ARCHIVÉ - Mousse de titane pour fausses dents
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Le 08 juillet 2008 — Ottawa (Ontario)
On dirait une vis ayant la texture d'un os humain. Pourtant, cette « racine dentaire » en mousse de titane poreuse créée au CNRC réconforterait tous les Nord-Américains qui ont perdu des dents.
Cédée sous licence au début de 2008 à la firme torontoise Biomedical Implant Technologies, la mousse métallique novatrice pourrait faire son entrée sur le marché annuel de 2 milliards de dollars des implants dentaires, et cela dès l'an prochain selon la rapidité avec laquelle les étapes de la réglementation seront franchies.
Une étude de marché du CNRC indique qu'il manque au moins une dent à 70 % des Américains. Plus de 18 millions d'entre eux n'en ont plus. Pour les remplacer, reste l'implant. Mais 1 % seulement des patients éventuels y recourent. Les molaires perdues susciteraient à elles seules des ventes annuelles de 165 millions de dollars pour les implants en mousse de titane.
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| La rugosité de l'implant en titane crée de la friction avec l'os, si bien que la croissance du tissu contribue à fixer l'implant en place. Une adhérence accrue et plus rapide accélèrera la guérison. |
« Nous vendrons d'abord les implants au Canada et aux États-Unis », déclare Mislav Pavelic, chirurgien dentiste de Toronto et président de Biomedical Implant Technologies. « Mais l'Europe est un marché intéressant. Sans oublier la Chine, où la demande grossit d'environ 25 % par année. »
« La mousse de titane ressemble à une version métallique de la matière osseuse, ajoute-t-il. Actuellement, rien n'en surpasse la porosité sur le marché – rien qui ressemble autant au tissu osseux et lui permettrait de s'intégrer au titane. »
Développée à l'Institut des matériaux industriels du CNRC (IMI-CNRC) de Boucherville (Québec), la mousse de titane vient du mélange de titane en poudre à un polymère auquel on ajoute des agents moussants qui en entraînent l'expansion à la chaleur. Le polymère est subséquemment éliminé par chauffage à haute température et les particules de titane sont renforcées pour rendre la structure poreuse plus robuste.
La mousse était d'abord destinée à la fabrication d'électrodes. « Elle donnait de bons résultats et nous nous sommes rendus compte que ses applications pouvaient être multiples. Comme implants biomédicaux, par exemple », explique Louis-Philippe Lefebvre, spécialiste en métallurgie des poudres à l'IMI-CNRC. Le titane poreux avait déjà servi en orthopédie, mais jamais en médecine dentaire. « Sa rugosité entraîne la friction entre l'implant et l'os. Elle permet au tissu de coloniser les pores, ce qui fixe l'implant en place », dit-il.
Parmi ses avantages, la mousse de titane rendra les implants moins envahissants. Parfois, il faut procéder à une greffe osseuse. « Une friction accrue signifie qu'on insérera un plus petit implant dans l'os. La greffe pourrait donc être inutile, poursuit-il. Si les implants en mousse de titane diminuent le nombre d'interventions, le coût moyen de l'opération s'en trouvera nettement réduit. Une adhérence supérieure et plus rapide accélérera la guérison et l'insertion de dents artificielles. »
Renseignements : Relations avec les médias
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