ARCHIVÉ - Les pilotes apprennnent à voir dans le noir

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Le 05 mars 2005 — Ottawa (Ontario)

La marge d'erreur est mince pour les pilotes qui accomplissent des missions de sauvetage dangereuses. Cette simple constatation explique les recherches poursuivies pour aider les pilotes à mieux « voir » dans l'obscurité ou les intempéries. Les mêmes recherches ont contribué à améliorer la manière dont les données vitales sont relayées au pilote. Résultat? Une sécurité accrue en vol. Cependant, ces changements modifient aussi la façon dont le pilote voit, perçoit et décode l'information ce qui, en soi, peut poser un risque.

Todd Macuda ajuste les lunettes de vision nocturne
Todd Macuda ajuste les lunettes de vision nocturne

Bienvenue dans le monde de Sion Jennings et de Todd Macuda, chercheurs au CNRC spécialisés dans les facteurs humains, l'étude des interactions de l'homme avec la machine. Les facteurs humains occupent une place importante dans l'industrie aéronautique. Ils régissent l'aménagement du poste de pilotage, la configuration des instruments et la transmission de l'information de ces instruments et d'autres sources à l'utilisateur.

Lors d'un exposé récent, M. Jennings, ingénieur de profession, et M. Macuda, psychologue, ont insisté sur le fait qu'une interface homme-machine bien pensée demande une collaboration étroite entre les chercheurs de diverses spécialités. Les deux scientifiques travaillent au Laboratoire de recherche en vol de l'Institut de recherche aérospatiale du CNRC (IRA-CNRC), à l'aéroport d'Uplands, à Ottawa. D'autres équipes du CNRC qui partagent cette approche multidisciplinaire à la recherche ont donné ou donneront également des exposés dans le cadre d'un mois de conférences organisées par le Conseil sur le thème L'esprit matière première : la science du comportement au CNRC.

Lunettes de vision nocturne
Lunettes de vision nocturne

On ne sera guère surpris d'apprendre que la science des facteurs humains a pour pierre d'assise l'être humain et la manière dont il réagit avec le milieu qui l'entoure. Les recherches entreprises dans ce domaine ont pour but essentiellement de conduire à la création de concepts qui aideront l'être humain à mieux composer avec la machine. Selon M. Jennings, la complexification croissante des machines après la Deuxième Guerre mondiale a donné naissance à ce secteur de recherche moderne qui, depuis lors, occupe une place déterminante en dessin industriel et dans la réalisation des logiciels et des interfaces Web.

Les chercheurs tentent de répondre à une foule de questions sur des paramètres sociaux, perceptuels (par ex., quelle devrait être la luminosité d'un écran pour qu'on puisse le lire en plein soleil?), cognitifs (quelle masse d'informations l'être humain est-il capable de retenir pendant 5 minutes, 5 heures, 5 jours?) et biomédicaux (quelle force faut-il appliquer pour faire bouger le palonnier?). « Ce genre de travail exige de l'ingénieur qu'il comprenne les besoins et les capacités de l'utilisateur en plus de la technologie. Construire le bon instrument devient donc un exercice réellement multidisciplinaire », a expliqué M. Jennings à l'assistance. « S'il comprend la science et la technologie, l'ingénieur a besoin du psychologue et du médecin pour saisir les besoins humains et mettre au point un meilleur produit au bout du compte. »

Au cours des 10 dernières années, et pendant au-delà de 500 heures de vol, l'IRA-CNRC a testé des lunettes de vision nocturne et d'autres systèmes qui amélioreront la vue des pilotes. Si vous avez déjà passé un examen pour la vue, vous n'aurez aucun mal à imaginer le type de lentilles et de visières qu'on envisage pour le casque d'un pilote et l'impact qu'elles peuvent avoir sur son champ de vision, sa liberté d'action et son comportement.

Employée du CNRC portant les lunettes de vision nocturne
Employée du CNRC portant les lunettes de vision nocturne

Quant à lui, Todd Macuda étudie comment les lunettes de vision nocturne affectent le sens de la vue sur divers plans, notamment l'acuité visuelle (les détails discernables dans une image) et la profondeur de champs. De simples décisions tel l'emplacement du système de vision nocturne sur le côté ou à l'avant du casque ont une incidence majeure sur la perception de la profondeur.

Un autre aspect important faisant l'objet de recherches est l'effet des parasites sur les sens. En effet, sous un faible éclairage, les dispositifs de vision nocturne engendrent un nuage de points mouvants semblable à la « neige » qui brouille l'écran des téléviseurs quand la réception est mauvaise. Ce qui amène la question : comment le comportement de l'utilisateur est-il affecté par ces conditions? Les travaux de M. Macuda font appel à une batterie de méthodes expérimentales comme la modélisation, la simulation et les essais pratiques pour établir l'effet des parasites sur l'aptitude du pilote à voir. En définitive, les travaux poursuivis en laboratoire amèneront l'évolution et le perfectionnement de la technologie de la vision nocturne.

Un aspect qui rend les installations de l'IRA-CNRC uniques est que toutes les expériences s'effectuent sous le même toit. Le laboratoire où sont testées les lunettes de vision nocturne se trouve littéralement à un pas du vaste hangar où attendent une série d'aéronefs entièrement équipés pour les essais. Sur le plan pratique, cela signifie que les théories qui voient le jour en laboratoire peuvent être rapidement vérifiées dans des conditions réelles. L'avantage est que les découvertes et les perfectionnements apportés à des systèmes cruciaux comme les lunettes de vision nocturne se font tout aussi rapidement un chemin au sein de l'aviation, une situation qui ne fait que des heureux.


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