ARCHIVÉ - Le combat contre la moisissure dans les bâtiments

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Le 08 février 2008 — Ottawa (Ontario)

Infestation du papier peint par des moisissures après un dégât d'eau.
Infestation du papier peint par des moisissures après un dégât d'eau.

Les moisissures jouent un rôle primordial dans la nature en décomposant la matière organique, mais c'est certainement la dernière chose qu'on souhaite voir pousser chez soi ou au travail. Hans Schleibinger connaît parfaitement l'impact que la moisissure a sur la santé des occupants et sur la longévité d'une construction. Avec Madeleine Rousseau, il pilote un projet de recherche sur la moisissure à l'Institut de recherche en construction du CNRC (IRC-CNRC), dont l'objectif consiste à rendre l'environnement intérieur plus salubre et à prolonger la vie des bâtiments.

« Quand les bonnes conditions sont réunies, les matériaux de construction tels le contreplaqué, les cloisons sèches, les tasseaux, les tapis et les sous-tapis nourrissent la moisissure. Ces champignons non seulement réussissent à pousser presque partout où il y a de l'humidité, mais ils détériorent les matériaux », explique Mme Rousseau.

« Les moisissures apparentes, celles qui disparaissent après réparation d'une toiture, de fenêtres ou de tuyaux qui fuient, ne nous intéressent pas vraiment, précise M. Schleibinger. Nous aimerions plutôt poser les bases scientifiques à de nouvelles technologies qui permettront de détecter la moisissure quand elle est invisible, d'établir le degré de résistance de divers matériaux aux champignons et de modéliser la croissance de ces derniers dans diverses conditions, de manière à la prévenir. »

Le projet a débuté à l'occasion d'un atelier S-T national sur la moisissure organisé à Montréal en 2003, à l'instigation de l'Institut national de santé publique du Québec, avec la collaboration de l'Institut de recherches en santé et sécurité au travail. Morad Atif, Jean-Marc Lamothe et leurs collègues du CNRC y ont rencontré des délégués de l'industrie canadienne du bâtiment, de la Société canadienne d'hypothèques et de logement ainsi que de Santé Canada afin de préciser le genre de recherches qu'il faudrait entreprendre au pays. L'atelier a débouché sur un rapport cernant les lacunes et les priorités dans la recherche sur les moisissures poussant à l'intérieur, notamment la façon de les combattre et les risques qu'elles présentent pour la santé.

Hans Schleibinger, Madeleine Rousseau et quatre de leurs collègues de l'IRC-CNRC ont ensuite analysé les constatations de l'atelier puis, en juin 2005, ont publié un rapport interne recommandant au CNRC d'adopter une approche multidisciplinaire à la R-D et au transfert de technologie, mais aussi de se positionner afin de prendre les devants au Canada dans les techniques de détection de la moisissure, d'évaluation des risques de croissance de la moisissure et de réfection des bâtiments atteints.

L'IRC-CNRC dispose déjà d'une solide expertise dans les sciences du bâtiment – particulièrement la régulation de l'humidité dans les édifices et la qualité de l'air intérieur. Ce savoir-faire constitue une assise précieuse pour l'élaboration de solutions aux problèmes de moisissure qui rendront l'environnement intérieur plus salubre et prolongeront la durabilité des constructions au pays.

Pour l'instant, nos connaissances sur la croissance des moisissures dans les bâtiments souffrent de graves lacunes. Ainsi, il n'existe aucune façon reconnue pour mesurer le degré d'humidité et on ignore avec quelle efficacité les modifications apportées à la conception des bâtiments, aux méthodes de construction ou aux techniques usuelles d'exploitation et d'entretien réussissent à faire baisser le taux d'humidité.

« En un premier temps, nous préciserons les paramètres scientifiques à l'origine de la croissance de la moisissure, reprend M. Schleibinger. Nous déterminerons notamment dans quelles conditions « limitrophes » la moisissure se met à pousser dans les bâtiments – c.-à-d. les conditions à la limite desquelles la moisissure parvient tout juste à pousser et celles où elle en est incapable. »

Le CNRC inaugure de nouveaux laboratoires de recherche sur la moisissure

L'automne dernier, le CNRC inaugurait deux laboratoires dans le cadre de son programme de recherche sur la moisissure. Le premier – baptisé laboratoire d'identification des moisissures – est doté d'instruments à la fine pointe de la technologie permettant d'identifier et de quantifier les champignons présents dans l'air, dans les matériaux de construction et sur les surfaces. De telles techniques serviront à démontrer le lien qui existe entre la croissance des moisissures et l'humidité, la ventilation, les vices de construction et d'éventuels problèmes de santé. Les chercheurs y recourront pour élaborer et valider des techniques fiables, surtout afin de déceler les moisissures invisibles, susceptibles de détériorer la santé à long terme. Au laboratoire, on injectera des moisissures dans des matériaux de construction dans des conditions très précises.

Le second laboratoire – de croissance des moisissures – abrite un multitude de chambres de croissance où l'on testera les matériaux de construction typiques au Canada afin de vérifier les conditions environnementales limitrophes où la moisissure croît. Les scientifiques effectueront ces expériences à diverses températures, voire en variant le taux d'humidité cycliquement.

Sérieuse infestation de moisissure et de champignons attaquant le bois dans les cavités d'une habitation à charpente en bois. Certaines infestations ne sont décelées que lorsque les occupants commencent à présenter des symptômes de maladie ou notent une odeur de moisi.
Sérieuse infestation de moisissure et de champignons attaquant le bois dans les cavités d'une habitation à charpente en bois. Certaines infestations ne sont décelées que lorsque les occupants commencent à présenter des symptômes de maladie ou notent une odeur de moisi.

Il explique que les recherches antérieures sur la moisissure reposaient sur des conditions stables, qui excluaient des facteurs comme le taux maximum d'humidité relative, l'aération, les fluctuations de température le jour et la nuit, et les répercussions des personnes respirant et se déplaçant dans le bâtiment.

« Nous venons d'inaugurer un nouveau laboratoire de recherche sur la moisissure où le CNRC reproduira des conditions réalistes d'occupation, ce qui procurera à l'industrie du bâtiment des données et des modèles beaucoup plus utiles que ceux issus des études réalisées dans des conditions stables », estime M. Schleibinger.

Les travaux de Mme Rousseau portent sur la performance de l'enveloppe des bâtiments côté chaleur et humidité. La coquille – les fondations, le toit, les murs, les portes et les fenêtres – est la barrière séparant l'intérieur du dehors, dans un bâtiment. Elle protège le milieu intérieur et facilite la maîtrise des conditions ambiantes.

« Les paramètres de l'enveloppe et des systèmes mécaniques qui favorisent ou ralentissent au maximum la croissance microbienne nous intéressent particulièrement, dit-elle. En font partie la construction proprement dite, les matériaux, les systèmes mécaniques et l'exploitation générale du bâtiment. »

Le CNRC a contribué à enrichir nos connaissances sur la régulation de l'humidité et la réaction des matériaux de construction et des systèmes à l'humidité pendant plus de 60 ans. « Le moment est venu d'appliquer ce savoir aux problèmes de moisissure afin que nous en tirions des solutions qui seront transmises efficacement à l'industrie du bâtiment », poursuit Mme Rousseau.

Parmi les résultats visés par l'équipe, mentionnons les protocoles fiables pour la détection de la moisissure que requièrent les autorités sanitaires et les professionnels de la construction pour rénover les bâtiments et protéger la santé de leurs occupants. Les chercheurs mettront aussi au point des techniques pour évaluer les risques de moisissure qui aideront l'industrie à atténuer les risques qu'un tel problème surgisse pendant la vie utile d'un bâtiment.

Pour en savoir plus sur le programme de recherche du CNRC sur la moisissure, on communiquera avec M. Hans Schleibinger en écrivant à hans.schleibinger@nrc-cnrc.gc.ca.

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

Restez branché

Flickr Abonnez-vous