ARCHIVÉ - Un test à la hauteur
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Le 06 avril 2009 — Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard)
Lorsque Stirling Products North America inc. (STI-NA) a créé le procédé ProValeMC pour extraire le bêta-glucane (un sucre complexe) des levures afin d'en faire un supplément naturel pour le bétail, la firme de Charlottetown s'est heurtée à un obstacle. STI-NA devait trouver comment vérifier la pureté des lots fabriqués au moyen de son procédé et normaliser la dose efficace selon les exigences de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).
Selon Shane Patelakis, vice-président des services techniques de l'entreprise, le bêta-glucane renforce le système immunitaire des animaux, tout comme l'administration d'une faible dose d'antibiotiques prévient la maladie dans les troupeaux. La distinction est que le bêta-glucane peut être certifié d'origine biologique, ne laisse aucun résidu et ne coûte pas plus cher.
Plusieurs sociétés nord-américaines fabriquent du bêta-glucane, mais sa qualité varie et on le destine rarement aux animaux. STI-NA devait prouver que la pureté et la qualité de son produit respectaient les normes de l'ACIA. Malheureusement, il n'existait aucun test normalisé et les autres tests ne convenaient ni à l'ACIA ni à l'entreprise.
Shane Patelakis inspecte une pompe à l'usine pilote de Stirling Products North America inc., à l'Île-du-Prince-Édouard.
STI-NA devait absolument procéder à un contrôle précis et uniforme de la qualité de son produit. En effet, la pureté varie naturellement d'un lot à l'autre et l'entreprise souhaitait commercialiser des doses uniformes pour divers animaux, soit de 40 grammes la tonne d'aliments pour la volaille à 200 grammes pour les bovins.
Scientifique en produits alimentaires, M. Patelakis connaissait l'Institut des sciences nutritionnelles et de la santé du CNRC (ISNS-CNRC), à Charlottetown. Il lui a donc fait appel.
« Nous voulons nous démarquer de la concurrence. Pour cela, il nous fallait la sanction d'un organisme national indépendant, déclare-t-il. Nous espérions que le CNRC nous aide à mieux comprendre le procédé et le produit. »
Par le biais de Bob Chapman, chef d'équipe à l'ISNS-CNRC, et de son collègue Jim Johnson, STI-NA a accédé aux recherches et aux experts qui lui ont permis de trouver un test acceptable pour l'ACIA.
En dépouillant la documentation scientifique, l'équipe a découvert un test enzymatique. Complexe et laborieux, celui-ci s'avérait exténuant pour les techniciens qui mettaient des heures à en franchir les étapes. En outre, la chance et l'adresse jouaient un rôle dans la précision des résultats. « C'était un problème, avoue M. Chapman. Il devait y avoir un autre moyen. »
La réponse se trouvait au bout du couloir. L'ISNS-CNRC constitue un partenariat unique en son genre. Les scientifiques du CNRC, d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard et de l'industrie partagent locaux, information et équipement dans un immeuble, sur le campus de l'université. Parmi cet équipement figure un appareil à résonance magnétique nucléaire (RMN).
Travaillant avec Chris Kirby, l'expert en mécanique résident, l'équipe a imaginé comment utiliser la RMN pour tester les sucres souhaités. Une fois peaufiné, le nouveau test ne prend que le quart du temps de l'original et satisfait aux besoins de STI-NA. Maintenant, l'équipe travaille avec l'ACIA pour satisfaire à ses propres besoins.
En prime, le test pourrait s'appliquer à d'autres sucres des levures. « Il servira donc à d'autres fins, ce qui en accroîtra l'utilité », précise M. Chapman, ajoutant que les brasseurs pourraient s'en servir pour fabriquer de meilleures bières.
L'équipe de l'ISNS-CNRC a fait de ce succès le sujet d'un article scientifique. Selon M. Chapman, il s'agit d'un cas parmi beaucoup d'autres où l'ISNS-CNRC a développé une technique inédite pour tester les produits des biosciences canadiennes.
« Le test fait travailler la technologie au lieu du technicien, poursuit-il. Ce dernier n'intervient qu'une fois. Le test s'apprend aisément. »
M. Patelakis estime que l'expérience de STI-NA avec l'ISNS-CNRC pourrait être unique au pays. « Nous sommes heureux d'avoir bénéficié de ce partenariat, dit-il. L'institut insiste sur le côté pratique. Il souhaite vraiment coopérer avec l'industrie, comprend l'aspect commercial des choses et fonctionne au même rythme que les gens d'affaires. »
Renseignements : Relations avec les médias
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