ARCHIVÉ - Le Canada et la Chine se donnent la main pour rehausser la production du canola

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Le 03 novembre 2008 — Saskatoon (Saskatchewan)

Le CNRC et la Chine allieront leurs talents en recherche pour créer des variétés de canola (Brassica napus) plus productives. À l'heure actuelle, le canola injecte au-delà de 11 milliards de dollars dans l'économie canadienne.

Au cours des trois prochaines années, l'Institut de recherche sur les oléagineux (IRO) de l'Académie chinoise des sciences agricoles et l'Institut de biotechnologie des plantes du CNRC (IBP-CNRC), à Saskatoon, coopéreront dans le cadre de recherches en génomique qui aboutiront à l'identification des gènes modifiant le rendement en huile de la plante et sa capacité de s'adapter à divers stress environnementaux. L'IRO investira jusqu'à 300 000 $ dans la recherche en génomique entreprise à l'IBP-CNRC et enverra un scientifique à Saskatoon pour qu'il prête main-forte à ses homologues canadiens.

« C'est la première fois que la Chine investit directement dans la recherche agricole canadienne en vue d'améliorer une culture importante aux deux pays », a affirmé Roman Szumski, vice-président du portefeuille des Sciences de la vie au CNRC. « Avec cette collaboration, les deux nations verront grandir leur réputation d'excellence en recherche agricole, ce qui engendrera un avantage concurrentiel pour les agriculteurs tant du Canada que de la Chine. »

Selon Faouzi Bekkaoui, qui pilote le programme de génomique des oléagineux de l'IBP-CNRC, l'idée d'une telle collaboration vient des contacts initiaux noués entre les scientifiques des deux organismes. En novembre 2007, le CNRC avait été convié à participer à un atelier sur la génomique et l'hybridation du canola et des espèces du genre Brassica. Des chercheurs de l'Université agricole de Huazhong et de l'IRO, qui se spécialise dans la recherche sur le canola et d'autres oléagineux tels l'arachide et le soja, y assistaient. « Ils auraient beaucoup aimé collaborer avec nous. En mai 2008, nous avons donc organisé une autre réunion mettant l'accent sur des secteurs de recherche précis », explique M. Bekkaoui.

Les participants à l'atelier de novembre 2007 sur la génomique de Brassica, à Wuhan (Chine). De gauche à droite : Shengyi Liu, Hong Wang, Mark Smith, Gopalan Selvaraj, Jitao Zou, Raju Datla, Pierre Fobert et Faouzi Bekkaoui.
Les participants à l'atelier de novembre 2007 sur la génomique de Brassica, à Wuhan (Chine). De gauche à droite : Shengyi Liu, Hong Wang, Mark Smith, Gopalan Selvaraj, Jitao Zou, Raju Datla, Pierre Fobert et Faouzi Bekkaoui.

« Un aspect unique de l'entente est le partage de la propriété intellectuelle entre les deux organismes afin de favoriser l'amélioration et la commercialisation de la culture dans chaque pays », précise Royal Hinther, agent de développement commercial à l'IBP-CNRC. « L'IRO détient aussi beaucoup de matériel génétique du colza. Le matériel génétique chinois pourrait enrichir celui du Canada et vice-versa. »

En vertu de l'entente, une des priorités consistera à séquencer deux chromosomes de Brassica rapa — le chou chinois —, culture dont on se sert pour améliorer génétiquement le canola. Le CNRC et l'IRO traceront aussi une carte préliminaire du génome de B. napus. Le projet s'inscrit dans un programme appelant la collaboration d'Agriculture et Agroalimentaire Canada et d'autres partenaires.

« L'IRO est reconnu pour son savoir-faire dans les techniques classiques d'hybridation végétale, tandis que l'IBP-CNRC est passé maître en génomique et en biotechnologie, reprend M. Bekkaoui. Les deux organismes se complètent. Leur collaboration posera les fondements des travaux à venir sur le séquençage des gènes de Brassica rapa et sur la cartographie du génome de Brassica napus. Les données qui en résulteront nous aideront à mieux comprendre les phénomènes moléculaires qui commandent la composition des graines, la qualité, le rendement en huile et la résistance à la maladie du canola. »

« Le but ultime est d'augmenter la concentration d'huile de la plante, poursuit le chercheur. Les Chinois ont quelques cultivars de canola plus riches en huile que nous aimerions utiliser comme modèle pour comprendre l'origine génétique du phénomène, en identifiant les gènes qui codent la plus forte production d'huile. »

Wilf Keller, directeur de la recherche de l'IBP-CNRC, et Hanzhong Wang, directeur de l'IRO, à la signature de l'entente canado-chinoise concernant la recherche sur le canola, à Saskatoon.
Wilf Keller, directeur de la recherche de l'IBP-CNRC, et Hanzhong Wang, directeur de l'IRO, à la signature de l'entente canado-chinoise concernant la recherche sur le canola, à Saskatoon.

« Le Canada exporte beaucoup de canola en Chine. L'entente ne devrait toutefois pas affecter l'importance des échanges entre les deux pays, soutient M. Bekkaoui. Même si l'IRO créait de nouvelles variétés donnant plus de graines ou d'huile, la Chine continuerait d'importer une grande quantité de canola canadien. » Et d'ajouter M. Hinther : « La Chine a intérêt à ce que le Canada accroisse sa production, car cela sécurisera ses approvisionnements. »

« Pareille entente a énormément de sens puisque le canola a été mis au point au Canada », estime Hanzhong Wang, directeur de l'IRO. « Les pénuries d'aliments et d'énergie se multiplient. Rehausser le rendement du canola concourra à atténuer ce problème mondial. »

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

Restez branché

Flickr Abonnez-vous