ARCHIVÉ - Près du coeur
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Le 01 octobre 2008 — Winnipeg (Manitoba)
De minuscules fils et bobines saisissant des images dans l'artère coronaire pourraient bien améliorer le diagnostic des personnes souffrant de cardiopathie ou victimes d'une crise cardiaque.
Ces technologies, créées à l'Institut du biodiagnostic du CNRC (IBD-CNRC) à Winnipeg, s'appuient sur l'imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomographie par cohérence optique (TCO). Elles pourraient se retrouver bientôt dans les hôpitaux canadiens.
L'entreprise de Winnipeg IMRIS inc., spécialisée dans les systèmes évolués d'imagerie chirurgicale, évalue le prototype d'une bobine à haute fréquence à agencement de phase pour l'IRM destinée à la cardiologie. L'objectif est de créer le « laboratoire de cathétérisation de demain ». Mise au point par l'équipe que pilote Scott King, de l'IBD-CNRC, la bobine plate et souple reposerait sur la poitrine du patient et aiderait le cardiologue à débloquer son artère coronaire.
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| Le CNRC et IMRIS collaborent pour appliquer l'imagerie par résonance magnétique (IRM) à la chirurgie cardiaque. (Installation IMRISneuro de l'Hôpital Abbott Northwestern à Minneapolis) |
Pour l'instant, les médecins recourent aux rayons X pour voir comment amener une endoprothèse de l'artère fémorale à l'artère coronaire, bouchée par une sténose ou l'athérosclérose. « Notre système produit une image 3D nettement plus précise qu'une radiographie – sans les rayonnements ionisants nocifs », explique M. King.
La radiographie, l'échographie et l'imagerie par fluorescence ne donnent aucune indication sur la biochimie des tissus, comme la concentration de lipides. Si elle contient beaucoup de gras, la plaque dans l'artère durcit et peut se rompre plus facilement, avec les risques accrus de crise cardiaque.
Le système IRM de M. King comblerait cette lacune.
Voici comment il fonctionne : les bobines de gradient du champ magnétique de l'appareil IRM émettent un courant qui excite les atomes d'hydrogène dans les molécules d'eau. Ceux-ci produisent diverses fréquences dont l'ensemble donne une image en relief – de l'artère coronaire, dans le cas qui nous intéresse.
La difficulté consiste à saisir les données sans que les battements du coeur et les respirations du patient brouillent l'image. Les progrès réalisés en IRM ces cinq dernières années ont toutefois accru la rapidité avec laquelle une image claire est saisie quand le coeur s'arrête pendant 200 millisecondes environ.
M. King travaille sur une nouvelle méthode qui permettra d'explorer encore plus profondément la région cardiaque et de produire des images de meilleure résolution. Il voudrait fixer une petite bobine IRM au cathéter servant à débloquer l'artère coronaire. La bobine suivrait le cathéter pour s'assurer qu'il atteint son but. Parallèlement, il prendrait des images de la paroi du vaisseau sanguin pour mesurer la quantité de plaque et sa fragilité.
Une partie du défi est d'accroître la résolution des images IRM. Actuellement, elle est d'un millimètre, soit l'épaisseur de la paroi d'une artère. Pour discerner les détails nécessaires, on espère la réduire à 0,2 mm. « L'idée est de faire avancer la bobine en même temps que le coeur et l'artère coronaire », explique M. King qui collabore avec Jonathan Sharp, un chercheur de l'IBD-CNRC situé à Calgary.
Entre-temps, leur collègue Mike Sowa supervise le développement d'un nouveau système d'imagerie cardiaque reposant sur la TCO, qui donne aussi des images 3D. On fixe une minuscule fibre optique à un cathéter, qui est inséré dans l'artère coronaire pour évaluer l'importance et l'emplacement de la plaque – ou voir si l'endoprothèse de l'angioplastie s'est bien ouverte.
« Cela ressemble aux ultrasons, mais avec de la lumière », précise M. Sowa, qui dirige le groupe de photonique médicale à l'IBD-CNRC.
Une importante étude américaine a révélé l'an dernier que 34 % des patients qui subissent une angioplastie rapportent toujours des douleurs à la poitrine 12 mois plus tard. Soit l'endoprothèse ne s'est pas ouverte proprement, soit sa position est incorrecte, ce qui peut bloquer l'artère de nouveau. « Nous essayons de développer des technologies pour réduire l'incidence de telles complications », dit M. Sowa.
John Saunders, scientifique en chef et fondateur d'IMRIS, pense que la technologie du CNRC aidera son entreprise à étendre son savoir-faire à la médecine du coeur. « Nous voudrions procurer au cardiologue les mêmes technologies qu'au neurochirurgien, et le CNRC nous aide à les mettre au point. »
Renseignements : Relations avec les médias
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