ARCHIVÉ - La coopération scientifique profite au secteur aquicole

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Le 05 février 2005 — Ottawa (Ontario)

Le flétan de l'Atlantique (Hippoglossus hippoglossus)
Le flétan de l'Atlantique (Hippoglossus hippoglossus)

L'aquaculture figure parmi les grandes industries du Canada. En effet, en 2003, ce secteur enregistrait des recettes de 586 millions de dollars. À elle seule, la salmoniculture explique 80 pour cent des ventes globales. Un projet conjoint du gouvernement canadien et du secteur privé prévoit d'importants travaux de recherche qui aideront l'industrie à entreprendre l'élevage de nouvelles espèces tel le flétan de l'Atlantique.

Le flétan est très prisé à cause de sa taille et de la qualité de sa chair. Malgré ces attributs intéressants cependant, la très grande longévité du flétan (il n'atteint sa maturité sexuelle qu'au bout de 5 ou 6 ans) entrave les efforts déployés pour améliorer l'espèce par sélection de meilleurs spécimens, méthode couramment en usage avec le bétail. À titre de comparaison, le saumon de l'Atlantique est prêt à se reproduire à l'âge de deux ans.

Désormais, on recourt à la cartographie génétique, technique qui a vu le jour dans la course pour décrypter le génome humain, pour identifier rapidement les caractères utiles ou souhaitables chez le flétan, notamment une croissance rapide et la résistance aux maladies. Une fois les gènes codant ces caractères identifiés, on espère que l'industrie pourra élever les poissons qui les expriment. Jusqu'à présent, le Canada se range parmi les premiers pays à exploiter cette technique, avec l'Irlande, la Norvège et l'Écosse.

Le projet a démarré quand des chercheurs du ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) à St.Andrews (Nouveau-Brunswick) ont exprimé la crainte que bon nombre des flétans immatures gardés pour la reproduction soient parents, ce que le contrôle génétique a par la suite confirmé. Une scientifique du MPO, Debbie Robichaud a émis cette hypothèse. « Il est heureux que Debbie Martin-Robichaud, chercheuse au MPO, ait émis cette hypothèse, car l'utilisation de poissons apparentés pour la reproduction aurait vite abouti à la consanguinisation et à une multitude de problèmes », explique Michael Reith, de l'Institut des biosciences marines du CNRC (IBM-CNRC), à Halifax.

Coopération et partenariat

L'IBM-CNRC, le MPO et Scotian Halibut Ltd. participent à ce projet en partie financé par la Stratégie canadienne en matière de biotechnologie, du MPO, le Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture, et plus récemment le programme Pleurogene de Génome Canada/Génome Espagne. En plus d'amorcer le projet et de le financer, le MPO a mis au point les techniques pour faire frayer le flétan et en élever les alevins. De son côté, Scotian Halibut a fourni d'importantes données sur les caractères qui intéressent l'industrie, a procédé au croisement des spécimens affichant ces caractères et contribue à en élever la progéniture. Enfin, l'IBM-CNRC a mis ses installations et ses spécialistes à la disposition de l'équipe pour ses analyses et la cartographie du génome.

Les travaux ont tâchés d'établir exactement l'information génétique qui se transmet de génération en génération, bref les liens de parenté entre poissons. L'affaire n'est pas mince si l'on songe que pour le poisson comme l'être humain, tout l'ADN ou presque est identique chez deux individus. Déceler les variations demeure néanmoins une étape capitale si l'on veut établir l'ascendance des spécimens et identifier les caractères utiles.

Durant la méiose, les chromosomes des deux parents s'associent et s'échangent une partie de leur ADN pour former un nouveau chromosome composé de fragments du génome de chaque parent. Dans le cas qui nous intéresse, l'information contenue dans les chromosomes originaux n'est pas partagée en entier, mais plutôt « un petit bout par-ci, un petit bout par-là ». Ce processus porte le nom de « recombinaison ».

Selon Michael Reith, les chercheurs aimeraient maintenant déterminer le taux de recombinaison entre des marqueurs génétiques, ce qui les renseignera sur l'emplacement des variations. Les données de ce genre revêtent une importance cruciale, car à tel ou tel caractère s'associent souvent des variations génétiques. Avant de sélectionner un caractère, il faut savoir où il se trouve. « Une carte de liaison permettra d'organiser les séquences d'ADN appartenant à divers chromosomes et de les classer dans un ordre logique, ce qui facilitera grandement l'analyse », poursuit M. Reith.

Imaginez une carte au 100 000e sur laquelle chaque centimètre correspond à un kilomètre. À cette échelle, difficile de situer les choses avec précision. Avec une carte au 10 000e cependant, où chaque centimètre représente cent mètres, identifier les différents éléments devient beaucoup plus aisé. Les chercheurs veulent essentiellement une carte assez détaillée pour identifier avec certitude les marqueurs génétiques ou les gènes associés aux caractères particuliers recherchés.

Selon M. Reith, l'équipe s'efforce aussi d'identifier divers marqueurs signalant des informations et des éléments importants de nature variée. Reprenons l'analogie de la carte. Quand elle passe à une échelle plus petite (celle du quartier, par exemple), la carte apporte des précisions supplémentaires comme les habitations, mais aussi le type de propriété (les parcs, les écoles et les commerces de détail ou les immeubles à bureaux). Une carte détaillée fournirait ce genre de renseignements; une carte génétique aussi, les marqueurs correspondant aux formes de variation génétique au lieu des habitations.

L'équipe a déjà identifié 200 marqueurs indiquant précisément des variations particulières. L'étape suivante consistera à porter ce nombre à 1 000, de sorte qu'on disposera d'un tableau beaucoup plus détaillé de la situation. « Ces travaux ont d'importantes répercussions sur l'élevage du flétan. En identifiant ces marqueurs, nous espérons accélérer considérablement la sélection de nouveaux sujets de reproduction dont la progéniture s'avérera plus performante que celle de leurs parents », termine le chercheur.



Renseignements : Relations avec les médias
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