ARCHIVÉ - Humains et ordinateurs -- seront-ils un jour des amis?

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Le 05 mars 2005 — Ottawa (Ontario)

Gros plan d'un doigt pressant un clavier

Demandez à Janice Singer comment programmer son magnétoscope et elle prendra quelques minutes, peut-être beaucoup plus, pour vous le montrer. Chef de programme au sein du groupe de recherche sur les interactions personne-machine (IPM) à l'Institut de technologie de l'information du CNRC (ITI-CNRC), Mme Singer n'hésite pas à se proposer comme cobaye pour les expériences de ce genre. Non qu'elle cherche à s'humilier. L'idée est d'illustrer les difficultés qui peuvent surgir quand des produits prétendument destinés au commun des mortels échouent lamentablement lorsqu'on essaie de s'en servir.

Le programme IPM occupe 16 personnes et forme le plus important groupe de chercheurs engagés dans l'étude des interactions personne-machine au Canada. Le groupe a pour mission de rendre l'expérience des utilisateurs plus agréable. La raison pour cela est très simple, estime Mme Singer. « S'il y a un processeur dans l'appareil, qu'il s'agisse d'un réfrigérateur ou d'un ordinateur, nous tenons à l'étudier. Notre tâche consiste à améliorer les produits existants, mais nous nous intéressons aussi à de toutes nouvelles technologies et applications. »

L'utilité d'un tel travail est considérable. Au dire de la chercheuse, une expérience plus gratifiante pour les utilisateurs conduira à une hausse de la productivité, alimentera l'innovation grâce à de nouvelles applications de la technologie, multipliera le plaisir de l'utilisateur et concourra à répondre aux besoins de groupes variés. Et il y a toujours place à l'amélioration. Beaucoup de place.

Points de repère appuyant la navigation en environnements virtuels tridimensionnels. Ces repères aident l'utilisateur à s'orienter lorsqu'il navigue à travers la molécule. La flèche à la droite de l'image sert à ajuster la transparence de la molécule pour permettre un meilleur aperçu des repères. La flèche garde toujours sa position relative au point de vue de l'utilisateur lorsqu'il voyage à travers la molécule.
Points de repère appuyant la navigation en environnements virtuels tridimensionnels. Ces repères aident l'utilisateur à s'orienter lorsqu'il navigue à travers la molécule. La flèche à la droite de l'image sert à ajuster la transparence de la molécule pour permettre un meilleur aperçu des repères. La flèche garde toujours sa position relative au point de vue de l'utilisateur lorsqu'il voyage à travers la molécule.

Récemment, les scientifiques de l'ITI-CNRC ont présenté les résultats de quelques-uns de leurs derniers travaux dans le cadre d'une série d'exposés organisée par le CNRC et intitulée L'esprit matière première : la science du comportement au CNRC. Psychologue de la cognition de par sa formation, Janice Singer s'efforce quant à elle de concevoir de meilleurs outils de programmation dont les ingénieurs en logiciels se serviront pour créer des produits mieux adaptés à l'utilisateur. D'autres chercheurs de l'ITI-CNRC ont présenté leurs découvertes sur le perfectionnement du cyberapprentissage, de nouveaux outils de création Web et des instruments permettant d'accéder aux fichiers sonores et visuels diffusés en continu, de les indexer et d'en explorer le contenu.

Malgré la variété des sujets, les outils et les approches auxquels recourent les scientifiques reposent tous sur une plus grande compréhension du comportement et des conditions dans lesquelles ces technologies sont utilisées. Voici deux exemples présentés lors de l'exposé.

Le désespoir des experts en sécurité

Dans le meilleur des cas, nous avons la mémoire courte. Sept nombres (plus ou moins deux) sont à peu près le maximum que l'on peut mémoriser. La mémoire se détériore avec le temps, mais on la renforce par la répétition. On ne peut non plus oublier quelque chose sur un simple claquement de doigts et il est plus facile de se rappeler l'essentiel et l'utile que le détail. Les systèmes de sécurité actuels des ordinateurs et des réseaux tiennent-ils compte de tout cela? Andrew Patrick de l'ITI-CNRC affirme que ce n'est pas le cas.

Selon lui, les systèmes de sécurité réclament souvent des mots de passe d'une certaine longueur comprenant des caractères spécifiques, ce qui laisse peu de latitude, voire aucune, à l'utilisateur. Les mêmes systèmes obligent ce dernier à inventer un nouveau mot de passe à intervalles réguliers et de supprimer l'ancien. Si par malheur vous oubliez votre mot de passe ou votre NIP, la règle des trois prises entre en jeu : après trois échecs consécutifs, l'ordinateur se verrouille. M. Patrick pense qu'en assouplissant cette règle on aiderait la mémoire à s'améliorer et réduirait le nombre d'appels au service de soutien technique sans pour autant causer de risque majeur pour le réseau. Sans de tels changements, les gens continueront d'écrire leur mot de passe sur des bouts de papier et d'adopter des comportements beaucoup très dangereux sur le plan de la sécurité et de la protection de la vie privée.

La psychologie sociale a son effet elle aussi. « Les personnes qui attachent un grand prix à la sécurité sont parfois prises pour des paranoïaques par leurs collègues. Parallèlement, beaucoup de gens présument ne pas être assez importants pour intéresser les pirates informatiques, ou alors croient qu'aucun mot de passe n'arrêtera ces derniers, s'ils sont assez déterminés », a expliqué le chercheur. Il faut comprendre ces extrêmes et en tenir compte en mettant au point des systèmes de sécurité qui feront la juste part entre la protection de l'information et la facilité d'emploi à laquelle aspirent les travailleurs.

Un coup de main aux astronautes

C'est samedi et les tâches domestiques ne manquent pas – ratisser les feuilles sur la terrasse, laver les fenêtres et débloquer le loquet de la barrière que la rouille a soudé. Imaginez que vous puissiez tout faire sans mettre le nez dehors, mais que vous soyez coincé à la cave et ne voyiez rien ou presque de ce qui se passe à l'extérieur. Au lieu de cela, vous devez vous servir d'outils robotisés que guideront des caméras. Comment trouver rapidement la caméra qui vous montrera exactement ce qu'il faut pour bien faire le travail? Choisir la bonne dans une liste demande du temps, car il y en a beaucoup, toutes à des endroits distincts, pointant dans diverses directions et offrant une vue différente. Repérer celle qui convient se résume souvent à une suite de tentatives et d'erreurs.

Le réseau projeté des 18 caméras qui serviront à observer l'extérieur de la Station spatiale internationale.
Le réseau projeté des 18 caméras qui serviront à observer l'extérieur de la Station spatiale internationale.

Cette situation ressemble étrangement à celle que vivent les astronautes de la Station spatiale internationale, qui compte peu de hublots, mais sera pourvue d'un réseau de 18 caméras (dont quatre sur le second Canadarm) pour voir à l'extérieur, une fois la station achevée. Après avoir consacré du temps à en apprendre davantage sur l'utilisation de ce réseau, un chercheur de l'ITI-CNRC, Jean François Lapointe, a imaginé une façon d'aider les astronautes à identifier rapidement et facilement la caméra dont ils ont besoin pour effectuer une tâche. Grâce à ce nouvel outil, l'emplacement des caméras et l'espace couvert par chacune apparaissent en trois dimensions sur un écran interactif de la station. L'utilisateur peut donc naviguer aisément sur la scène, trouver la caméra appropriée et la mettre en marche.

La nouvelle interface, dont le principe a été validé, illustre bien comment les systèmes d'affichage 3D interactifs peuvent amener l'utilisateur à mieux saisir la situation par visualisation. Elle s'avérera d'une grande utilité dans les ouvrages complexes comme la station spatiale, où l'on aura une vue à la fois générale et précise du lieu où doit s'effectuer le travail.


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