ARCHIVÉ - Le canon à poulets du CNRC célèbre son anniversaire!

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Le 08 mai 2008 — Ottawa (Ontario)

Longtemps tourné en dérision dans les sketchs hilarants de l'émission Royal Canadian Air Farce, le fameux « canon à poulets » du CNRC fête 40 années de service pour la sécurité aérienne canadienne et 40 années d'économies pour les lignes aériennes et les sociétés aéronautiques. Parmi la vingtaine de canons à air comprimé en usage dans le monde, celui du CNRC est le plus vieux à fonctionner de manière continue.

Inauguré en 1968, ce canon est fait en partie de pièces récupérées de l'ancien chasseur à réaction Avro CF-105, dont le modèle avait été testé à un laboratoire du CNRC par la suite converti en simulateur d'impact en vol. Le canon à air comprimé a une âme de 10 pouces et 75 pieds de longueur. On s'en sert pour attester que les parties cruciales des aéronefs résisteront à une collision à haute vitesse avec des oiseaux. Les fabricants doivent en effet respecter les normes établies par Transports Canada, les Autorités conjointes de l'aviation européennes ou la Federal Aviation Administration américaine avant de remettre leurs appareils à leurs clients.

Avions et hélicoptères ne sont pas tenus d'être totalement à l'épreuve des chocs, mais pare-brise, ailes, empennage, hélices et moteurs doivent résister à celui causé par un oiseau heurté en vol et permettre au pilote d'atterrir sans danger malgré les dommages causés à l'appareil.

« Depuis quelques années, on utilise aussi le canon a air comprimé pour certifier que les boîtes noires, c'est-à-dire les dispositifs qui enregistrent les conversations et les données dans la cabine de pilotage, résistent aux impacts », explique Ron Gould, agent technique à l'Institut de recherche aérospatiale du CNRC. M. Gould tire le canon depuis 1975.

En général, les oiseaux heurtent l'aéronef au décollage ou à l'atterrissage, plutôt qu'à haute altitude. Habituellement, les collisions surviennent à moins de 1,5 kilomètre (5 000 pieds) d'altitude, près des aérogares, où la vitesse ne dépasse pas 350 noeuds (environ 650 km à l'heure). « Les tests de certification pour les appareils transportant des passagers exigent le lancement d'oiseaux avec leur plumage sur le pare-brise du poste de pilotage, le bord d'attaque des ailes et le stabilisateur horizontal-vertical à 350 noeuds, poursuit M. Gould. À une telle vitesse, même des objets aussi mous qu'un volatile engendrent des dommages importants. » Il précise que les essais de certification des avions militaires s'effectuent à des vitesses encore plus hautes, soit supérieures à celle du son (mach 1).

Dommages résultant de l'impact avec un oiseau durant les essais.
Dommages résultant de l'impact avec un oiseau durant les essais.

Le canon à air comprimé est d'une « élégante simplicité », reprend le technicien. « Il consiste en un réservoir et un canon de 40 pieds de longueur fixés à une robuste armature. Le système de réglage situé en dessous permet de viser correctement la cible. On hausse ou descend le canon puis déplace la cible latéralement. » Le canon à poulets du CNRC tire les volatiles et d'autres projectiles grâce à l'air que l'on comprime à une pression de 10 à 200 livres par pouce carré.

« Pour les essais à température ambiante, on n'a qu'à charger et tirer, reprend M. Gould. Quelques minutes suffisent pour obtenir la pression désirée puis la relâcher. En tout, la procédure demande 20 à 30 minutes, de l'installation de la cible, des caméras et des projecteurs, à la mesure de l'impact. »

Un mot sur les poulets

« Pour les essais d'impact, nous employons des pondeuses domestiques ou des capons morts, et de plus petits oiseaux pour les tests d'aspiration par le moteur, déclare Ron Gould. Quand nous étalonnons le canon cependant, nous utilisons de faux poulets en gélatine et en matériel fibreux. »

« Les oiseaux servant aux essais d'impact portent toutes leurs plumes, ajoute-t-il. Nous les gardons congelés et les décongelons juste avant le test. La température interne est notée, pour prouver à nos clients que la carcasse était bien décongelée. »

L'installation de simulateur d'impact en vol du CNRC – foyer des poulets les plus rapides au monde.
L'installation de simulateur d'impact en vol du CNRC – foyer des poulets les plus rapides au monde.

Selon M. Gould, la plupart des canons à air comprimé en usage dans le monde appartiennent aux fabricants d'aéronefs, mais on s'en sert si rarement qu'il est difficile de maintenir l'expertise voulue pour leur emploi. « C'est pourquoi l'installation du CNRC est si populaire auprès des constructeurs. Nous sommes toujours à leur disposition. Leurs difficultés nous sont bien connues et, quand nous ne tirons rien pour un client ou un autre, nous perfectionnons nos méthodes. »

À présent, le canon à air comprimé du CNRC a deux « jumeaux » aux États-Unis. « À ma connaissance, notre canon est le seul à avoir des sosies », affirme M. Gould. Le premier appartient à la division aérospatiale de Pittsburgh Plate Glass Industries, à Huntsville, en Alabama. Il a été construit en août 1984. « L'entreprise nous demandait tant d'essais qu'elle a jugé bon de fabriquer le sien, explique-t-il. Ses représentants sont allés partout dans le monde avant de convenir que notre canon était décidément le meilleur. » Le second se trouve dans une installation de Boeing, à Seattle.

Le saviez-vous? Depuis 1968, le CNRC a tiré son canon à âme de 10 pouces plus de 3 500 fois, projetant l'équivalent de 3,5 tonnes de poulet. À une occasion, les employés du CNRC ont procédé à 55 tirs en 4,5 jours. Outre ce canon, le CNRC en possède un de 3,5 pouces et un troisième de 5 pouces pour les essais d'aspiration par les moteurs.

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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