ARCHIVÉ - À l'écoute du ciel
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Le 01 juillet 2009 — Victoria (Colombie-Britannique)
Les ondes radioélectriques sont identiques aux ondes lumineuses, si ce n'est qu'elles sont plus longues. On peut en mesurer la puissance et en tirer des images, comme on le fait avec la lumière. Si cela s'arrête là, pourquoi s'en préoccuper? Si cartographier le ciel avec un radiotélescope n'est qu'une façon techniquement un peu plus complexe de voir ce qu'on voit déjà avec des télescopes ordinaires, surtout d'aussi bons que les télescopes Gemini ou le télescope Canada-France-Hawaï, pourquoi ne pas se contenter de l'astronomie optique? De toute évidence, ce n'est pas le cas. Les radiotélescopes permettent de voir des choses que ne peuvent capter les télescopes optiques. Qui plus est, il s'agit de choses très importantes. On peut dire que les radiotélescopes ont révélé un aspect de l'univers dont nous ignorions totalement l'existence.
Par une nuit claire, on peut voir dans le firmament deux ou trois milliers d'étoiles ainsi qu'une planète ou deux. Si le ciel est suffisamment sombre, vous pourrez peut-être distinguer la Voie lactée qui s'étire telle une immense arche. Vous verrez la lune et quelques météores. Avec de la chance, ajoutez-y une comète. Le radiotélescope brosse un tableau si différent que, durant plusieurs décennies, il a été difficile d'établir un lien entre ce qu'il montrait et ce qu'on observait avec les télescopes optiques.
Pour les radiotélescopes, la Voie lactée est l'objet le plus brillant dans le ciel. À l'œil nu, cette dernière ressemble à un voile composé de millions ou de milliards d'étoiles luisant faiblement. Les éclatantes ondes radioélectriques de la Voie lactée n'émanent pas du tout des étoiles. Elles viennent de l'espace qui les sépare : il s'agit de gaz, de poussières, de particules à haute énergie et de champs magnétiques. Tout cela, ou presque, est invisible sans instrument. Quelques ondes radioélectriques viennent des nuages glacés d'hydrogène, principal constituant des étoiles. La majorité des composés chimiques qui forment les sombres nuages de poussière froide ont leur propre signature radio. Les radiotélescopes permettent donc de les identifier et d'étudier les réactions chimiques qui s'y déroulent. La chimie cosmique nous échapperait totalement sans radiotélescopes.
Par endroit, des bulles perforent les nuages de gaz. Elles marquent l'emplacement de vieilles étoiles qui ont explosé, perçant un trou dans la masse cotonneuse. Les champs magnétiques et les ondes de choc résultant de ces explosions engendrent des ondes radio. Sur un mur de notre observatoire a été collée l'image d'un objet évoquant une méduse. Dans le ciel, cet objet serait beaucoup plus grand que la lune quand elle est pleine, mais il émet des ondes radio, pas de la lumière. C'est notre radiotélescope de synthèse qui l'a découvert. Une autre étoile a explosé près d'un vide entre deux nuages, donnant une image qui ressemble à une balle de baseball sur le point d'être attrapée dans un gigantesque gant de receveur. Tout cela échappe à notre œil, mais pas au radiotélescope.
Les radiotélescopes brossent un portrait très particulier de l'univers, à savoir un portrait des réactions chimiques qui se poursuivent dans les nuages sombres et froids où se fabriquent les matériaux qui participent peut-être au développement de la vie. S'y nichent les matières premières dont sont constituées les étoiles, des ondes de choc, des jets de substance éjectée par les galaxies et d'étranges phénomènes à haute énergie survenant au cœur de ces dernières. C'est un radiotélescope qui, par hasard, nous a montré les rayonnements correspondant aux derniers vestiges de la naissance de l'univers. Sans les radiotélescopes, nous en saurions considérablement moins sur l'univers qui nous entoure.
Ken Tapping est un astronome travaillant à l'Institut Herzberg d'astrophysique du CNRC à Penticton.
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