ARCHIVÉ - Guide de terrain sur la glace dangereuse

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Le 01 juin 2009 — Ottawa (Ontario)

Épaisse et robuste, elle pose de sérieux risques aux navires et aux ouvrages de haute mer dans l'Arctique. On l'appelle « vieille glace » et il s'agit de la forme la plus dangereuse de glace de mer. Heureusement, un guide de terrain réalisé par les chercheurs du Centre d'hydraulique canadien du CNRC (CHC-CNRC) explique maintenant à ceux qui travaillent dans l'Arctique comment reconnaître la vieille glace et, dans la mesure du possible, l'éviter avant que ne survienne une dangereuse collision en mer.

Un laboratoire flottant

Cet été, le CNRC jaugera la « pression totale » exercée sur le brise-glace Louis S. St-Laurent de la Garde côtière canadienne lors de son périple à travers l'Arctique, de l'océan Atlantique jusqu'à la mer de Beaufort. Le navire aura à son bord MOTAN, un système d'analyse unique incluant des capteurs qui mesureront les mouvements du navire, ainsi qu'un logiciel conçu par le CNRC pour calculer les forces s'exerçant sur la coque du navire. « MOTAN nous aidera à déterminer combien de fois le navire subit de très fortes pressions de la glace pluriannuelle, ce qui facilitera la création de bâtiments capables de se déplacer dans l'environnement arctique », conclut Mme Johnston.

Reposant sur plusieurs années d'étude sur le terrain, l'ouvrage Understanding and Identifying Old Ice in Summer (Comprendre et reconnaître la vieille glace en été) aidera les marins à distinguer la vieille glace de la glace de première année et à distinguer la glace de deuxième année de la glace pluriannuelle – des distinctions essentielles pour ceux qui veulent circuler en toute sécurité dans les eaux couvertes de glace. Ce manuel de 200 pages, rédigé par Michelle Johnston et Garry Timco, couvre absolument tout, de la croissance et du vieillissement de la glace de mer aux observations réalisées à partir d'un navire, des airs et des satellites.

La glace de première année se forme durant l'hiver et fond habituellement l'été. Une partie survit toutefois à la période estivale pour donner à l'automne de la glace de deuxième année. On appelle « glace pluriannuelle » celle qui résiste plus longtemps. « La glace pluriannuelle est souvent la plus épaisse, explique Michelle Johnston. Elle peut avoir de 90 centimètres à 30 mètres d'épaisseur, selon l'endroit où on la mesure sur le floe. »

Le NGCC Henry Larsen se retrouve en présence de glace pluriannuelle dans le détroit de Nares.

Le NGCC Henry Larsen se retrouve en présence de glace pluriannuelle dans le détroit de Nares.

« La vieille glace, qui englobe la glace de deuxième année et la glace pluriannuelle, est celle qui exerce la plus forte pression sur les ouvrages de haute mer; elle cause aussi les dégâts les plus importants sur les navires qui circulent dans l'Arctique, poursuit Mme Johnston. La glace pluriannuelle est l'un des principaux facteurs limitants dont doivent tenir compte ceux qui conçoivent des structures extracôtières pour l'Arctique, surtout l'Arctique canadien. »

La plateforme Molikpaq a été déployée dans la mer de Beaufort, à environ 70 kilomètres de la côte canadienne, durant l'hiver 1985-1986. Elle devait servir à la prospection pétrolière et gazière. « La plateforme est entrée plusieurs fois en contact avec de la glace pluriannuelle, qui a exercé une telle pression sur la structure qu'il a fallu évacuer le personnel », explique Mme Johnston. La glace faisait vibrer la plateforme à une telle fréquence que le sable au coeur de l'ouvrage s'est partiellement liquéfié, menaçant de déstabiliser la structure. »

Comme la prospection de l'Arctique pour les gisements extracôtiers de pétrole et de gaz suscite un intérêt grandissant, on s'occupe beaucoup plus de la manière dont les navires et les ouvrages devraient être conçus pour résister à la glace pluriannuelle. « La question a considérablement plus d'importance aujourd'hui en raison du changement climatique, fait remarquer Mme Johnston. Lorsqu'on entend dire que l'étendue de la glace pluriannuelle diminue, cela signifie-t-il qu'elle perd aussi de l'épaisseur? » En réalité, les données du CNRC indiquent qu'une partie de la glace demeure extrêmement épaisse. La glace pluriannuelle continuera donc d'être problématique après l'ouverture éventuelle du passage du Nord-Ouest. 

« Si dangereuse soit-elle, nous la connaissons mal, avoue Mme Johnston. Le CNRC pourrait bien être le seul organisme scientifique à prendre des mesures sur le terrain. J'étudie l'épaisseur de la glace pluriannuelle, sa résistance, sa détérioration et sa dérive, un aspect particulièrement déroutant. Échantillonné en avril ou en mai, un floe se déplacera à la rupture de la banquise, de sorte qu'il y a peu de chances qu'on le retrouve plus tard en été. »

L'agent technique du CHC-CNRC Richard Lanthier (à droite) et un membre de l'équipage du NGCC Henry Larsen sur un floe, dans le détroit de Nares

L'agent technique du CHC-CNRC Richard Lanthier (à droite) et un membre de l'équipage du NGCC Henry Larsen sur un floe, dans le détroit de Nares

L'équipe de recherche sur la glace du CNRC collabore avec d'autres organismes et l'industrie, notamment les sociétés pétrolières. « Une bonne partie de nos travaux sont appuyés financièrement par Transports Canada, déclare Mme Johnston. Le ministère tient à s'assurer que les marins traverseront l'Arctique en sécurité, de façon à réduire au minimum les dommages que pourrait subir l'environnement à la suite d'un accident. »

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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