ARCHIVÉ - Nettoyer l'Arctique

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Le 01 juin 2009— Montréal (Québec)

Le CNRC contribue au nettoyage des sites contaminés de l'Arctique en exploitant les bactéries présentes naturellement dans le sol (bactéries telluriques).

Se basant sur plus d'une décennie de recherches, les scientifiques de l'Institut de recherche en biotechnologie du CNRC (IRB-CNCR) à Montréal suivent de près et perfectionnent le processus de biorestauration des sols contaminés aux stations des Forces canadiennes (SFC) Alert et Eureka ainsi que dans d'autres collectivités du Nunavut.

La biorestauration fait appel aux bactéries, aux champignons, aux plantes ou à leurs enzymes pour rendre aux milieux pollués leur pureté primitive.

Il y a beaucoup de sols contaminés dans l'Arctique. « Partout où il s'est établi, l'être humain utilise des dérivés du pétrole, déclare Charles Greer, chef du groupe de microbiologie environnementale à l'IRB-CNRC. Et chaque fois qu'il y a transfert ou stockage de carburant, un problème peut survenir. Le bris d'un pipeline ou le transvasement de carburant d'un contenant à un autre peuvent entraîner des fuites, car valves et raccords sont soumis à des températures extrêmes. Les problèmes de ce genre sont plus fréquents dans l'Arctique qu'en zone tempérée. »

Cette personne creuse une tranchée à la SFC Alert pour recueillir des échantillons de sol en vue d'une analyse chimique. Les résultats de cette analyse serviront à cartographier les sols contaminés.

Cette personne creuse une tranchée à la SFC Alert pour recueillir des échantillons de sol en vue d'une analyse chimique. Les résultats de cette analyse serviront à cartographier les sols contaminés.

Les efforts de dépollution reposent fortement sur les bactéries telluriques locales qui se sont acclimatées au froid. « Certaines survivent et se multiplient sous le point de congélation, explique M. Greer. Les bactéries du sol auxquelles les scientifiques s'intéressent possèdent des « circuits de biorestauration », c'est-à-dire des enzymes spécialisés qui leur permettent de se nourrir d'hydrocarbures, de BPC et d'autres polluants. « Nous avons identifié les gènes qui commandent ces circuits et recourons à des outils génétiques pour les étudier et déterminer comment leur fréquence évolue dans le temps ou avec le traitement appliqué », poursuit le chercheur.

La température et la quantité d'éléments nutritifs entravent la biorestauration des sols pollués dans l'Arctique. « Les réactions enzymatiques doublent de vitesse avec chaque hausse de 10 degrés Celsius de la température, affirme M. Greer. Une bactérie étant essentiellement un sac d'enzymes, son taux de croissance et son métabolisme dépendent donc de la température. Par ailleurs, les bactéries telluriques n'ont pas une grande quantité d'éléments nutritifs à leur disposition, car le sol arctique contient peu de matière végétale, donc une infime quantité de composés organiques à dégrader. »

On mélange du sol restauré à du sol fraîchement contaminé pour que ce dernier contienne une quantité suffisante de bactéries dégradant les hydrocarbures.

On mélange du sol restauré à du sol fraîchement contaminé pour que ce dernier contienne une quantité suffisante de bactéries dégradant les hydrocarbures.

À la station des Forces canadiennes Alert, l'IRB-CNRC aide le ministère de la Défense nationale à nettoyer des sols contaminés par des hydrocarbures. Pour compenser la faible concentration d'éléments nutritifs, « nous stimulons la croissance des microorganismes du sol avec de l'engrais et surveillons leur population, notamment son évolution dans le temps et les changements attribuables à la fertilisation, continue M. Greer. Nous suivons aussi la dégradation de certains hydrocarbures par la population microbienne – principalement les composés présents dans le carburant – et déterminons dans quelle mesure cette activité de dégradation réagit à divers traitements. »

« Enfin, nous cherchons des indicateurs de la population de bactéries, reprend-il. Nous aimerions savoir comment la flore microbienne réagit à la contamination initiale du sol et comment elle se rétablit durant la biorestauration. »

Selon M. Greer, les travaux de dépollution vont bon train. « Dans certains sols traités en 2005, les bactéries ont dévoré presque tous les hydrocarbures existants. Nous mélangeons maintenant ce sol avec de la terre fraîchement contaminée, très pauvre en bactéries. L'idée est d'introduire plus de « catalyseurs » dans le système en y ajoutant des bactéries qui y prolifèrent déjà et s'y multiplient facilement. »

En plus du travail de surveillance, les chercheurs de l'IRB-CNRC s'intéressent à la diversité de la flore microbienne dans divers milieux arctiques, dont le pergélisol, en vue de recueillir les données fondamentales sur la population de bactéries indigènes et l'incidence éventuelle du stress attribuable à la pollution et au réchauffement climatique sur la structure de cette population et son fonctionnement.

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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