ARCHIVÉ - Le CNRC accueille le retour d'une innovation canadienne au pays : le premier fauteuil roulant électrique revient à Ottawa

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Le 05 octobre 2005 — Ottawa (Ontario)

L'Année de l'ancien combattant n'aurait pu être mieux choisie pour souligner le retour du premier véritable fauteuil roulant électrique, inventé par George Klein, un chercheur du CNRC. Créé pour aider les anciens combattants blessés durant la Deuxième Guerre mondiale, cet appareil a permis à des personnes handicapées du monde entier de retrouver leur autonomie.

Le 30 septembre dernier, une petite foule s'est rassemblée pour voir cette innovation canadienne, en apprendre davantage sur ses origines et assister au lancement officiel de la biographie de M. Klein. Les personnes présentes ont applaudi l'esprit de coopération qui a donné naissance au fauteuil roulant motorisé. Dick Bourgeois-Doyle, lui aussi du CNRC et biographe de M. Klein, a été rejoint par les proches de ce dernier, des employés et anciens du CNRC, des historiens des sciences et des membres du public.

De gauche à droite :Steven Fletcher, député (Charleswood - St. James - Assiniboia), et Dick Bourgeois-Doyle, du CNRC, près du fauteuil roulant
De gauche à droite :Steven Fletcher, député (Charleswood - St. James - Assiniboia), et Dick Bourgeois-Doyle, du CNRC, près du fauteuil roulant

Il y a 50 ans, le gouvernement canadien remettait à l'administration des anciens combattants des États-Unis le prototype du premier fauteuil roulant électrique destiné aux quadraplégiques. Ce geste s'inscrivait dans les efforts grandissants déployés par le Canada pour partager cette invention avec d'autres pays et ainsi aider les personnes handicapées du monde entier à accroître leur autonomie. Récemment, le fauteuil original, offert au gouvernement américain le 26 octobre 1955 lors d'une cérémonie officielle à Ottawa, est revenu à son sol natal pour prendre place au Musée des sciences et de la technologie du Canada. Les employés du Musée ont entamé des négociations pour rapatrier ce qu'on considère être une « extraordinaire invention du Canada » l'an dernier, lorsqu'ils ont aidé Dick Bourgeois-Doyle à effectuer ses recherches sur le fauteuil roulant dans le contexte d'une biographie sur son inventeur, George J. Klein, rédigée pour les Presses scientifiques du CNRC. D'autres organisations et les médias, vivement intéressés par la biographie, se sont mis de la partie pour ramener le fauteuil roulant au pays.

La veuve de George Klein et Dick Bourgeois-Doyle, du CNRC, dévoilent fièrement le fauteuil roulant
La veuve de George Klein et Dick Bourgeois-Doyle, du CNRC, dévoilent fièrement le fauteuil roulant

Outre le CNRC, ont également joué un rôle dans cette invention le ministère des Anciens combattants du Canada, l'Association canadienne des paraplégiques (ACP), des médecins et des anciens combattants handicapés. C'est l'afflux de vétérans handicapés de la Deuxième Guerre mondiale qui se trouve à l'origine de cette invention. À l'inverse de la Première Guerre mondiale, où neuf victims de traumatisme à la moelle épinière sur dix mouraient de leurs blessures ou de l'infection qui s'ensuivait, la découverte de la pénicilline durant la Deuxième Guerre mondiale permit à neuf Canadiens sur dix de survivre à ces blessures et de rentrer au foyer. Ce changement radical signifiait que les familles des soldats et les hôpitaux du pays devaient accueillir bon nombre de paraplégiques et de quadraplégiques.

Avant cela, les fauteuils roulants manuels ne figuraient pas parmi les appareils fonctionnels que pouvaient se procurer les particuliers. Seul le personnel médical disposait d'un nombre fort limité de tels appareils et s'en servait pour déplacer les malades d'un service à l'autre. Il arrivait fréquemment qu'une centaine de patients se partagent les quelques fauteuils roulants que possédait l'hôpital1. John Counsell, ancien combattant paraplégique aux relations influentes et fondateur de l'ACP, partit en croisade et exerça des pressions sur le gouvernement canadien pour qu'on élargisse l'usage de fauteuils plus modernes, légers et polyvalents. Ses démarches firent en sorte que le Canada fut le premier pays à acheter 200 fauteuils roulants manuels pour aider les vétérans à retrouver une vie plus active. Même s'ils ont facilité la vie des paraplégiques revenant de la guerre et étaient plus faciles à manier que leurs prédécesseurs, ces fauteuils ne permettaient pas encore à leurs occupants quadraplégiques de se déplacer sans aide.

From left to right: NRC colleagues, George Klein and Robert Owens, working on the prototype electric wheelchair in the early 1950s at NRC in Ottawa
De gauche à droite : George Klein et Robert Owens, du CNRC, perfectionnent le prototype du fauteuil roulant électrique au début des années 50, au CNRC, à Ottawa.

Entrée en scène de l'ingénieux personnel du CNRC. On attribue à George Klein, du CNRC, bon nombre des principaux accessoires du fauteuil roulant motorisé et l'aspect général de ce dernier. Les tentatives d'autres personnes et organismes d'en créer un n'avaient pas abouti à un modèle assez sécuritaire ou fiable. George Klein, aujourd'hui décédé, et ses collègues comme Robert Owens, de Brockville (Ontario), participèrent à ce qu'on estime être maintenant une des premières collaborations du genre entre scientifiques, ingénieurs, patients et médecins. Les efforts de cette équipe innovatrice ne débouchèrent pas que sur l'invention du fauteuil motorisé; l'initiative a été perçue comme un des premiers exemples au monde de « génie appliqué à la réadaptation ». Durant ce projet majeur, les patients ne se sont pas bornés à jouer le rôle de cobaye humain mais étaient de véritables collaborateurs. Ils ont expliqué aux ingénieurs ce qu'ils souhaitaient et ce dont ils avaient besoin, ont fourni l'équipement et décrit les obstacles qu'ils devaient surmonter.

Il y avait foule vendredi soir pour l'inauguration de l'exposition et le lancement officiel de l'ouvrage George Klein: The Great Inventor, des Presses scientifiques du CNRC
Il y avait foule vendredi soir pour l'inauguration de l'exposition et le lancement officiel de l'ouvrage George Klein: The Great Inventor, des Presses scientifiques du CNRC

Largement considéré comme un artefact remarquable de l'histoire de la science, du génie et de l'invention canadienne2, le fauteuil roulant s'est valu les louanges du monde entier pour ses commandes novatrices, sa facilité d'utilisation et sa fiabilité.3 Cette histoire est celle d'une réussite canadienne et illustre brillamment comment la science et la technologie peuvent améliorer la vie de chacun.

M. Pierre Coulombe, président du CNRC, est heureux du retour de l'appareil au Canada, car il rappellera aux Canadiens « leur créativité innée et comment leur esprit d'équipe bénéficie aux gens du monde entier. »

Chapeau à tous ceux et celles qui ont contribué à ce projet : de son instauration au retour de l'artéfact!


Liens suggérés :

  1. Bourgeois-Doyle, Richard (Dick) I., George Klein: The Great Inventor, Presses scientifiques du CNRC, 2004., p.166.
  2. Musée des sciences et de la technologie du Canada. Retour au pays de la « grande invention » canadienne, le 8 juin 2005.
  3. Musée des sciences et de la technologie du Canada. Retour au pays de la « grande invention » canadienne, le 8 juin 2005.

Renseignements : Relations avec les médias
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