovins. Un jour, on pourrait même homologuer le bêtacarotène oxydé pour la santé humaine (M. Hankinson pense que ce produit promet pour rajeunir la peau). Cependant, beaucoup d'années s'écouleront auparavant et maintes étapes devront être franchies dans la réglementation.
« Pour l'instant, nous nous efforçons de commercialiser le nutraceutique pour les animaux familiers, car nous savons que le produit est sûr et donne des résultats, dit-il. Nous sommes encore loin des essais sur les animaux de boucherie. Je crois que le produit aurait aussi son utilité en aquaculture, mais nous ne faisons que commencer à explorer cette possibilité. Bien qu'il y ait beaucoup de pistes intéressantes, il faut marcher à quatre pattes avant de se tenir debout. Bref, nous devons nous assurer qu'absolument tout est bien en place. »
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