ARCHIVÉ - La recherche sur les pôles prend son envol au CNRC
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Le 08 mai 2008 — Ottawa (Ontario)
Une équipe de recherche du CNRC souligne l'Année polaire internationale (API) en effectuant de nombreux vols dans l'Arctique afin de faire progresser l'étude, la surveillance et la prévision des conditions météorologiques et des systèmes climatiques dans les régions polaires du Canada.
De concert avec plusieurs autres organismes scientifiques canadiens et américains, l'Institut de recherche aérospatiale du CNRC (IRA-CNRC) prêtera son concours à divers projets élaborés pour mesurer à distance la couche de neige et de glace, pour améliorer la prévision des violentes tempêtes dans l'Arctique et pour préciser l'incidence des fines particules véhiculées par l'air, appelées aérosols, sur les systèmes climatiques.
« Ceux qui font le plus avancer la science aujourd'hui sont ceux qui forment de vastes partenariats ou de grandes équipes », avoue Dave Marcotte, gestionnaire de la science expérimentale aéroportée avionique à l'IRA-CNRC. « Notre savoir-faire va de la recherche en vol aux grands partenariats scientifiques, en passant par les opérations dans l'Arctique et l'étude de l'atmosphère in situ – c'est-à-dire la prise de relevés sur les conditions ambiantes durant le vol dans des perturbations météorologiques. Peu étonnant donc que les organismes planifiant des projets de recherche complexes qui font appel à nos talents nous appellent. »
L'Année polaire internationale est le plus ambitieux programme de recherche de l'histoire à se concentrer sur l'Arctique et l'Antarctique. Sous la gouverne du Conseil international pour la science et de l'Organisation météorologique mondiale, qui en sont les instigateurs, l'API durera deux pleins cycles annuels, soit de mars 2007 à mars 2009, de manière à permettre une étude identique et exhaustive des deux pôles. L'API intègre plus de 200 projets de recherche où des milliers de scientifiques d'une soixantaine de pays se pencheront sur une multitude de sujets de nature physique, biologique et sociale.
API Cryo
Depuis 2007, les chercheurs de l'IRA-CNRC coopèrent avec Environnement Canada et d'autres partenaires à « API Cryo », projet qui s'inscrit dans la contribution du Canada à l'étude internationale sur l'état et le devenir de la cryosphère polaire. Ce faisant, Environnement Canada et le CNRC testent une nouvelle technique qui établira l'équivalent neige-eau de la « cryosphère », soit les territoires couverts de glace et de neige. « Il s'agit d'un système de télédétection qui devrait nous indiquer le volume d'eau présent en survolant des étendues de neige et de glace. »
Selon M. Marcotte, ce système pourrait éventuellement servir à prévoir et à surveiller l'incidence du changement climatique. Parmi ses applications éventuelles figurent l'identification des zones inondables des bassins hydrographiques, les années où il y a d'abondantes chutes de neige.
Durant l'hiver, l'avion Twin Otter du CNRC a effectué plusieurs missions au-dessus du Nord québécois, près de Sept-Îles, de Kuujjuaq et dans l'est de la baie d'Hudson, afin de recueillir des données radiométriques sur la cryosphère. En avril, l'appareil a procédé à des relevés similaires dans les Territoires-du-Nord-Ouest.
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| L'équipage du Twin Otter du CNRC en tenue pour les opérations au-dessus des eaux de l'Arctique : Ramesh Srinivasan (à gauche) et Anthony Brown. |
Observation des tempêtes dans l'Arctique
En novembre dernier, l'avion Convair 580 du CNRC et son équipage se sont rendus au Nunavut dans le cadre du projet de recherche Storm Studies in the Arctic (STAR). Le réseau STAR regroupe des chercheurs de l'IRA-CNRC, d'Environnement Canada et de cinq universités canadiennes, et nous aidera à mieux comprendre les tempêtes de l'Arctique. Son objectif général est d'étudier les risques météorologiques et de tester une série de technologies susceptibles d'améliorer les prévisions météorologiques dans les régions subarctiques, notamment l'est de l'Arctique, près d'Iqaluit.
Un mois durant, le Convair 580 a effectué près de 20 missions. « Chaque jour, les membres de l'équipage se levaient et écoutaient le bulletin météo, reprend M. Marcotte. Quand le soleil brillait, le vol était remis à plus tard. La mission ne démarrait que quand la majorité des gens auraient préféré rester à la maison. L'équipage prenait l'air dans les pires conditions, pourvu que leur vie ne soit pas en danger. »
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| Le Convair 580 du CNRC sous les nuages. |
L'appareil était équipé d'une batterie d'instruments servant à étudier la physique des nuages qui ont recueilli toute une gamme de données, notamment sur l'organisation et l'évolution des tempêtes, les blizzards, la poudrerie et les précipitations. Grâce au nouveau système radar du CNRC sur bandes W et X (NAWX) – « le seul du genre au monde », précise M. Marcotte –, les chercheurs du CNRC ont pris des images des gouttelettes dans les nuages, ont déterminé si ceux-ci étaient remplis de glace ou de pluie et ont mesuré leurs déplacements, notamment leur soulèvement et les vents en trois dimensions.
Outre les vols expérimentaux, l'équipe du projet STAR a recueilli des données issues d'observations terrestres et satellitaires afin de corréler les données météorologiques venant du sol, de l'avion et de l'espace. « Notre travail consistait en partie à effectuer des vols de validation pour les satellites en train d'être mis au point pour créer de nouveaux systèmes expérimentaux », poursuit le gestionnaire.
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| Mengistu Wolde examine des données lors d'un vol qui eu lieu le 1er avril pour le projet ISDAC. |
Étude des aérosols mi-directs et indirects
En avril, le Convair 580 s'est envolé vers Fairbanks, en Alaska, pour participer à l'étude internationale Indirect and Semi-Direct Aerosol Campaign (ISDAC), pilotée par le Département de l'énergie des États-Unis et exécutée notamment avec la participation du CNRC, d'Environnement Canada et d'universités américaines.
« L'ISDAC précisera le rôle des aérosols et leur incidence sur les propriétés de réflexion des nuages au printemps, dans l'Arctique, explique M. Marcotte. Les nuages reflètent et absorbent à la fois l'énergie solaire, mais on ne connaît pas vraiment les autres rôles qu'ils jouent dans le changement climatique. Le projet nous aidera à mieux saisir l'incidence des aérosols sur les nuages, donc l'effet de ces derniers sur l'évolution du climat. »
Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
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