ARCHIVÉ - Grâce au concours technologique du CNRC, un nouvel appareil médical peut soigner des troubles neurologiques

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Le 05 janvier 2005 — Ottawa (Ontario)

Dispositif de la sonde neurologique
Dispositif de la sonde neurologique

Un appareil médical, assez petit pour tenir aisément entre le pouce et l'index, pourrait bien améliorer la vie des personnes atteintes de troubles du système nerveux telle la maladie de Parkinson. Cet appareil marque l'aboutissement d'un projet coopératif entre l'Institut des technologies de fabrication intégrées du CNRC (ITFI-CNRC), le Lawson Health Institute (qui fait partie du Centre des sciences de la santé de London inc.) et Medtrode inc.

Le nouveau dispositif a été conçu pour faciliter une procédure relativement nouvelle baptisée « stimulation cérébrale profonde » (SCP), devenue depuis peu une des thérapies d'élection pour traiter les cas graves de troubles du mouvement associés aux affections nerveuses. La SCP suppose l'introduction d'une électrode dans le cerveau par intervention chirurgicale. L'électrode engendre un courant électrique qui supprime les signaux nerveux anormaux à l'origine de symptômes comme les tremblements. L'appareil qui produit l'impulsion électrique et qui rappelle un stimulateur cardiaque, est implanté quant à lui près de la clavicule. Chez les personnes souffrant de la maladie de Parkinson, la SCP s'est avérée un moyen efficace pour soigner les symptômes débilitants comme les tremblements, le ralentissement des mouvements et la rigidité.

Électrode à canaux multiples micro-usinée par laser, d'une épaisseur de 0,5 mm
Électrode à canaux multiples micro-usinée par laser, d'une épaisseur de 0,5 mm

Une des caractéristiques les plus frappantes de l'appareil (connu comme une sonde neurologique) est sa petite taille. En effet, on est parvenu à réduire l'électrode de la grosseur d'une goupille de 0,5 mm à celle d'un bout de fil de haut-parleur. Cette taille réduite signifie que l'opération laissera moins de traces chez le patient.

Autre caractéristique unique : non seulement le nouvel appareil stimule-t-il le cerveau, il en enregistre aussi les ondes électriques. Le Dr Mandar Jog, son co-inventeur et neurologue au Lawson Health Research Institute, signale que la procédure actuelle exige énormément du patient, car le médecin doit d'abord situer l'endroit précis où implanter l'appareil, enregistrer les signaux qu'émet cette partie de l'encéphale pour enfin introduire l'électrode qui enverra les nouveaux signaux et combattra les symptômes.

« L'intervention classique consiste à identifier les zones du cerveau à l'origine des troubles du mouvement au terme de laborieuses analyses physiologiques qui durent des heures en salle d'opération », explique-t-il. Actuellement, le patient, qui reste éveillé, subit cette procédure pendant 6 à 8 heures, tête immobilisée dans un inconfortable carcan. Le Dr Jog qualifie le processus d'imprécis, la période durant laquelle les signaux sont enregistrés ne permettant pas toujours d'en répertorier la totalité ni l'importance.

Le prototype créé par les membres de l'équipe combine les fonctions d'enregistrement et de stimulation en dédiant des canaux multiples à chaque fonction. Le dispositif est beaucoup plus petit, donc moins susceptible de causer des traumatismes. Le cas échéant, les signaux pourraient être enregistrés pendant l'opération, mais on insisterait sur la configuration du champ de stimulation à partir des signaux captés en continu, cela afin d'abréger l'intervention, d'ajuster les signaux qui stimuleront le cerveau et d'atténuer les effets secondaires.

Dr Suwas Nikumb (gauche) de l'ITFI-CNRC, Dr Souhile Assaf de Medtrode Inc., et Dr Mandar Jog de Lawson Health Research Institute.
Dr Suwas Nikumb (gauche) de l'ITFI-CNRC, Dr Souhile Assaf de Medtrode Inc., et Dr Mandar Jog de Lawson Health Research Institute.

Le partenariat a fait appel à l'ITFI-CNRC, qui est passé maître dans l'utilisation du laser pour le micro-usinage et le conditionnement des matériaux. Une des difficultés du projet consistait à trouver des matériaux qu'on pourrait travailler mais qui seraient biologiquement compatibles.

Medtrode inc., le partenaire privé, veillera à ce que la nouvelle technologie passe sans difficulté du laboratoire au marché. Pour l'instant, les techniques de neurostimulation représentent un débouché de 25 à 35 millions de dollars, mais on croit qu'il pourrait passer à 100 millions au cours des cinq prochaines années.

L'élaboration de l'électrode neurochirurgicale a été financée en partie grâce à une subvention de la phase I de l'Initiative de démonstration des principes des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), qui appuie les recherches visant à faire la preuve des principes à la base d'une invention ou d'une découverte. Une autre subvention, de la deuxième phase celle-là, et un investissement équivalent de Medtrode permettront à cette découverte de franchir une étape supplémentaire du cycle de l'innovation et aidera à pousser plus loin les succès remportés avec la subvention de la phase antérieure.


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