ARCHIVÉ - Les scientifiques du CNRC parlent de leur travail (2e partie)
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Le 05 octobre 2005 — Ottawa (Ontario)
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On raconte que les découvertes scientifiques ne commencent pas vraiment par le célèbre « Eurêka! », mais plutôt par « Tiens! Voilà qui est étrange... » [1]
Pour savoir si c'est exact et pour en apprendre davantage sur la nature de la science et des découvertes scientifiques, la rédaction des Faits saillants du CNRC a récemment posé une série de questions aux chercheurs du CNRC dont les travaux ont fait la manchette de cette rubrique mensuelle ces trois dernières années.
Au sujet de cet article
Nous espérons que vous apprécierez la lecture de cet article, tiré d'une série de trois articles à paraître dans les prochaines parutions mensuelles des Faits saillants du CNRC.
Chaque article présente une sélection des réponses intéressantes des scientifiques. Ces réponses sont souvent candides et ceux qui les ont formulées ne craignaient pas de dévoiler le fond de leurs pensées.
Peut-être à cause d'un trop grand pessimisme, dans le courriel contenant la liste de questions, nous émettions l'hypothèse que, pour beaucoup de gens, la science ressemble à cette boîte noire que les enquêteurs examinent après l'écrasement d'un avion. Les profanes savent qu'elle renferme des données vitales, mais ils ignorent comment récupérer ces données et les interpréter.
Reprenant cette métaphore, nous avons donc demandé aux scientifiques du CNRC de partager avec nous leurs impressions sur cet instant magique où ils s'exclament « Tiens! Voilà qui est bizarre... » et sur ce qu'il signifie au niveau de la découverte. Dans une série de questions ouvertes, fort peu scientifiques, nous leur avons demandé notamment comment la science évolue, comment de nouveaux domaines de recherche voient le jour, comment les scientifiques composent avec de tels changements et quel est la place de la méthode scientifique par rapport à celle de l'intuition brute.
La découverte – Il n'y a pas de mode d'emploi
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Une deuxième série de questions posées aux chercheurs portait sur la nature de la découverte scientifique. Comment « fait-on » une découverte? Pourquoi les résultats semblent-ils toujours si aléatoires et inattendus?
Logiquement, on pourrait croire que la science et les découvertes scientifiques peuvent être gérées par un contrôle très rigoureux. Pourtant, un survol même sommaire de l'histoire des sciences suggère que la recherche amène souvent le savant dans des directions tout à fait imprévisibles. La science et la découverte vont là où bon leur semble. Nous avons posé plusieurs questions dans l'espoir de mieux comprendre les rouages de ces hasards heureux. Les réponses reçues soulignent toutes qu'il faut garder l'esprit ouvert et rester réceptif aux incidents que le hasard provoque au laboratoire, puis tenter de comprendre s'ils sont significatifs.
Nous avons aussi demandé ce qui se passe quand naît un nouveau secteur de recherche, parce que soit de nouvelles connaissances soit de nouveaux outils rendent pour la première fois une chose réalisable. Les jeux de microéchantillons d'ADN, qui autorisent une étude détaillée de l'expression des gènes, et le microscope à balayage à effet tunnel, qui a favorisé l'essor de la nanotechnologie, en sont deux illustrations récentes.
Voici un échantillon des réponses qui nous ont été fournies.
« Il y a 15 ans, nous avons obtenu des résultats très étranges avec une boîte de Pétri, sans aucun rapport avec ce que nous étudiions à l'époque. Comme cela paraissait intéressant, nous avons essayé de savoir ce qui se passait. La réponse a engendré un champ de recherche qui a orienté les travaux du laboratoire pour les 15 années suivantes et nous a valu une renommée internationale. »
« La science est comme un immense chantier. De nouvelles pièces de construction arrivent et ont leur importance, mais ce qui est en place a lui aussi beaucoup d'importance pour la structure générale et on peut s'en servir. Le point capital reste la capacité de voir comment les choses se déroulent et comment les éléments s'agencent, ensuite on peut déterminer ce qui est utile ou pas. »
« La probabilité que la même idée germe chez deux personnes différentes est d'autant plus grande que ces personnes puisent dans un bagage de connaissances identique. Il n'y a pas si longtemps, Newton et ses contemporains ont inventé le calcul intégral chacun de leur côté à peu près au même moment. Bien que la chose fût totalement nouvelle, on en doit la venue au désir d'une meilleure méthode mathématique capable de faire progresser l'étude des planètes. »
Après avoir lu ce qui précède, vous aurez sûrement quelques questions et réflexions bien à vous. Faits saillants du CNRC cherche à alimenter l'intérêt de ses lecteurs avides de science et nous aimerions connaître votre point de vue sur ce deuxième article. L'avez-vous jugé intéressant? Vous a-t-il aidé à mieux comprendre certaines difficultés inhérentes à la recherche scientifique? Vous avez des réflexions sur la découverte? Dites-nous ce que vous en pensez en nous donnant vos commentaires sur le formulaire ci-dessous.
[1] « La phrase la plus excitante dans la bouche d'un scientifique, celle qui laisse entrevoir une découverte prochaine, n'est pas tant Eurêka (J'ai trouvé !), mais bien "hum... voilà qui est étrange... " » (Isaac Asimov)
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