ARCHIVÉ - Neuroscience et comportement
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Le 05 mars 2005 — Ottawa (Ontario)
« Est-ce qu'il est toujours là? » Telle est la question qu'une mère rongée par l'angoisse et la colère a posée au sujet de son fils, victime d'un grave accident de la route. Même si ce dernier ne réagissait à aucun stimulus, elle était persuadée qu'il était « toujours là » et était déterminée à le prouver.
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Selon Ryan D'Arcy, chercheur à l'Institut du biodiagnostic – Atlantique du CNRC, choisir la thérapie adéquate pour les personnes atteintes d'un traumatisme cérébral exige dans une large mesure qu'on s'interroge d'abord sur l'étendue du traumatisme et de l'activité cérébrale. « Si l'on peut établir que le cerveau du malade fonctionne toujours, alors certains traitements peuvent être envisagés », explique-t-il. Le traitement peut être aussi simple que veiller à ce que les malades réagissant aux stimulus puissent regarder la télévision, estime le chercheur. Sur une note plus sérieuse, cela oblige le personnel infirmier à modifier son comportement, car on ne devrait pas et on ne peut plus dire du patient qu'il est privé de ses facultés et affirmer « qu'il (ou elle) ne comprend rien ».
M. D'Arcy a formulé ces commentaires dans le cadre de la série d'ateliers L'esprit matière première organisée par le CNRC. Son exposé et celui de Jagdeep Sandhu, de l'Institut des sciences biologiques du CNRC, ont mis en relief les travaux importants entrepris par le milieu de la recherche pour mieux expliquer le comportement et la cognition, non seulement en termes de psychologie, mais aussi de physiologie, face aux changements physiques bien réels qui surviennent dans le cerveau. Comme les membres des deux sciences l'admettraient sans doute, un fossé philosophique appréciable sépare depuis toujours les tenants de l'esprit et ceux de la matière. Dernièrement cependant, on assiste à un rapprochement de ces deux courants de pensée.
Dans son exposé, par exemple, Mme Sandhu a décrit le travail entrepris en vue de comprendre les changements de nature cellulaire qui surviennent chez les personnes souffrant de troubles neurodégénératifs telle la maladie de Parkinson. Une des stratégies envisagées par son équipe consiste à utiliser des thérapies géniques pour aider les cellules affectées à mieux résister aux changements induits par la maladie. Avant de recourir à de telles thérapies, il faut toutefois saisir la complexité et l'ampleur des modifications génétiques qui découlent de la maladie. L'objectif est de découvrir une fonction importante du cerveau qui pourrait essentiellement être modifiée ou amenée à agir autrement.
L'IRMf
L'IRMf fondée sur l'oxygénation du sang (ou BOLD, pour Blood Oxygen Level Dependent) est une technique qui tire parti du fait que le taux d'oxygénation de l'hémoglobine modifie ses propriétés magnétiques. Les zones actives du cerveau requièrent plus d'oxygène, de sorte qu'une plus grande quantité de sang les irrigue. En un premier temps, les scientifiques comparent les variations du débit sanguin quand le cerveau est actif ou au repos pour repérer les régions associées à une tâche particulière. Ils peuvent ensuite trouver ces variations avec l'IRM, le sang n'étant pas magnétisé de la même façon s'il est oxygéné ou s'il ne l'est pas. Les images fonctionnelles obtenues aident considérablement les spécialistes en neuroscience à en apprendre davantage sur l'activité du cerveau.
Ryan D'Arcy aborde le problème sous un autre angle, en l'occurrence en cherchant à comprendre dans le détail la physiologie et le fonctionnement du cerveau. « Géographie » est peut-être un terme mieux choisi pour décrire ce travail, car les chercheurs ont vraiment réussi à voir le cerveau fonctionner en temps réel et à identifier l'endroit précis où se déroulent certaines activités cérébrales en recourant à des techniques comme l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Avantage très important car ainsi, les médecins peuvent établir quelles parties du cerveau continuent de recevoir du sang et de l'oxygène et éviter l'ablation de tissus sains lors d'une intervention chirurgicale.
M. D'Arcy travaille au Centre de recherche sur les traumatismes cérébraux de Halifax, en Nouvelle-Écosse. Bien qu'il utilise l'IRMf seule, il y ajoute souvent un autre instrument cher aux chercheurs en neuroscience : l'EEG (électroencéphalographe), qui saisit des données sur les ondes cérébrales. En effet, différentes fonctions cognitives produisent des ondes dont les caractéristiques varient.
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| Photos de gauche : Photomicrographies d'une culture d'astrocytes (en rouge) et de neurones (en vert).Photos de droite : Photomicrographies des ravages caractéristiques causés par la maladie de Parkinson. Neurones sécrétant de la dopamine colorés par voie immunologique au moyen d'anticorps contre la tyrosine hydroxylase et deux corps de Lewy colorés par la même méthode avec des anticorps anti-ubiquitine (en brun). |
Ainsi, dans un test, on présente des éléments d'information incongrus – des images d'objets courants (par ex., une balle) – en les associant à une description erronée (le mot « automobile » ). L'expérience engendre une onde d'une forme très distincte baptisée N400. Quand on leur a demandé « Est-ce qu'il est toujours là? », M. D'Arcy et ses collègues ont recouru à cette expérience qui, à leur grande surprise, a produit l'onde N400 et leur a permis de répondre un « oui » décisif.
Ryan D'Arcy se sert aussi de l'IRMf pour évaluer des problèmes cliniques analogues lors de la planification des interventions chirurgicales. Les tests effectués avec l'IRMf avant l'opération peuvent confirmer que les zones du cerveau en question sont bel et bien intactes et peuvent alimenter d'importantes fonctions cognitives. Ces importantes expériences apportent des nouvelles vitales et pleines d'espoir aux malades et à ceux qui en prennent soin.
Plus sur le sujet
- L'esprit matière première : la science du comportement au CNRC
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- La biotechnologies : domaines de reserche du CNRC
- Institut du biodiagnostic du CNRC (IBD-CNRC)
- Institut des sciences biologiques du CNRC (ISB-CNRC)
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