ARCHIVÉ - Combattre le feu dans les avions

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Le 05 mai 2009 — Ottawa (Ontario)

Si un avion rempli de passagers s'écrase un jour à Ottawa, les pompiers de la ville ne seront pas pris au dépourvu.

En effet, depuis 2007, un technicien de l'Institut de recherche aérospatiale du CNRC (IRA-CNRC) à Ottawa organise des ateliers de formation pour les pompiers locaux, grâce aux appareils et aux pièces qui ont été donnés à l'IRA-CNRC et qui font désormais partie d'une collection unique de spécimens baptisée « Répertoire d'éprouvettes ».

Le CNRC a formé plus de 200 pompiers d'Ottawa sur la façon de combattre un incendie dans les avions.

Le CNRC a formé plus de 200 pompiers d'Ottawa sur la façon de combattre un incendie dans les avions.

Firefighters have a vital role to play in airplane crashes — even if there are no survivors. "By putting a fire out as early as possible, they make the crash scene safe and help save evidence for the investigators," says Ron Gould of NRC-IAR. "Thus, by training firefighters, we may ultimately help the aerospace industry design safer airplanes."

"We launched our first firefighter training course after the fire department at Ottawa International Airport watched us take the wings off a donated aircraft," adds Gould. "We needed the wings off to move it through the airport fence. Once they were off, we offered the firefighters training on how to cut aircraft structures."

Le Répertoire d'éprouvettes de l'IRA-CNRC comprend environ 1 200 pièces documentées, qui proviennent d'approximativement 80 appareils correspondant à 27 types d'avions civils ou militaires. On y trouve des éléments en métal, hybrides et faits de composites. Les pièces ont été choisies pour être représentatives de la structure dans son état original, après avoir subi des dommages et après avoir été réparée. Il est possible d'emprunter les spécimens de la collection

Les pompiers jouent un rôle primordial quand un avion s'écrase – même en l'absence de survivants. « En éteignant l'incendie aussi vite que possible, ils sécurisent le site et contribuent à sauver les preuves indispensables à l'enquête qui suivra, déclare Ron Gould, de l'IRA-CNRC. En formant les pompiers, nous pouvons donc en bout de course aider l'industrie aérospatiale à construire des appareils plus sûrs. »

« Le premier cours de formation pour pompiers a démarré lorsque les membres du service d'incendie d'Ottawa nous ont regardés enlever les ailes d'un avion qui venait de nous être offert, se rappelle M. Gould. Nous devions détacher les ailes pour que l'appareil puisse traverser la clôture de l'aéroport. Après les avoir retirées, nous avons proposé aux pompiers de leur montrer comment découper le fuselage d'un avion. »

Après avoir utilisé l'avion à des fins de recherche sur la corrosion et pour autres problèmes de performance, le CNRC a décidé de faire exploser cet avion pour l'amour de la science. En mai 2007, M. Gould et ses collègues ont donc orchestré l'explosion délibérée d'une bombe dans sa cabine pressurisée, une première au Canada. L'exercice devait permettre d'étudier les fractures résultant d'une détonation plutôt que de la fatigue normale du métal – des connaissances susceptibles de faire progresser les enquêtes lors d'accidents ultérieurs.

Éteindre les incendies alimentés par des matériaux composites

Ron Gould prépare un nouveau programme de formation sur la lutte contre les incendies alimentés par les matériaux composites. Ce cours – le premier du genre au Canada pour les pompiers civils – couvrira les risques particuliers associés aux éléments en composites, de plus en plus courants dans la construction d'aéronefs.

« Les pièces en composites sont faites de minuscules fibres collées ensemble, explique-t-il. Chaque fil visible à l'oeil nu se compose de 3 000 filaments. Même si un appareil endommagé ne prend pas feu, il suffit que les éléments en composites se rompent pour que l'extrémité des petites fibres pose un risque, que ce soit au niveau de la pénétration ou de la respiration. »

« Il existe un protocole pour délimiter la zone dangereuse où un avion en composites s'est écrasé, ajoute-t-il. On dépose un bout de ruban gommé sur le sol puis on le ramasse. Si des fibres s'y sont collées, il y a un problème, donc on recule progressivement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de fibres. »

« Environ 200 personnes ont participé à l'évènement, y compris des représentants de compagnies de sécurité, des pompiers, des équipes de neutralisation d'engins explosifs et des spécialistes de la médecine scientifique, reprend M. Gould. Nous avons équipé l'appareil d'instruments, rempli ses soutes de bagages, fait détoner une bombe cachée dans un ordinateur portatif et tout fait flamber. En l'espace de 80 secondes, il y avait trop de fumée pour voir quoi que ce soit à l'intérieur. Jamais encore les pompiers de l'aéroport n'avaient eu la chance de percer la carcasse d'un avion pour y faire pénétrer leurs tuyaux. »

Depuis, M. Gould a assuré la formation de plus de 200 pompiers de la localité. En recourant au matériel de la collection, il apprend à ces professionnels comment entrer dans un avion en flammes en toute sécurité, en leur montrant les dangers à éviter une fois à l'intérieur. « Il y a beaucoup de choses effrayantes auxquelles un pompier doit prendre garde », affirme-t-il.

« Ainsi, il faut savoir qu'il pourrait y avoir des générateurs d'oxygène un peu partout si l'intégrité de la cabine a été compromise, explique le technicien. Quand un passager tire sur le tuyau de son masque pour avoir de l'air, en réalité, il enclenche un processus de combustion interne à l'intérieur d'une véritable 'bombe à oxygène'. Il suffirait qu'un de ces engins se brise lors de l'écrasement et qu'on le piétine pour que les flammes soient alimentées avec de l'oxygène, car il continue de fonctionner autour de 600 °C. » Parmi les autres risques possibles, mentionnons les débris des hublots, les pièces endommagées en composites [voir l'encadré], l'explosion des pneus et les contenants sous pression.

Pour pénétrer dans un avion en flammes, les pompiers devraient d'abord essayer les portes. « Si elles refusent de s'ouvrir et que l'appareil s'est brisé, on s'efforcera d'entrer à l'intérieur par la partie ouverte du fuselage, poursuit M. Gould. Forer un nouveau trou est la dernière chose à tenter. Les manuels de formation recommandent de briser la fenêtre de la cabine de pilotage, mais elle est trop épaisse. Nous laissons les pompiers la frapper à coups de hache et de masse jusqu'à ce qu'ils comprennent d'eux-mêmes qu'il est impossible d'entrer par là. »

Les pompiers en formations constatent aussi très vite que les outils employés pour les automobiles ou les bâtiments sont inutiles. « Les écarteurs hydrauliques ne fonctionnent pas. Les scies à chaîne pour le métal non plus. Et il en est de même des cisailles pneumatiques ou électriques, conclut-il. Le seul outil qui fonctionne est une scie circulaire abrasive actionnée au gaz, de diamètre suffisant pour tout trancher d'un coup. » Une telle expérience pratique, avec des aides grandeur nature, s'avère d'une valeur inestimable pour préparer les pompiers à une intervention d'urgence dans un avion.

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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