ARCHIVÉ - Qu'arrive-t-il quand la lumière s'éteint?

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Le 05 avril 2005 — Ottawa (Ontario)

Des chercheurs du CNRC au Nouveau-Brunswick auront recours à la puissance des logiciels de simulation et de modélisation pour imaginer et vérifier quelques scénarios plutôt sinistres pour cette province de l'Atlantique, au nombre desquels figurent tempêtes de verglas, attentats terroristes et pannes de courant massives. Rappelons qu'il ne s'agit que de la simulation d'événements possibles. L'idée, en procédant de la sorte, est d'en apprendre davantage sur la façon dont les services à infrastructure essentielle tels les hôpitaux, le réseau de distribution d'électricité et les corps policiers se comportent dans des situations semblables.

Chirurgiens à une table d'opération
Chirurgiens à une table d'opération

Le but ultime de l'exercice est d'atténuer les conséquences de tels incidents et de mieux comprendre les interdépendances des infrastructures essentielles. Les chercheurs espèrent y parvenir en échafaudant des modèles de simulation qui nous renseigneront sur les parties du système où un incident pourrait se produire afin que des mesures soient prises pour éliminer pareil risque. Les enseignements tirés au Nouveau-Brunswick peuvent avoir un impact déterminant, car bon nombre d'autorités en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde sont aux prises avec des problèmes analogues. Le mois dernier, l'Institut de technologie de l'information – affaires électroniques du CNRC (ITI-CNRC) a conclu une alliance avec le ministère de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick afin de voir si l'on pourrait élaborer de nouveau outils.

En cas de panne, utilisez la génératrice

Steve Marsh, Roger Martin et Greg Sprague de l'Institut de technologie de l'information du CNRC (ITI-CNRC) examinent la console de commandement du nouveau laboratoire sur la protection de la vie privée, la sécurité et la confiance de l'ITI-CNRC. (Photo : Keith Minchin)
Steve Marsh, Roger Martin et Greg Sprague de l'Institut de technologie de l'information du CNRC (ITI-CNRC) examinent la console de commandement du nouveau laboratoire sur la protection de la vie privée, la sécurité et la confiance de l'ITI-CNRC. (Photo : Keith Minchin)

Greg Sprague, gestionnaire de projet pour le groupe « protection de la vie privée, sécurité et confiance » de l'ITI-CNRC, à Fredericton, estime que si l'on peut prévoir assez facilement les répercussions immédiates d'un incident telle une panne générale, en deviner les effets imprévus ou ceux à long terme est beaucoup plus ardu. Les chercheurs parlent de conséquences au 2e et au 3e degré et, pour l'instant, on s'est peu penché sur ces dernières, aussi surprenant que cela paraisse. « Supposons que le réseau électrique flanche. Les hôpitaux, les centres informatiques et les réseaux de télécommunications seront contraints d'utiliser des génératrices. Si la panne se prolonge cependant, le carburant viendra à manquer, ce qui signifie qu'il faudra de l'électricité pour pomper le carburant diesel qui alimente les génératrices », explique le chercheur.

Les infrastructures essentielles

Les infrastructures sont qualifiées d'essentielles quand leur défaillance peut avoir de lourdes conséquences sur l'économie et la population. Les scientifiques ont identifié 10 secteurs préoccupants :

  • l'énergie et les services publics,
  • les technologies de l'information et des communications,
  • les finances,
  • la santé,
  • l'alimentation,
  • l'eau,
  • les transports,
  • la sécurité,
  • l'administration publique,
  • la fabrication.

Une des difficultés pour les chercheurs est qu'en plus de leur variété, les infrastructures dont ils se soucient se chevauchent, sont interdépendantes à plusieurs égards. Bref, chaque infrastructure est reliée à la suivante. Parallèlement, chacune a plus ou moins besoin des autres pour bien fonctionner.

Ces infrastructures ont aussi été bâties pour déceler les changements de situation et s'y adapter, réalité qui complique une prévision adéquate des répercussions au 2e et au 3e degré. Ainsi, lorsque la demande d'électricité augmente, le réseau envoie une requête pour en obtenir davantage. Les requêtes de ce genre ne viennent pas d'une intervention délibérée d'opérateurs humains qui suivent la situation et y réagissent au bon moment. Au contraire, elles sont satisfaites par des systèmes automatiques s'appuyant sur ce qu'on appelle des agents, des logiciels autonomes qui facilitent la gestion et le contrôle des réseaux de grande envergure comme ceux des compagnies d'électricité. Toutefois, s'il se crée une interruption dans une ou plusieurs des infrastructures essentielles associées au réseau de distribution de l'électricité, les répercussions peuvent être importantes.

Activités portuaires hautement mécanisées
Activités portuaires hautement mécanisées

Andrew Reddick, directeur de la recherche à l'ITI-CNRC, au Nouveau-Brunswick, est emballé par les possibilités que laisse entrevoir le nouveau partenariat avec la province. D'après lui, 80 à 90 pour cent de l'infrastructure provinciale appartient à des intérêts privés, une proportion courante partout en Amérique du Nord et pas seulement au Nouveau-Brunswick. « Ici, nous avons la chance que le ministère de la Sécurité publique entretienne déjà de bonnes relations avec les propriétaires des infrastructures, affirme M. Reddick. Il sera donc plus facile de collaborer avec eux. »

Le chercheur souligne également que la province est un terrain d'essai idéal à gérer en raison de sa petite taille relative et de la bonne documentation existante sur les infrastructures. Dans de telles conditions, le partenariat entre l'ITI-CNRC et la province devrait aboutir à des résultats qui amélioreront la gestion des infrastructures au Nouveau-Brunswick et ailleurs.


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613-991-1431
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