ARCHIVÉ - Confidentialité des conversations : minimiser les risques dans les salles de réunion
Contenu archivé
L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.
Le 23 décembre 2009 — Ottawa (Ontario)
John Bradley ne s'excuse pas pour les heures qu'il a passées à essayer d'entendre ce qui se disait derrière les portes closes.
Spécialiste mondial en acoustique des salles, ce chercheur du CNRC a consacré plusieurs années à essayer d'entendre et à mesurer les paroles qui filtrent à travers murs et portes, réels ou factices – dans le but d'aider les architectes et les experts en acoustique à aménager des lieux où les conversations de nature délicate ne pourront être surprises.
« Beaucoup de gens se plaignent du peu de confidentialité qu'offrent les bureaux et les salles utilisés pour des entretiens privés, explique M. Bradley. Avec les lois de plus en plus sévères sur la protection des renseignements personnels et les préoccupations grandissantes au sujet de la sécurité, on ne peut plus tolérer que les conversations "à huis clos" soient accidentellement surprises dans les locaux adjacents. » De fait, les ministères réclament désormais de nouveaux concepts et de nouvelles méthodes d'évaluation qui garantiront la confidentialité des propos tenus dans les salles de réunion.
En collaboration avec Travaux publics et Services gouvernementaux Canada et la Gendarmerie royale du Canada, le CNRC a mis au point une méthode permettant d'évaluer le degré de confidentialité des propos tenus dans une pièce.
Bien que ce sujet suscite de l'intérêt depuis plus de 50 ans, M. Bradley estime que jusqu'à tout récemment, on avait peu fait pour élaborer des procédures normalisées et des critères acceptables, susceptibles de garantir la confidentialité des conversations.
Évaluer le degré de confidentialité des pièces
Ces temps sont révolus. En collaboration avec Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) et la Gendarmerie royale du Canada, l'équipe de M. Bradley a mis au point une procédure qui permet d'évaluer le degré de confidentialité des lieux clos.
Le nouvel indice, baptisé SPC (pour Speech Privacy Class ou degré de confidentialité verbale), établira la sécurité des propos tenus dans une pièce en utilisant une échelle numérique allant de 70 (paroles souvent intelligibles, son perceptible) à 90 ou plus (paroles inintelligibles, son rarement perceptible) ou selon des catégories allant de confidentialité minimale des conversations à très grande discrétion de celles-ci. Le degré de confidentialité repose sur deux facteurs principaux liés à la construction : l'isolation acoustique entre la pièce et le lieu extérieur où se trouve la personne écoutant illicitement la conversation, d'une part, et, d'autre part, le bruit de fond là où se trouve cette personne.
Pour mettre au point le système SPC, l'équipe de M. Bradley a demandé à des volontaires d'écouter des phrases qu'on avait modifiées pour imiter leur passage à travers une cloison de nature variée. Ces personnes devaient indiquer si les paroles étaient intelligibles et, si c'était le cas, répéter autant de mots que possible.
En mesurant les sons à l'endroit où se trouve la personne qui écoute et en comparant les valeurs obtenues avec les réponses des volontaires, l'équipe du CNRC a créé une méthode inédite pour quantifier le rapport signal/bruit, qui servira à prévoir avec précision le caractère perceptible ou intelligible des paroles transmises.
Étant donné que le ton d'une conversation dans une pièce varie avec le temps, les risques de fuite sont liés à la probabilité que le ton s'élève durant l'entretien. Dans une pièce très « sûre », par exemple, les paroles traverseront les parois moins d'une fois en 24 heures.
« Une pièce peut être classée de la même façon que l'information qui s'y échange, explique M. Bradley. Après avoir coté la pièce, il suffit de trouver le type de paroi qui procurera l'insonorisation correspondant à cette cote. Bien sûr, une façon simple de garantir la confidentialité des conversations consiste à s'assurer qu'il y aura beaucoup de bruit de fond à l'extérieur de la pièce. Cependant, cette solution est peu pratique, car le bruit deviendra une source de distraction pour les occupants des bureaux voisins. »
Du point de vue architectural, ériger des murs bien insonorisés est relativement aisé, estime le chercheur. Il est beaucoup plus compliqué d'insonoriser les portes. Les tuyaux et les conduits d'aération réduisent aussi l'insonorisation de la pièce.
Un guide pratique
Pour l'instant, les méthodes SPC de l'équipe du CNRC ont été intégrées à une norme internationale qui devrait trouver de vastes applications dans les bâtiments en tout genre. Les experts en acoustique qui rénovent l'édifice de l'Ouest de la Colline du Parlement recourent eux aussi aux méthodes SPC.
Selon M. Bradley, la prochaine étape consistera à amener les fonctionnaires des divers ministères à préciser leurs besoins de confidentialité pour que l'on détermine comment appliquer les paramètres SPC dans diverses situations. Au bout du compte, cela pourrait se traduire par une plus grande adoption du système, ce qui apaiserait les craintes grandissantes au sujet de la confidentialité.
M. Bradley insiste sur le fait que cette échelle de confidentialité ne sert qu'à coter le niveau de sécurité des éléments architecturaux du bâtiment, pas les indiscrétions flagrantes comme le fait de coller l'oreille au mur ou d'utiliser un appareil de surveillance électronique.
Articles connexes :
- Institut de recherche en construction du CNRC
- Construction de bureaux à aires ouvertes de meilleure qualité
- Méthodes de conception et d'évaluation de salles de réunion insonorisées
- Évaluation de l'insonorisation architecturale (confidentialité des conversations) des bureaux et des salles de réunion (en anglais seulement)
- Incidence spatiale et temporelle de l'acoustique d'une pièce sur la confidentialité des conversations dans les salles de réunion (en anglais seulement)
Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca
- Date de modification :