ARCHIVÉ - Les réalisations d'astronomes canadiens imposent une révision des théories reçues

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Le 05 novembre 2005 — Ottawa (Ontario)

Observations faites par le spectrographe multi-objets Gemini.Une équipe internationale d'astronomes a découvert des galaxies géantes à une époque où, d'après la théorie reçue en astronomie, on ne devrait repérer que de jeunes galaxies nouvellement formées ou en formation. Ces résultats étonnants sont le fruit de technologies novatrices mises au point au CNRC.

Quand ils rédigent des manuels, les scientifiques s'expriment avec certitude. Il demeure que quand des chercheurs font des découvertes, une révision des manuels s'impose. À la lumière des nouveaux éléments d'information issus d'un vaste projet international en astronomie, le Gemini Deep Deep Survey (GDDS), les théories bien ancrées quant au début de notre Univers et à la formation des galaxies ont été ébranlées par leur propre « big-bang ».

Les astronomes observent et mesurent des signaux qui datent de milliards d'années, une tâche qui devient de plus en plus complexe à mesure que l'on s'éloigne dans le temps. La distance affaiblit les signaux. Et c'est sans compter les perturbations attribuables à l'atmosphère de la Terre qui entravent notre capacité à bien observer ces signaux.

Le GDDS a pour objet de remonter le temps, à il y a entre 9 et 11 milliards d'année, à une époque où l'Univers n'avait qu'entre 20 % et 40 % de sa taille actuelle. La théorie suggère que l'on devrait pouvoir observer au cours de cette période des galaxies relativement jeunes et en pleine formation. Le modèle de formation des galaxies, un modèle bien hiérarchisé et bien établi, laisse croire toutefois que ce n'est que plus tard que se sont formées des galaxies géantes, résultat du regroupement de plus petites galaxies. Or, durant cette étude, les chercheurs ont découvert des galaxies géantes datant déjà de 8 à 11 milliards d'années. Ce qui revient à dire en termes plus modernes que si le GDDS était un projet archéologique, le repérage de galaxies géantes se comparerait à la découverte d'un radio transistor dans un tombeau égyptien toujours scellé – un produit technologique aussi avancé ne devrait pas s'y trouver. Les résultats de cette étude soulèvent des questions fondamentales à propos des modèles théoriques et cosmologiques du début de l'Univers, ainsi qu'à propos du rôle de la matière noire et froide dans la formation de l'Univers.

Interprétation par un artiste de la formation de l'Univers.
Interprétation par un artiste de la formation de l'Univers.

Le spectrographe multi-objets Gemini (GMOS), conçu et fabriqué par le CNRC, le U.K. Astronomy Technology Centre à Edinburgh et l'Université Durham, a déjà permis au télescope Gemini d'observer des objets à la limite de ce qu'autorise la technologie courante. Afin de permettre à l'équipe internationale de scientifiques de faire des observations à des distances supérieures à celles des télescopes terrestres, des ingénieurs et scientifiques du CNRC ont mis au point, du concept à la réalisation en l'espace d'à peine quelques mois, de la technique dite de « va-et-vient rapide » (nod and shuffle) pour le GMOS. Jusqu'à ce jour impossible à mettre en pratique avec les télescopes à grande ouverture, cette technique annule les effets du fond de ciel et permet de mesurer le spectre d'objets qui, autrement, demeureraient inobservables. Cette technique suppose l'observation simultanée par spectroscopie d'un objet et du fond de ciel avoisinant. C'est en déplaçant le télescope au moyen de mouvements délicats et en déplaçant de façon précise des électrons du détecteur qu'on obtient un spectre combiné duquel il est possible de soustraire les effets attribuables à l'atmosphère terrestre.

La science à l'oeuvre pour le CanadaLa science à l'oeuvre pour le Canada
Rapport annuel 2004-2005 du CNRC

Une sélection d'histoires de réussites du CNRC et l'impact de celles-ci sur la vie des Canadiennes et des Canadiens vous est présentée dans le rapport annuel.
Nous vous invitons à parcourir nos réussites!

Les compétences du CNRC en conception de matériel d'astronomie de pointe engendre aussi des retombées pour l'industrie canadienne. Nanowave Technologies de Toronto est à fabriquer du matériel conçu par le CNRC et destiné au projet ALMA, un projet de radioastronomie de prochaine génération.


Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

Restez branché

Flickr Abonnez-vous