ARCHIVÉ - Le CNRC à la rescousse du Manitoba contre une éventuelle inondation catastrophique
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Le 05 octobre 2005 — Ottawa (Ontario)
La technologie lève le voile sur le ravage des innondations sur les rues et les bâtiments
La dévastation que l'ouragan Katrina a semé sur son passage dans le sud des États-Unis nous a rappelé la puissance destructrice d'une inondation. Au Canada, plus d'un Manitobain a connu les mêmes frayeurs que les habitants de la Louisiane, de l'Alabama et du Mississipi quoiqu'à une plus petite échelle, jusqu'à présent. Dans une nouvelle illustration de la science à l'oeuvre pour le Canada, les chercheurs du Centre d'hydraulique canadien du CNRC (CHC-CNRC) aident les Manitobains à se protéger d'éventuels cataclysmes.
Aménagé dans les années 60, le canal de dérivation de la rivière Rouge, au Manitoba, permet à cette dernière de contourner Winnipeg et restreint le volume d'eau qui coule dans la ville.
À l'inverse des pluies torrentielles qui accompagnent un ouragan, les inondations manitobaines sont habituellement le résultat de rivières dont le niveau monte trop rapidement à la fonte printanière. C'est qu'en fondant, la neige fait sortir de leur lit les cours d'eau qui inondent rapidement les terrains très plats. Bien que graduelles, les inondations de crue ont parfois des conséquences aussi dévastatrices que les inondations éclair.
Ainsi, en 1997, le Manitoba a connu son « inondation du siècle ». Celle-ci a nécessité l'évacuation de milliers d'habitants des agglomérations le long de la vallée de la rivière Rouge et de certains quartiers de Winnipeg. Par bonheur, bien qu'on soit passé à quelques pouces de la catastrophe, le système anti-inondations de Winnipeg, qui inclut le canal de dérivation de la rivière Rouge, a épargné la ville de ce que vivent actuellement bon nombre de nos voisins des États-Unis.
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| La rivière Rouge au Manitoba pendant « l'inondation du siècle » de 1997 |
Sachant à quel point on a frôlé le drame en 1997, le gouvernement du Manitoba a décidé de prendre des moyens pour parer à l'éventualité d'une inondation encore plus désastreuse. Le changement climatique et les fluctuations extrêmes de la température, de plus en plus fréquentes, ont incité la province à se préparer à une inondation qui pourrait toucher les deux tiers de la ville de Winnipeg (population : environ 700 000 habitants)*. La Manitoba Floodway Authority, société d'État créée pour voir à l'agrandissement du canal de dérivation de la rivière Rouge, a demandé au CHC-CNRC de l'aider à évaluer l'impact d'une inondation comme il ne s'en produit qu'une tous les 700 ans, mais qui ferait pâlir l' « inondation du siècle », par comparaison.
Les ingénieurs et les scientifiques du CHC-CNRC ont fait plus que faciliter l'évaluation d'une telle catastrophe. Ils ont fait tourner des modèles mathématiques et créé des simulations virtuelles sur ordinateur qui aideront la population et les différents intervenants à mieux comprendre la nécessité d'investir dans des mesures de protection contre les inondations. La Manitoba Floodway Authority a fait appel au CHC-CNRC à cause de son expertise en modélisation numérique et de ses logiciels d'animation conviviaux. On a aussi retenu ses services parce que le Centre possède déjà une multitude de données sur le canal de dérivation de Winnipeg.
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| De gauche à droite -- Thierry Faure, Dave Watson et Sébastien Bourban du CHC-CNRC |
L'agrandissement du canal de dérivation fera plus que doubler sa capacité. Le projet de 665 millions de dollars, soutenu par Infrastructure Canada, est considéré comme une priorité nationale sur le plan des infrastructures. À son achèvement, en 2010, le canal dérivera 4 000 mètres cube (140 000 pieds cube) d'eau par seconde du centre de Winnipeg.
Selon la Manitoba Floodway Authority, le canal actuel a déjà épargné « plus de 8 milliards de dollars en pertes » aux Manitobains; son expansion devrait mettre près d'un demi-million de Manitobains à l'abri d'une inondation future. Les dommages créés par une inondation unique en 700 ans sont estimés à 13 milliards de dollars si le canal n'est pas agrandi. Les inondations entraînent l'effondrement des infrastructures (routes), la perturbation des réseaux de communication et d'électricité, des pertes pour l'économie et le tourisme, des préoccupations environnementales (contamination par les eaux usées et les engrais), des dommages aux biens personnels, la perte de revenus, des dérangements pour l'ensemble des Canadiens et, dans les pires cas, blessures et mortalités.
Bien que bon nombre d'employés du CHC-CNRC aient concouru aux recherches sur le canal de dérivation visant à mettre les Manitobains à l'abri d'une telle catastrophe, l'équipe comptait trois membres principaux. Sébastien Bourban dirigeait le projet qui a permis l'amalgame des modèles à une et à deux dimensions utilisés pour l'évaluation. Thierry Faure a perfectionné les modèles numériques à l'aide du logiciel TELEMAC pour s'assurer que les représentations visuelles étaient exactes; Dave Watson s'est attaqué au logiciel de visualisation et a assemblé les photos aériennes, les images du SIG et d'autres données. TELEMAC a été conçu par Éléctricité de France.
« Outre les deux phase initiales du projet auxquelles le CHC-CNRC a participé, nous sommes fort bien placés pour proposer notre savoir-faire et notre technologie lors des futurs volets de ce projet aux multiples ramifications », a expliqué Étienne Mansard, directeur exécutif du CHC-CNRC. La Manitoba Floodway Authority s'attend à ce que la modélisation de pointe, la visualisation et d'autres technologies novatrices jouent un rôle déterminant dans les futures phases du projet d'expansion du canal.
En attendant, les chercheurs du CHC-CNRC continuent d'aider la collectivité canadienne en dispensant leur expertise en hydraulique environnementale. Les compagnies d'électricité et les entreprises privées recourent au savoir-faire technique de son personnel et aux technologies spécialisées du Centre pour faciliter les évaluations environnementales et garantir une diligence raisonnable advenant la rupture d'un barrage, d'autres formes d'inondation, un déversement pétrolier, la pollution des eaux ou, plus simplement, veiller à la qualité générale de nos ressources hydriques.
* Statistique Canada, Statistiques démographiques annuelles 2004, 2005
Renseignements : Relations avec les médias
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